Le président sud-soudanais Salva Kiir a affirmé lundi ne pas être opposé au déploiement de Casques bleus supplémentaires au Soudan du Sud, une mission approuvée par le Conseil de sécurité de l'Onu, mais a réclamé de plus amples discussions sur le sujet.
"Nous devons engager le dialogue et échanger des idées sur la meilleure manière d'aller de l'avant au lieu d'être mis devant le fait accompli par des intervenants extérieurs", a déclaré le président Salva Kiir devant le parlement à Juba. "Nous ne sommes pas opposés à toute aide et nous écoutons volontiers les conseils, mais l'aide requiert le dialogue et ne devrait pas être imposée au risque de devenir une intervention qui compromet notre souveraineté et diminue notre capacité à gouverner efficacement", a-t-il ajouté, sous les applaudissements d'une assemblée largement composée de partisans.
Le président sud-soudanais semble ainsi assouplir sa position quant à l'envoi d'une force régionale pour renforcer la mission de l'Onu au Soudan du Sud (Minuss), forte de 12.000 soldats. En amont du vote de l'ONU, vendredi, Juba avait rejeté le projet de résolution, estimant notamment qu'il sapait sa souveraineté.
Le Conseil de sécurité a autorisé vendredi le déploiement de 4.000 Casques bleus supplémentaires pour assurer la sécurité à Juba et dissuader les attaques contre les bases de l'Onu, soit un mandat plus robuste que la Minuss. La résolution adoptée menace également d'imposer un embargo sur les armes si le gouvernement bloque le déploiement.
La résolution a été adoptée à la suite de combats à l'arme lourde début juillet à Juba entre les forces gouvernementales et les ex-rebelles répondant aux ordres du vice-président Riek Machar. Accompagnés de nombreux viols, y compris sur des bases ethniques, ces combats ont fait des centaines de morts et plus de 70.000 réfugiés.
Ils ont également mis en péril le fragile accord de paix signé en août 2015 pour mettre un terme à la guerre civile débutée en décembre 2013 et qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et 2,5 millions de déplacés, et fait craindre la reprise de combats à grande échelle à travers le pays, indépendant depuis 2011.
Dans un discours aux allures d'adresse à la nation, Salva Kiir a notamment promis de poursuivre les responsables de violences sexuelles commises début juillet à Juba, et dont ses forces ont été principalement accusées.
Il s'est également engagé à réformer l'armée pour unifier forces loyalistes et ex-rebelles, mais aussi d'accélérer le processus en vue d'organiser des élections, des dispositions qui figurent dans l'accord de paix d'août 2015 mais qui n'ont pas encore été mises en oeuvre.
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Le Soudan du Sud prêt à discuter du déploiement d'une force régionale
AFP / le 15 août 2016 à 17h20


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