La Turquie s'est alarmée mardi de ne pas avoir reçu des données biométriques cruciales pour identifier les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui ont évacué le mois dernier leur ancien bastion de Raqqa et ont pu, pour certains d'entre eux, sortir de Syrie.
Quelque 250 combattants de l'EI accompagnés de membres de leur famille ont quitté Raqqa le 15 octobre en vertu d'un accord conclu par l'entremise de chefs de tribus et du conseil civil local sous l'égide des Forces démocratiques syriennes (FDS), l'alliance arabo-kurde qui encerclait la ville. Au total, près de 3.000 personnes sont parties dans ce convoi.
La coalition mise en place par les Etats-Unis pour combattre l'EI en Syrie et en Irak a indiqué que des données biométriques, notamment des empreintes digitales, avaient été prélevées sur les jihadistes avant leur départ de sorte qu'ils puissent être repérés "s'ils refont surface un jour".
Mais deux hauts responsables de la sécurité turque ont déclaré à Reuters que leurs services n'avaient rien reçu et qu'ils étaient dans l'incapacité d'identifier d'éventuels ex-combattants de Raqqa parmi les centaines de membres présumés de l'EI arrêtés ces deux dernières semaines lors d'opérations de sécurité menées dans plusieurs villes de Turquie.
"Si les Etats-Unis ou la coalition ont reçu des informations sur des membres de l'Etat islamique qui ont été retirés de Raqqa et qu'ils ne les partagent pas avec la Turquie, comment pourrons-nous combattre ensemble le terrorisme ?", s'est ému l'un d'eux.
"Nous n'avons reçu ici aucune donnée biométrique", a déclaré l'autre.
Le gouvernement turc, qui a sévèrement critiqué l'accord de Raqqa, soupçonne d'ex-jihadistes d'avoir gagné la Turquie via la frontière nord de la Syrie et estime qu'ils représentent une menace internationale.
"Ces membres de l'Etat islamique, libérés avec leurs armes, causeront la mort d'innocents en Europe, aux Etats-Unis, partout dans le monde, et notamment en Turquie", a déclaré la semaine dernière le Premier ministre turc, Binali Yildirim.
Son ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a jugé pour sa part que l'accord de Raqqa démontrait que les Unités de protection du peuple (YPG), la composante kurde des FDS, cherchaient plus à étendre les limites géographiques d'un possible Etat kurde en Syrie qu'à mettre en échec l'Etat islamique.
La coalition internationale sous commandement américain a reconnu dans une déclaration adressée à Reuters qu'un de ses responsables avait assisté aux discussions au cours desquelles l'accord a été négocié. Ce représentant n'a pas pris une part active dans la discussion et la coalition a explicitement "marqué son désaccord à l'idée de laisser des terroristes armés de l'EI quitter Raqqa", un désaccord déjà exprimé la semaine dernière par l'armée française.
La coalition a précisé que ces jihadistes sur le départ avaient été contrôlés et enregistrés par les FDS et par le conseil civil de Raqqa. Dans sa déclaration, elle ajoute n'avoir connaissance d'aucune exfiltration vers la Turquie d'éléments du convoi qui a quitté Raqqa le 15 octobre.
Un porte-parole des FDS, Mostafa Bali, a affirmé lui que tous les jihadistes qui avaient été autorisés à quitter Raqqa sont en détention, aux mains des FDS.
Quelque 250 combattants de l'EI accompagnés de membres de leur famille ont quitté Raqqa le 15 octobre en vertu d'un accord conclu par l'entremise de chefs de tribus et du conseil civil local sous l'égide des Forces démocratiques syriennes (FDS), l'alliance arabo-kurde qui encerclait la ville. Au total, près de 3.000 personnes sont parties dans ce convoi.
La coalition mise en place par les Etats-Unis pour combattre l'EI en Syrie et en Irak a indiqué que des données biométriques, notamment des empreintes digitales, avaient été prélevées sur les jihadistes avant...


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