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Roumanie: le nouveau gouvernement de gauche investi, inquiétudes pour la justice

AFP
29/01/2018

La Première ministre désignée Viorica Dancila a obtenu lundi la confiance du Parlement roumain pour son gouvernement, troisième exécutif social-démocrate (PSD) en un an, sur fond d'inquiétudes persistantes quant à l'indépendance future de la justice.

A l'Assemblée, 282 députés et sénateurs ont voté pour son investiture, tandis que 136 ont voté contre et un s'est abstenu.

Première femme a diriger un gouvernement roumain, Mme Dancila, eurodéputée âgée de 54 ans inconnue du grand public, s'est engagée à poursuivre le programme de la majorité de gauche, axé sur une hausse des retraites et des salaires de la fonction publique.

Elle a en outre promis de renforcer la coopération avec les institutions européennes, sans toutefois évoquer la "préoccupation" exprimée par Bruxelles à l'égard de réformes judiciaires controversées votées en décembre par la coalition au pouvoir.

Le président et le vice-président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et Frans Timmermans, ont appelé la semaine dernière Bucarest a préserver "l'indépendance du système judiciaire et sa capacité à lutter efficacement contre la corruption", mettant "à nouveau en garde contre les retours en arrière".

Mme Dancila avait par le passé défendu ces réformes, qui font craindre une réduction des prérogatives du Parquet anticorruption (DNA), très actif dans les poursuites envers les élus soupçonnés de corruption.

Le cheffe du DNA Laura Codruta Kovesi a accusé lundi dans une interview à l'agence Agerpres le pouvoir de mener un "assaut contre la justice", estimant que les procureurs ne pourraient plus enquêter sur de hauts responsables si ces réformes entraient en vigueur. Le président de centre droit Klaus Iohannis n'a pas annoncé s'il promulguerait ces textes.

Mme Dancila succède à Mihai Tudose, contraint à la démission il y a deux semaines à la suite d'un conflit avec l'homme fort du PSD, Liviu Dragnea.

Ce dernier, qui avait déjà fait chuter le gouvernement de Sorin Grindeanu en juin, ne peut briguer le poste de Premier ministre en raison d'une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.

Actuellement jugé pour abus de pouvoir dans une affaire d'emplois fictifs, il est par ailleurs soupçonné de détournement de fonds européens.

Le PSD avait provoqué une vague de contestation sans précédent en Roumanie il y a un an quand il avait tenté d'assouplir la législation anticorruption. Confronté à des manifestations géantes, le gouvernement avait alors fait machine arrière.

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