Acte I
C’était un mardi. Mardi 21 février. Autour d’un thé noir, N, E et M décident qu’il est temps de passer à l’action. Dans dix jours, leurs concitoyens sont appelés aux urnes. Sauf cataclysme, Monsieur V va être de nouveau élu président. Pour un troisième mandat.
Monsieur V, ses tendances autocrates et son allergie grandissante à la liberté d’expression, N, E et M, trois jeunes filles âgées de 22 à 29 ans, n’en peuvent plus. La campagne électorale leur a donné la nausée. Une opposition divisée, un parti présidentiel en position de monopole politique, un pouvoir trônant sur les médias d’État... Et en sus, un soutien total au président de la part de l’establishment religieux.
C’est là qu’elles vont attaquer. Dénoncer ce soutien qu’elles estiment corrompu et intéressé.
Acte II
N, E et M sont effrontées, insolentes, féministes, libres et indignées. Pour exprimer leur frustration dans une société qu’elles voient avec effroi se fermer, elles ont formé un groupe de musique, nous l’appellerons le NEM. Fondamentalement, le truc du NEM, ce n’est pas la musique, encore moins le chant – plus il est mauvais, mieux les filles, qui rejettent toute commercialisation, se portent –, mais le happening, l’événement, le coup d’éclat.
Mardi 21 février. Les filles du NEM, tunique et collants colorés assortis à la cagoule qui couvre leur tête, entrent dans un des principaux lieux de culte de la capitale. Là, elles entonnent une prière.
Mais la prière du NEM n’est pas celle qui résonne généralement en ces lieux. C’est une prière rebelle, dans laquelle les trois filles invoquent Dieu, le prient de chasser le président et dénoncent la collusion entre le pouvoir et l’establishment religieux.
Les filles crient, sautent, dansent. Les badauds prennent des photos. Les responsables du lieu de culte hallucinent.
L’affaire dure trente secondes. Puis les jeunes filles disparaissent.
Acte III
C’était un samedi. Samedi 3 mars. Sur le net, une vidéo du clip de leur chanson a commencé à circuler depuis quelques jours. Le clip contient 30 secondes d’images tournées dans le lieu de culte. Trente secondes.
Des policiers frappent à la porte de N, E et M. N et M disent au revoir à leurs enfants. Les filles du NEM sont placées en détention préventive.
C’était un vendredi. Vendredi 20 juillet. Un juge décide de prolonger la détention des filles du NEM de six mois. Elles sont accusées de hooliganisme. Et quand un supporter de foot cassera la figure d’un supporter de l’équipe adversaire, appellera-t-on ça un « crime de lèse-majesté » ?
Acte IV
Acte d’accusation médiéval.
Le parquet accuse les filles du NEM d’avoir blasphémé, d’avoir « insulté » les croyants et de leur avoir « infligé des blessures morales profondes ».
Un porte-parole du lieu de culte estime qu’elles ont commis un « crime pire qu’un meurtre » et devraient être « punies ».
Le chef de l’establishment religieux affirme qu’elles doivent être « corrigées ».
L’avocat des victimes – des employés du lieu de culte « moralement blessés » – évoque un « complot massif, global », derrière lequel se cachent les « ennemis de l’État et de la religion ». Des ennemis derrière lesquels se cache Satan. Les filles doivent se racheter, se repentir.
Le complot, Satan, la main de l’étranger. Le président élu, Monsieur V, ne dit rien, mais consent probablement, lui qui vient de signer une loi controversée qualifiant d’« agents de l’étranger » les ONG bénéficiant d’un financement étranger.
Acte V
Des partisans des filles tentent de manifester. Ils sont arrêtés.
Des intellectuels pétionnent, protestent, dénoncent une parodie de justice, « une atmosphère d’intolérance qui grandit dans la société, et mène à la confrontation et à la radicalisation ».
L’avocat des filles dénonce « une commande politique », un procès joué d’avance.
Les analystes estiment que le clergé et le pouvoir séculier sont engagés dans des relations mutuellement bénéficiaires : le pouvoir promet des fonds aux religieux qui, en retour, soutiennent le pouvoir.
Acte VI
Le procès débutera le 30 juillet, un lundi. Les filles du NEM risquent jusqu’à 7 ans de prison
Réponse : L’histoire se passe en Russie, où trois jeunes femmes appartenant au groupe des Pussy Riots sont emprisonnées depuis le 3 mars pour une « prière punk » anti-Poutine en février dans la cathédrale de Moscou.
Sur la photo, Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch, les trois membres des Pussy
Riot. AFP/Natalia Kolesnikova


Le comble est qu’ils espèrent que les Grands Russes devront encore les remercier, ces petits staliniens résolvant tout par l'art de l'acier durci ! Fades et plats poutiniens qui ont le culot de s’auto-qualifier d’experts moralisateurs endurcis !? ; mots à connotation galvaudés chez ces puinés des bas côtés de toutes les Russies ; ne sont qu’une grotesque caricature de "vierges" pudiques ultra effarouchées ! De même que leurs excès à ces Burlesques assermentés peuvent les faire apparaître comme une contrefaçon outrée de "Pucelles Extrême-orientales" bigotes plutôt babouchkas outrantes. Chantres de la suffisance, de la suffisante insignifiance, de l’arrogance plate et de la platitude foncière foncièrement plate. "Voyeuristes" outrant ultraoutranciers, graves nullités, contempteurs éructant" d’une Nouvelle Russie qui prône la Liberté et toutes les postures! élevées qui sapent les bases de leur pathétique positionnement poststalinien courbé? ; ces experts patentés lubrificateurs toujours fouineurs, tous alliés objectifs qu’ils puissent être pour les pires "KGBistes", seront difficiles à fréquenter voire impossibles et définitivement infréquentables "ces lubrificateurs" pour l’éternité toujours "Voyeurs" post-NKVD. Et, comme prévu, "Le plus beau pour les Crapauds seront toujours leurs chefs-Crapauds ! Mais ils devront très bientôt bien Cureter dans et tout le fond de leur Fange ; bien la laver et bien la récurer !".
06 h 25, le 27 juillet 2012