L'ambassadeur de Russie à Beyrouth, Alexandre Zasypkine, a dénoncé vendredi les "informations fabriquées" sur la Ghouta orientale, le fief rebelle près de Damas cible d'un pilonnage meurtrier du régime depuis plusieurs jours, à l'issue d'un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil à qui il a transmis un message de son homologue russe Sergueï Lavrov sur la situation en Syrie.
M. Zasypkine a indiqué avoir abordé avec M. Bassil "les derniers développements dans la région, notamment les efforts entrepris par la Russie en Syrie, la libération du territoire syrien des terroristes, les avancées autour du compromis politique conformément aux résolutions des Nations unies et des résultats du sommet de Sotchi".
"Nous sommes optimistes quant à ces avancées et, dans le même temps, ceux qui ne veulent pas de ces progrès placent des obstacles et utilisent tous les moyens pour tromper l'opinion publique, la preuve en étant les informations fabriquées sur ce qui se passe dans la Ghouta orientale", a ajouté l'ambassadeur russe.Mercredi, Moscou a démenti son implication dans les bombardements sur la Ghouta orientale, qui ont fait plus de 400 morts depuis dimanche, alors que la diplomatie américaine avait accusé la Russie mardi de faire partie des "responsables" de ces attaques.
Après plusieurs tentatives vaines, le Conseil de sécurité doit voter à 16H00 GMT sur un projet de résolution demandant un cessez-le-feu de 30 jours dans le pays en guerre, destiné notamment à permettre l'arrivée d'aide humanitaire et les évacuations médicales dans la Ghouta. On ignore si la Russie, qui dispose d'un droit de veto, soutiendra ce texte.
"Nous sommes prêts à discuter de ce sujet afin que soit clair qui porte la responsabilité de ce qui se passe, et qui fournit une couverture aux terroristes là-bas et ailleurs", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, l'ambassadeur russe a indiqué que la lettre de M. Lavrov n'évoquait pas le contentieux maritime entre le Liban et Israël sur les ressources d'hydrocarbures offshore autour du bloc 9 de la Zone exclusive économique (ZEE) libanaise qui se situe au large des côtés du Liban-Sud. "La Russie ne joue pas de rôle particulier dans ce dossier. La situation est claire pour tout le monde et la position du Liban est connue de tous", a déclaré M. Zasypkine.
Le Liban a récemment signé son premier contrat d'exploration d'hydrocarbures au large de ses côtes avec un consortium comprenant le groupe pétrolier français Total, l'italien ENI et le russe Novatek. "Nous avons une compagnie russe qui participe à ce consortium. Si quelque chose devait arriver dans la période à venir, les mécanismes internationaux sont connues de tous", a-t-il ajouté, insistant sur l'importance de la stabilité de la région.


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