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L'UE craint un "désastre" si Ankara rompt le pacte migratoire

Le commissaire européen chargé des migrations Dimitris Avramopoulos a prédit jeudi "un désastre" si le pacte migratoire en Méditerranée conclu par l'Union européenne avec la Turquie "s'effondrait", dans un entretien au quotidien belge Le Soir.

L'accord, qui vise à faire cesser les arrivées massives de migrants sur les côtes grecques depuis la Turquie, "fonctionne bien" malgré les menaces répétées ces dernières semaines par des dirigeants turcs, a souligné M. Avramopoulos.

"Même au plus haut des tensions, pas une seule personne n'a traversé la mer", a-t-il affirmé. "Si cet accord s'effondre, ce sera un désastre", a déclaré le commissaire grec.

Le commissaire européen a déploré "le mode diplomatique néfaste pour tout le monde" qui résulte des fortes tensions entre la Turquie et l'UE ces dernières semaines, après l'interdiction de plusieurs meetings électoraux pro-Erdogan auxquels devaient participer des ministres turcs en Allemagne et aux Pays-Bas.

En réaction, les dirigeants turcs, le président Recep Tayyip Erdogan en tête, ont multiplié les invectives envers les capitales européennes, allant jusqu'à taxer la chancelière allemande Angela Merkel de "pratiques nazies", et menacé de dénoncer l'accord migratoire conclu le 18 mars 2016 avec l'UE.

Cet accord, combiné à la fermeture des frontières dans les pays des Balkans, a permis de faire cesser l'afflux massif de migrants qui avait provoqué une grave crise migratoire en Europe entre l'été 2015 et le printemps 2016.
"Je pense que la Turquie veut vraiment rester impliquée dans ces engagements", a voulu rassurer M. Avramopoulos, en rappelant que, de son côté, l'UE avait mis sur la table des contreparties substantielles, comme le versement de trois milliards d'euros pour améliorer le quotidien des réfugiés syriens en Turquie.
"De notre côté, on essaie de faire la part des choses entre le climat négatif et nos obligations politiques. Ces engagements ne consistent pas qu'en l'obligation de la Turquie de bloquer le flux d'arrivées, il y a aussi notre devoir de soutenir financièrement les trois millions de réfugiés qui sont en Turquie. Cette coopération peut continuer à fonctionner", a-t-il estimé.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu avait menacé la semaine dernière de mettre "unilatéralement" fin à l'accord. "Nous pouvons ouvrir la voie aux 15.000 réfugiés que nous ne vous envoyons pas chaque mois et vous couper le souffle", avait ensuite averti le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu.

Le commissaire européen chargé des migrations Dimitris Avramopoulos a prédit jeudi "un désastre" si le pacte migratoire en Méditerranée conclu par l'Union européenne avec la Turquie "s'effondrait", dans un entretien au quotidien belge Le Soir.
L'accord, qui vise à faire cesser les arrivées massives de migrants sur les côtes grecques depuis la Turquie, "fonctionne bien" malgré les menaces répétées ces dernières semaines par des dirigeants turcs, a souligné M. Avramopoulos.
"Même au plus haut des tensions, pas une seule personne n'a traversé la mer", a-t-il affirmé. "Si cet accord s'effondre, ce sera un désastre", a déclaré le commissaire grec.
Le commissaire européen a déploré "le mode diplomatique néfaste pour tout le monde" qui résulte des fortes tensions entre la Turquie et l'UE ces dernières semaines,...