Un projet de réforme du système judiciaire rendu public mercredi suscite un tollé en Roumanie, le président Klaus Iohannis dénonçant une "attaque contre l'Etat de droit", six mois après une tentative du gouvernement de centre gauche d'assouplir les lois anticorruption.
Ce projet, dont les grandes lignes ont été présentées par le ministre de la Justice Tudorel Toader, réduit notamment les compétences du parquet anticorruption (DNA), qui ne pourra plus enquêter sur des magistrats et exclut le président du processus de nomination des chefs du parquet général et du DNA.
"Ces propositions représentent une attaque contre l'Etat de droit, l'indépendance de la justice et la lutte contre la corruption", a déclaré M. Iohannis dans un communiqué. Selon lui, si ce texte est voté par le Parlement, la Roumanie "risque de revenir aux vieilles pratiques où la justice était sous pression" politique, "ce qui contrevient à ses engagements auprès de l'Union européenne".
Le parquet général s'est pour sa part déclaré "inquiet" de cette réforme, qui risque de "bouleverser le système judiciaire" et de renforcer le contrôle politique sur les magistrats.
Dans une lettre adressée à M. Toader, une dizaine d'associations civiques ont appelé au retrait de ce projet, estimant qu'il "menace" la lutte contre la corruption.
Entrée dans l'UE en 2007, la Roumanie enregistre depuis quelques années des succès notables dans ce domaine qui est sous la stricte surveillance de Bruxelles. Mais ces progrès, qui dérangent une partie de la classe politique, ont failli être anéantis cet hiver, lorsque le gouvernement a décidé de procéder à un assouplissement controversé de la législation anticorruption. Sous la pression de dizaines de milliers de Roumains qui sont descendus dans la rue des jours durant, le gouvernement avait fini par abroger ce texte, également critiqué par les chancelleries occidentales.
Ce projet, dont les grandes lignes ont été présentées par le ministre de la Justice Tudorel Toader, réduit notamment les compétences du parquet anticorruption (DNA), qui ne pourra plus enquêter sur des magistrats et exclut le président du processus de nomination des chefs du parquet général et du DNA.
"Ces propositions représentent une attaque contre l'Etat de droit, l'indépendance de la justice et la lutte contre la corruption", a déclaré M. Iohannis dans un communiqué. Selon lui, si ce texte est voté par le Parlement, la Roumanie "risque de...


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