Un groupe de putschistes de l'armée turque a affirmé vendredi soir avoir pris le pouvoir en Turquie, où des violences et des victimes étaient signalées à Ankara et Istanbul. Si le président Recep Tayyip Erdogan a prédit l'échec du coup d'Etat, mais la situation était très confuse en Turquie vers 02H00 samedi (23H00 GMT vendredi).
Dans un communiqué publié sur le site internet de l'état-major des armées, l'armée affirme avoir pris le pouvoir "pour le maintien de l'ordre démocratique et des droits de l'homme". L'armée indique également que "toutes les relations internationales sont maintenues et que l'Etat de droit doit rester une priorité".
Quelques minutes plus tard, la chaîne publique turque de télévision diffusait un communiqué émanant des "forces de armées turques" faisant état de la proclamation de la loi martiale et d'un couvre-feu sur l'ensemble du territoire turc. "Nous ne permettrons pas que l'ordre public soit dégradé en Turquie. (...) Un couvre-feu est imposé sur le pays jusqu'à nouvel ordre", a indiqué l'armée dans un communiqué signé par le "Conseil de la paix dans le pays", qui dit avoir "pris le contrôle du pays".
Dans ce communiqué, lu par un présentateur de la chaîne publique, l'armée estime que l'état de droit laïc et démocratique s'est érodé sous l'actuel gouvernement et annonce qu'une nouvelle constitution va être préparée prochainement. La liberté des citoyens sera garantie par le "conseil de la paix dans le paix", sans distinction de religion, de race ou de langue, a-t-il encore dit le présentateur, lisant le communiqué.
"Le général Hulusi Akar, chef d'état-major des armées, est retenu en otage par un groupe de militaires qui tentent un soulèvement", a précisé l'agence Anadolu, citant des "sources crédibles".
Erdogan dans "un lieu sûr"
Le chef de l'Etat islamo-conservateur, qui se trouvait en vacances à Marmaris, est rapidement intervenu à la télévision pour dénoncer un "soulèvement d'une minorité au sein de l'armée" et a appelé les Turcs à descendre dans les rues pour résister à la tentative de coup d'Etat. Le président Erdogan, apparu pâle et inquiet à la télévision, était "dans un lieu sûr", a indiqué une source présidentielle.
L'homme fort de Turquie, qui s'est exprimé par téléphone sur la chaîne d'information CNN-Türk, a dit qu'il "ne pense absolument pas que ces putschistes réussiront" et a promis "une riposte très forte".
Les relations de M. Erdogan avec l'armée avaient été compliquées au début de ses mandats de chef de gouvernement, car il avait réduit l'influence des forces armées sur la vie politique. Puis elles semblaient avoir trouvé une forme d'équilibre.
"C'est un soulèvement dans lequel l'Etat parallèle a également une part", a-t-il affirmé, en référence au prédicateur Fetullah Gulen, son ennemi juré, en exil aux Etats-Unis.
Un peu plus tôt, le Premier ministre turc Binali Yildirim a, pour sa part, dénoncé une "tentative de coup d'Etat" en Turquie. M. Yildirim avait dénoncé une "tentative illégale" par un groupe au sein de l'armée. Le Premier ministre a averti ceux impliqués dans cette action "illégale" qu'ils paieraient "le prix le plus élevé".
Un haut responsable européen observant la situation a déclaré qu'il semblait s'agir d'un coup d'Etat "relativement bien orchestré mené par une partie importante de l'armée, pas seulement quelques colonels". "Ils ont le contrôle des aéroports et devraient prendre le contrôle de la télévision sous peu. Ils contrôlent plusieurs points stratégiques d'Istanbul.
Sur le terrain, la situation était extrêmement tendue.
A Ankara, 17 policiers ont été tués, a annoncé l'agence Anadolu, tandis qu'à Istanbul des soldats ont ouvert le feu sur la foule, faisant des blessés, a constaté un photographe de l'AFP. Des avions de chasse F-16 ont également abattu un hélicoptère des putschistes, selon la télévision turque.
Une violente explosion aux causes indéterminées a été entendue à Ankara tandis que des chasseurs et hélicoptères survolaient la capitale de manière incessante, a constaté l'AFP.
Des chars ont été déployés devant le Parlement.
Les ponts enjambant le Bosphore entre l'Asie et l'Europe à Istanbul ont été fermés dans les deux sens, selon une chaîne de télévision.
A Istanbul, des grandes artères menant notamment à la place Taksim, dans le centre de la première métropole de Turquie, étaient bloquées par les forces de l'ordre et la présence policière était importante dans les rues.
Les télévisions ont montré des foules importantes réunies près de l'aéroport Ataturk à Istanbul, se réjouissant de la tentative de coup d'Etat. Mais d'autres, notamment place Taksim, protestaient contre le putsch.
De nombreux habitants semblaient saisis d'inquiétude, voire de panique, et se sont précipités dans les magasins pour acheter notamment des bonbonnes d'eau et aux distributeurs d'argent pour retirer des liquidités.
Tous les vols ont, par ailleurs, été annulés vendredi soir à l'aéroport d'Istanbul-Atatürk, a déclaré un pilote joint par Reuters. La chaîne de télévision NTV a montré les images de chars à l'entrée de l'aéroport.
Turkish tanks supposedly at Istanbul Ataturk Airport. pic.twitter.com/xFHJeyFnW2 https://t.co/jbmUGZbNYY
— Patrick Megahan (@PatMegahan) July 15, 2016
Sur la scène internationale, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a appelé vendredi à la "retenue" et au "respect des institutions démocratiques" en Turquie.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a, pour sa part, appelé à éviter "tout affrontement meurtrier" en Turquie. "Les problèmes de la Turquie doivent être résolus dans le respect de la Constitution", a-t-il poursuivi au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue américain John Kerry.
Ce dernier a, pour sa part, dit espérer la paix, la stabilité et la "continuité" du pouvoir en Turquie. Il a cependant ajouté n'être pas au courant de ces évènements et être encore en train d'essayer de comprendre ce qu'il se passait en Turquie.
Un peu plus tard, le président Barack Obama a exhorté toutes les parties en Turquie à soutenir le gouvernement turc "démocratiquement élu" du président Erdogan.
Une source gouvernementale grecque a, pour sa part, indiqué que le gouvernement grec "suit la situation" en Turquie avec "attention et sang-froid". Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, "a été informé par le chef des services secrets grecs" des évolutions en Turquie "et lui a demandé d'informer le ministre de la Défense et le chef de l'Etat-Major", a ajouté cette source.
Le ministère français des Affaires étrangères a, de son côté, recommandé à ses ressortissants présents en Turquie de ne pas sortir en raison des "évènements graves" en cours à Ankara et Istanbul, a-t-on appris vendredi de source diplomatique française.
Dans un communiqué publié sur le site internet de l'état-major des armées, l'armée affirme avoir pris le pouvoir "pour le maintien de l'ordre démocratique et des droits de l'homme". L'armée indique également que "toutes les relations internationales sont maintenues et que l'Etat de droit doit rester une priorité".Quelques minutes plus tard, la chaîne publique turque de télévision diffusait un communiqué émanant des "forces de armées turques" faisant état de la proclamation de la...


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09 h 35, le 16 juillet 2016