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Turquie : le chef de l'opposition compare les purges à un "deuxième coup"

AFP
16/06/2017

Le chef de l'opposition en Turquie, à la tête d'une action de protestation après la condamnation d'un député à 25 ans de prison, a assimilé vendredi à un "deuxième coup" les purges menées depuis le putsch avorté de juillet.

"Le vrai coup d'Etat a eu lieu le 20 juillet, avec l'instauration de l'état d'urgence", a affirmé à l'AFP Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate).

Des militaires factieux ont mené le 15 juillet dernier une tentative de putsch visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. Après ce coup manqué, le gouvernement a imposé l'état d'urgence et mené sous ce régime d'exception de vastes purges qui se sont traduites par l'arrestation de plus de 50.000 personnes et le limogeage ou la suspension de plus de 100.000 autres.

"Les conséquences (du putsch manqué) ont été exploitées pour mener un deuxième coup d'Etat, avec l'état d'urgence", a estimé M. Kiliçdaroglu.

Le chef du CHP s'exprimait peu après avoir entamé le deuxième jour d'une marche qui doit le conduire d'Ankara à Istanbul, distantes de plus de 400 km, pour appeler à plus de justice après l'incarcération du député de sa formation.

L'élu, Enis Berberoglu, a été condamné mercredi à 25 ans de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir fourni au quotidien d'opposition Cumhuriyet des informations confidentielles. C'est la première fois qu'un député du CHP est écroué depuis la levée de l'immunité parlementaire en mai 2016 des députés faisant l'objet de poursuites judiciaires.

Le CHP, deuxième formation au parlement, s'est immédiatement soulevé contre cette incarcération, plusieurs députés la qualifiant de "politique". "Il n'y a pas de justice indépendante en Turquie", déplore le chef du CHP, expliquant que c'est la principale raison de son initiative. "Le système judiciaire n'est pas neutre, ni indépendant: il rend ses jugements en fonction des attentes du pouvoir, pas en fonction de la loi."

"La justice ne se cherche pas dans la rue", a répliqué vendredi le Premier ministre turc Binali Yildirim. "La Turquie est un Etat de droit (...) Il faut respecter les décisions de justice même si elles ne nous plaisent pas."

Des milliers de personnes se sont ralliées jeudi au départ de la marche à Ankara. Vendredi en milieu de journée, quelque 5.000 personnes marchaient aux côtés de M. Kiliçdaroglu, selon un photographe de l'AFP.
"J'avais dit que je marcherai seul, aujourd'hui des citoyens m'ont rejoint", s'est réjoui M. Kiliçdaroglu. "Vous verrez, la foule va croître."

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