Le Vatican se rapproche d'un accord historique avec la Chine communiste sur la question cruciale de la nomination des évêques, avec la décision de reconnaître prochainement sept d'entre eux nommés par le régime de Pékin, a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du dossier.
"Les choses bougent", a souligné cette source, en confirmant une information du quotidien américain Wall Street Journal. Elle n'a toutefois pas donné d'échéance pour un accord officiel qui pourrait encore prendre du temps, dans le cadre de complexes négociations relancées depuis trois ans entre le Vatican et la Chine.
Parmi les sept évêques qui devraient être reconnus par le pape François, trois ont été officiellement excommuniés par le Vatican dans le passé, précise pour sa part un expert de l'Eglise chinoise.
La douzaine de millions de catholiques chinois est divisée entre une "Association patriotique" dont le clergé est choisi directement par le Parti communiste, enfreignant ainsi la règle d'obédience au pape, et une Eglise non officielle dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Pékin.
La situation est toutefois un peu plus complexe car le Vatican a déjà "accepté" dans le passé certains évêques nommés par Pékin.
Deux évêques chinois reconnus par le pape ont été priés très récemment par un haut diplomate du Saint-Siège de céder leur place à des prélats choisis directement par Pékin, dont l'un avait été excommunié par le Vatican en 2011.
L'information a été dévoilée en janvier par AsiaNews, publication de l'Institut pontifical des missions étrangères de l'Eglise. Elle a été confirmée lundi par le cardinal chinois Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong et grand adversaire des tentatives de rapprochement entre le Vatican et Pékin.
Ces mouvements d'évêques sembleraient s'inscrire dans les négociations en cours, qui ont pris subitement un tour très concret.
Le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a souligné mercredi dans un entretien au site Vatican Insider qu'il "n'existe pas deux Eglises en Chine mais deux communautés de fidèles appelées à accomplir un chemin progressif de réconciliation vers l'unité".
Cette recherche d'unité, au coeur de la diplomatie vaticane, passe forcément par le règlement de la question "cruciale" de la nomination des évêques, avait-il noté, ajoutant qu'il faudrait demander à certains de faire des "sacrifices".
Le Vatican et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951.


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