Janvier. Le marché de l’astrologie est en plein boom: des revues lui sont consacrées, la presse populaire, les journaux féminins et une incroyable déferlante de livres annoncent à quelle sauce astrale nous allons être «dégustés» en 2003. On raisonne astro; on lit astro; on parle astro. Troublante fascination pour l’astrologie qui, même dans la finance, a fait une forte percée. À Wall Street, des milliers de spéculateurs ne jurent plus que par elle et les compagnies ont leur propre horoscope. Les plus puissants, les plus cartésiens ne prennent aucune décision sans scruter la configuration des planètes: en 1981, Nancy Reagan a introduit officiellement les astrologues à la Maison-Blanche, avec pour mission d’établir l’agenda présidentiel. François Mitterand aurait consulté Élisabeth Tessier au sujet de la guerre du Golfe et du référendum de Maastricht; et l’astrologue Maurice Vasset, alias Regulus, aurait conseillé Charles de Gaulle de 1944 à 1966. Plus les hommes ont des postes élevés, plus ils utilisent l’astrologie. Pour réduire le risque d’erreur. Ou de partager la faute avec le soleil et la Lune. Nos politiques libanais en sont également friands. «Mon devoir de réserve m’empêche de donner des noms», assure un astrologue, devenu la coqueluche de la ville depuis qu’il veille sur le destin de certains élus arabes. Et un autre d’affirmer que députés, ministres, artistes, investisseurs, stars des médias, patrons, cadres moyens ou supérieurs... ont presque tous recours à ses services, même si personne ne veut l’avouer. Ce sont toutefois les femmes qui constituent la grosse clientèle du marché divinatoire. «Les histoires de couple représentent 70% de mon travail et je suis au courant de choses bien plus intimes que les conjoints», raconte une voyante qui décrit comment le partenaire fonctionne; vérifie si le petit ami Cancer ascendant Verseau est astralement compatible; si la relation est fondée sur le maternage, la sexualité, la discussion, ou si les enfants sont faits pour maths sup ou lettres modernes. Mieux qu’un orientateur, qui lui n’a pas la caution du ciel, elle met le client sur les rails. «Elle m’aide à exorciser l’incertitude, c’est plus ludique qu’une séance chez le psy». Peu importe la logique, la science, la polémique, et le dieu auquel on se livre: chacun recherche ce qui lui fait du bien. Et l’astrologie sait y faire. May MAKAREM
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Janvier. Le marché de l’astrologie est en plein boom: des revues lui sont consacrées, la presse populaire, les journaux féminins et une incroyable déferlante de livres annoncent à quelle sauce astrale nous allons être «dégustés» en 2003. On raisonne astro; on lit astro; on parle astro. Troublante fascination pour l’astrologie qui, même dans la finance, a fait une forte percée. À Wall Street, des milliers de spéculateurs ne jurent plus que par elle et les compagnies ont leur propre horoscope. Les plus puissants, les plus cartésiens ne prennent aucune décision sans scruter la configuration des planètes: en 1981, Nancy Reagan a introduit officiellement les astrologues à la Maison-Blanche, avec pour mission d’établir l’agenda présidentiel. François Mitterand aurait consulté Élisabeth Tessier au sujet de la...