Rechercher
Rechercher

Liban - Manifestations

Place des Martyrs, des émeutes encore et toujours...

La manifestation des collectifs du mouvement civil a une fois de plus dégénéré en heurts entre policiers et fauteurs de troubles : des dizaines de blessés, des dégâts et des arrestations.

La manifestation « pacifique » des organisations du mouvement civil protestataire a dégénéré de nouveau en émeutes, jeudi soir. Mohammad Azakir/Reuters

La manifestation « pacifique » des organisations du mouvement civil protestataire a dégénéré de nouveau en émeutes, hier soir. Les échauffourées se sont soldées par un nombre élevé de blessés, dont un officier des FSI atteint grièvement, d'importants dégâts matériels et une trentaine d'arrestations.

Une fois de plus, plusieurs centaines de citoyens ont manifesté contre la classe politique. Et comme auparavant, la manifestation a fini par tourner à l'émeute lorsqu'un certain nombre de protestataires ont tenté de forcer les barrières dressées par les forces de l'ordre pour interdire l'accès à la place de l'Étoile, où se trouve le siège du Parlement. Les forces antiémeute ont alors été contraintes de réagir énergiquement. L'un des responsables du collectif « Vous puez! », Assaad Zébiane, avait, il est vrai, appelé les participants à tenter de « pénétrer sur la place de l'Étoile ».

Un peu avant 19h, un mouvement de panique naissante commence à couvrir les voix des manifestants et la musique. De jeunes manifestants tentent de franchir les barbelés. Les policiers activent alors les canons à eau en leur direction et lancent des bombes lacrymogènes. Des affrontements qui dureront plusieurs heures feront de nombreux blessés, au nombre desquels un officier des FSI, grièvement atteint. Imad Bazzi, responsable de la campagne « Vous puez ! », est aussi blessé. Plus tard en soirée, l'activiste sera arrêté, au même titre que des dizaines d'autres manifestants.
Ce n'est que tard dans la nuit que la brigade antiémeute a réussi à disperser les fauteurs de troubles. D'importants dégâts ont été occasionnés au secteur alentour, notamment l'entrée de l'hôtel Le Gray. De plus, des manifestants ont allumé un feu près de la statue des Martyrs, invoquant le froid. Plus tard, des protestataires se sont rassemblés près de la caserne Hélou, rue Saint-Élie, pour demander la libération de leurs camarades interpelés.


(Lire aussi : « Vous puez ! », l'histoire d'une grogne populaire qui a enflé)

 

La « corruption » et le reste...
Le rassemblement avait pourtant commencé dans le calme. Dès 18h et en moins de 10 minutes, la place des Martyrs s'est remplie d'une foule venue, à l'appel du collectif « Vous puez ! », protester contre « la corruption » du gouvernement et son « inaction » face à la crise des déchets. Les manifestants ont aussitôt été rejoints par un groupe qui s'était rassemblé non loin de là, à la place Riad el-Solh, à l'appel d'un autre collectif « Nous demandons des comptes ».
Sur les pancartes et calicots brandis par des manifestants, on pouvait lire : « Parce que le gouvernant vit dans l'opulence, le peuple a faim » ; « Vous êtes tous des ratés et des corrompus » ; « Voulez-vous une décharge ? Logez-la dans les jardins de vos palais ». Usant de porte-voix, des participants fustigeaient Solidere, traitée de « sale, sale » et le Parlement, qui en est « une copie ».

Pour Marwan Maalouf, un activiste qui porte fièrement la bannière de son collectif « Pour la République », le ramassage des ordures doit se faire dans les plus brefs délais. Il exhorte le Conseil des ministres à tenir une séance urgente « avec pour seul point à l'ordre du jour le dossier des déchets », et lui demande de promulguer des décrets d'application comportant en premier lieu « l'obligation du tri à la source et l'activation des centres de recyclage ».
L'activiste exige par ailleurs le non-renouvellement du contrat de Sukleen, « cette entreprise entachée de corruption », mais estime néanmoins qu'en application du « principe de la continuité du service public », la société devra continuer le ramassage des ordures jusqu'à la réalisation d'un nouvel appel d'offres « qui devra, lui, être transparent ».
Marwan Maalouf demande en outre la levée de la mainmise du Conseil de développement et de la reconstruction (CDR) sur le dossier des déchets, et le transfert aux municipalités des fonds qui leur sont affectés. « Cette décision ne nécessite pas l'accord du Conseil des ministres, précise-t-il, mais seulement la signature des deux ministres de l'Intérieur et des Finances. »


(Lire aussi : Chehayeb à « L'OLJ » : Certaines parties ne veulent pas que les poubelles soient ramassées des rues)

 

« Paroles en l'air »
Ayman Mroué, coordinateur de la campagne « Le changement arrive », se félicite que « les Libanais continuent à lutter pour obtenir un traitement rapide de la crise des déchets, la saison des pluies ayant commencé et le danger des épidémies se faisant menaçant ».
Il réclame au gouvernement des décrets d'application pour mettre en œuvre le plan Chehayeb qu'il considère jusqu'à présent comme « des paroles en l'air ».
« Nous voulons une solution radicale et scientifique, et avons le droit de savoir quelles usines vont être mises en œuvre », ajoute-t-il, mettant en garde contre « la prolongation indéfinie de l'étape transitoire de dix-huit mois ».

La coordinatrice du « Front civil », Oulfat Sabeh, affirme pour sa part que « nos gouvernants ne nous représentent plus, nous voulons de nouveaux responsables qui appliquent les lois et la Constitution ».
Abbas Srour assure que l'organisation d'avocats dont il fait partie, « le peuple veut la réforme du système », maintiendra sa mobilisation jusqu'au changement.

Steeve White, est directeur d'un collège de Louayzé. Ses élèves l'accompagnent. « Nous sommes là pour en finir avec le dossier des déchets », proclame-t-il. Nadine, la quarantaine est heureuse que « le mur de la peur est désormais brisé et que les Libanais n'acceptent plus d'être conduits comme des moutons ». Marlène, quant à elle, est là parce qu'elle réclame que « le gouvernement assume enfin ses responsabilités face aux besoins essentiels du peuple, à défaut de quoi il doit se retirer ».

 

Lire aussi
Roukoz remplacé ; le CPL va vers l'escalade

13 octobre 1990-15 octobre 2015 : un même objectif, deux contextes, le décryptage de Scarlett Haddad

La convocation controversée des députés Jarrah et Assouad par le juge Ibrahim

La manifestation « pacifique » des organisations du mouvement civil protestataire a dégénéré de nouveau en émeutes, hier soir. Les échauffourées se sont soldées par un nombre élevé de blessés, dont un officier des FSI atteint grièvement, d'importants dégâts matériels et une trentaine d'arrestations.Une fois de plus, plusieurs centaines de citoyens ont manifesté contre la...

commentaires (3)

Place des Martyrs, des émeutes encore et toujours...et toujours et encore , jusqu'a l'avenement du sauveur le Phare Aoun , Commandante Kheneral .

FRIK-A-FRAK

13 h 00, le 09 octobre 2015

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Place des Martyrs, des émeutes encore et toujours...et toujours et encore , jusqu'a l'avenement du sauveur le Phare Aoun , Commandante Kheneral .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 00, le 09 octobre 2015

  • POURQUOI CES MANIFESTATIONS NE RECLAMENT PAS L,ELECTION D,UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DONT L,ABSENCE EST LA SOURCE DE TOUS LES MAUX ? ET LES MANIPULES INFILTRES CONTINUENT D,EN DEVIER LE BUT...

    MON CLAIR MOT A GEAGEA CENSURE

    07 h 49, le 09 octobre 2015

  • Usant de porte-voix, des participants fustigeaient Solidere, traitée de « sale, sale » et le Parlement, qui en est « une copie ». ca par exemple c'est debile !!

    Bery tus

    02 h 49, le 09 octobre 2015

Retour en haut