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Actualités - Chronologie

Nouveautés en librairie

«Le principe du tire-bouchon», de Leïla Haddad , éd. La table ronde Irène est littéralement obsédée par Albert Einstein. Elle a acheté tous les livres sur la vie du père de la théorie de la relativité ; elle a harcelé les bibliothécaires, les archivistes, les bouquinistes, en quête de la moindre petite anecdote ; elle a écumé Internet et ses forums de discussion, où tout et n’importe quoi peut être affirmé sur le célèbre génie. Elle a bien pris des cours en vue de mieux comprendre le sujet de son obsession. En vain. Cette jeune femme coule des jours heureux auprès de son compagnon, Bernard, un physicien réputé, mais iconoclaste, isolé au sein de la communauté scientifique... Jusqu’au jour où il tente «l’expérience cruciale» et devient un légume. Pour retrouver son ami, Irène doit puiser dans toutes ses connaissances du grand scientifique. C’est le prologue d’un premier roman que signe Leïla Haddad, Le principe du tire-bouchon, et qui rencontre un joli succès en librairies, au point où il a déjà été retiré à trois reprises, atteignant 15000 exemplaires. La bonne fortune du livre de Leïla Haddad est due à son parti pris: sa pédagogie rend accessible un sujet complexe. De plus, le roman fait aussi appel aux grands noms de la science et de la philosophie: Platon, Aristote, Galilée, Kepler, Newton. La formule «E = mc2» à la portée de tous, ou presque. Entre le roman et l’essai d’histoire des sciences, l’auteur parcourt les grandes représentations de l’univers au cours de l’histoire occidentale. Le moyen idéal de revoir les différentes approches en cette année mondiale de la physique. «Les petits secrets d’Emma», de Sophie Kinsella, éd. Belfond Ancienne journaliste financière, Sophie Kinsella a écrit plusieurs romans et a réalisé une trilogie des aventures de Becky: «Confessions d’une accro du shopping», publié en 2002 et réédité en 2004, Becky à Manhanttan, publié en 2003 et, enfin, L’accro du shopping dit oui, paru en 2004. Œuvre à succès, traduite dans quatorze pays, elle a fait partie de la liste des best-sellers en Angleterre, aux États-Unis et en Europe. Emma est une jeune femme pleine de secrets. Elle prétend faire du 36, mais en réalité elle met du 40, elle n’aime pas les strings, avoue verser du jus de fruits dans la plante de sa collègue quand elle ne la supporte plus... D’autres anecdotes sont à découvrir avec Emma dont le cours de la vie bascule lors d’un voyage en avion des plus perturbés. La jeune femme, apeurée et croyant qu’elle va mourir, se confie à un parfait inconnu... qui s’avère être son PDG! Une œuvre pleine d’humour, de rebondissements avec une héroïne légèrement mythomane. Bridget Jones a fait des émules. Et c’est tant mieux. Car, même si les petites sœurs de Helen Fielding ne révolutionneront pas la littérature, elles apportent un sang frais au roman sentimental. Pour l’anecdote, signalons que Les petits secrets d’Emma va être adapté au cinéma par Paramount Pictures et Kate Hudson tiendra le rôle de la jeune femme. «Le pensionnat», de Josette Alia, éd. Robert Laffont À la mort de sa mère, Josette Alia s’est retrouvée avec des cahiers et des lettres qui racontaient une histoire fragmentée, dont elle ne connaissait presque rien. Comme elle le dit dans le prologue, l’auteur ouvre ses boîtes à secrets, rassemble et lit ces vieilles notes pour écrire ce roman purement imaginaire. Celui d’une femme qui traversa merveilleusement une époque tragique ou se mêlaient les pires violences, le courage et la grâce. Cette femme s’appelait Lucie Garnier. Tout laisse croire que Josette Alia a écrit Le pensionnat pour rendre hommage à cette mère disparue. Il est aussi permis de penser que, après des années passées à jeter son talent et son charme dans l’encre des journaux, Josette Alia avait envie de faire entendre sa voix avec un peu plus de netteté. Le pensionnat raconte l’histoire d’un professeur de français, Lucie Garnier (la mère de l’auteur, en fait). La guerre l’oblige à prendre la direction du pensionnat où elle enseigne. En octobre 1939, elle reçoit, à la demande de l’Éducation nationale, des enfants juifs évacués de Paris, allemands ou autrichiens. Lucie Garnier se montre à la hauteur des circonstances. Elle banalise les noms des enfants puis, quand l’étau se resserre, les fait passer en zone libre. .. Une subtile observation des êtres humains, une mémoire sans faille et l’art de raconter une histoire ont permis à Josette Alia, qui avait sept ans en 1940, d’écrire un très beau roman sur la province française pendant la guerre. Et aussi un merveilleux portrait de femme. Josette Alia est écrivain et grand reporter au Nouvel Observateur. Elle a publié, entre autres, un essai, Étoile bleue, chapeau noir – Israël aujourd’hui, et un roman, Quand le soleil était chaud, qui a obtenu le prix des Maisons de la presse. «La Vierge en bleu», de Tracy Chevalier, éd. Quai Voltaire Dans le tout dernier de Tracy Chevalier, nous avons droit à deux histoires en parallèle: la première qui se déroule au XVIe siècle et dans laquelle nous suivons la vie de Isabelle du Moulin-Tournier, et la seconde au XXIe siècle où cette fois-ci nous rencontrons Ella Turner. Ella et Isabelle sont séparées par près de quatre siècle et pourtant – pas à pas – l’histoire de l’une va rejoindre celle de l’autre autour d’une mystérieuse couleur bleue associée à la Vierge. Évidemment, ces deux récits s’entrecroiseront et nous en découvrirons un peu plus sur l’histoire de la famille Tournier. La vie de ces deux femmes sera à jamais marquée par les guerres de religion, les crimes envers les gens différents, des rêves concernant la Sainte-Vierge, etc. Il y a des secrets de famille qui pèsent lourds sur les consciences et qui traversent le temps pour se réveiller dans le corps et l’âme des descendants... Poignant et envoûtant. Un héritage qui défie le temps... «Souvenirs de Jérusalem», de Sirine Husseini Shahid, éd. Fayard Elle a écrit ces pages sur son enfance et la Palestine d’autrefois, pour ses enfants et pour les générations futures, «qui ignoreront peut-être tout de notre mode de vie». En 2000, quand ses Mémoires sont parus en anglais, Sirine Husseini Shahid avait déclaré: «Je peux mourir maintenant.» Aujourd’hui, pour la traduction française de ses Mémoires, c’est Leïla Shahid, sa fille, déléguée générale de la Palestine en France, qui s’occupe de la promotion, la maman traversant des moments de lucidité, en raison de la maladie d’Alzheimer. L’éditeur Jean Saïd Makdisi précise que Sirine Shahid voulait surtout montrer que les Palestiniens «avaient été un jour un peuple comme un autre, des gens ordinaires, qui vivaient comme les autres». Elle n’a pas cherché à faire œuvre de propagande. Ni d’engager une polémique. Elle n’a pas non plus la prétention d’écrire une histoire sociale ou politique de la Palestine. Elle s’est simplement arrêtée, dans son voyage dans le passé, sur quelques instants de sa vie qui l’ont marquée de joie ou de tristesse. «Certains jours, le passé pèse lourd sur le cœur. Mais je m’y replonge souvent et je me souviens», conclut-elle. «Ambiguïtés», d’Elliot Perlman, éd. Robert Laffont Simon, instituteur dans le primaire, brillant et estimé, est au chômage. Il vit avec son chien dans un appartement au bord de la mer. Mais Simon boit trop et passe ses journées à lire. Un après-midi, sans que rien ne laisse prévoir son geste, il enlève un petit garçon à la sortie de l’école... Un petit garçon dont il a follement aimé la mère, dix ans plus tôt. «Est-il fou d’aimer sans espoir ou juste nécessaire?» interroge Elliot Perlman. Simon, le kidnappeur d’enfant, ne se pose pas la question : voici dix ans qu’il rêve de retrouver Anna, son amour de jeunesse. Une obsession dans laquelle il s’enfonce si profondément qu’un beau jour, enlever le fils qu’elle a eu avec un autre lui paraît la meilleure façon de la reconquérir. De cet instant de folie naît un imbroglio de relations improbables, de rencontres absurdes, de coïncidences lourdes de sens et de quiproquos. Si Simon n’avait pas été un instituteur au chômage, il ne serait pas enfermé dans son obsession amoureuse et n’aurait pas été enfermé par la force publique dans une prison de haute sécurité. Mais il vit dans un monde – l’Australie contemporaine – en proie aux illusions destructrices du libéralisme: un monde qui a besoin non d’enseignants mais de courtiers en Bourse, et qui envoie les dons Quichottes se faire soigner chez les psychiatres. Un monde où l’enfant est un produit marchand apte à doper les ventes des tabloïds – à condition d’être victime d’un ignoble pédophile pervers. Le coup de folie de Simon est raconté par ses sept principaux témoins – sept types «d’ambiguïté». Chacun d’entre eux colore la ligne faussement simple de l’intrigue de ses émotions, de ses désirs et de ses haines, pour former une fresque complexe où se perdre est un plaisir. Ces «histoires dans l’histoire» se cognent, s’imbriquent et finalement se rejoignent pour mieux poser les vraies questions, dans un vaudeville tragique et somptueux. Un livre magistralement intelligent. Maya GHANDOUR HERT
«Le principe du tire-bouchon», de Leïla Haddad , éd. La table ronde

Irène est littéralement obsédée par Albert Einstein. Elle a acheté tous les livres sur la vie du père de la théorie de la relativité ; elle a harcelé les bibliothécaires, les archivistes, les bouquinistes, en quête de la moindre petite anecdote ; elle a écumé Internet et ses forums de discussion, où tout et n’importe quoi peut être affirmé sur le célèbre génie. Elle a bien pris des cours en vue de mieux comprendre le sujet de son obsession. En vain. Cette jeune femme coule des jours heureux auprès de son compagnon, Bernard, un physicien réputé, mais iconoclaste, isolé au sein de la communauté scientifique... Jusqu’au jour où il tente «l’expérience cruciale» et devient un légume. Pour retrouver son ami, Irène doit puiser dans...