Le directeur exécutif régional de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Abdulaziz Ibrahim al-Mulla, entouré du ministre des Finances, Yassine Jaber, et du ministre de l’Économie, Amer Bsat, à Washington le 14 avril 2026. Photo diffusée par le ministère des Finances
Arrivé pendant le week-end à Washington pour participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), qui s’étendent sur toute la semaine, le ministre des Finances, Yassine Jaber, a estimé que les négociations entre Israël et le Liban, organisées dans la capitale américaine pour déboucher sur une trêve, étaient la « clé » du déblocage des discussions menées en parallèle par le Liban avec les organisations de Bretton Woods en vue d’obtenir plus d’aide à la reconstruction et un programme d’assistance financière conditionné à des réformes du FMI, plus de six ans après le début de la crise qui a mis le système financier du pays à terre.
Le ministre, qui préside une délégation réduite – il est accompagné du ministre de l’Économie Amer Bsat, de la représentante du palais présidentiel Roula Harati ainsi que de la conseillère du ministre des Finances pour les affaires économiques Zeina Kassem –, s’exprimait au micro de la chaîne al-Jadeed, plusieurs heures avant le début des pourparlers entre Israël et le Liban qui ont commencé à 18 heures. Le Liban est happé dans la spirale de la guerre qui a repris le 2 mars entre le Hezbollah et Israël.
Alors que la participation du Liban aux réunions de printemps devait initialement servir à progresser sur le dossier des réformes, le contexte a contraint la délégation à axer une importante partie des échanges sur « les pertes subies par le Liban à la suite des crises successives » et sur « la mise en lumière des besoins urgents et des priorités nationales », a précisé le ministre dans un communiqué publié dans l’après-midi.
Il a indiqué que la délégation libanaise avait entamé ses rencontres officielles lundi dans la capitale américaine par une réunion avec le directeur exécutif régional de la BM pour le Moyen-Orient, Abdulaziz Ibrahim al-Mulla, et le chef de mission du FMI pour le Liban, Ernesto Ramírez, dont le mandat pourrait bientôt se terminer. « La réunion était consacrée à l’examen des répercussions économiques et financières de la guerre et leurs effets sur le Liban, avec une évaluation de l’impact des récents développements sur la stabilité financière et monétaire, ainsi que des coûts économiques croissants de la situation actuelle », a écrit le ministre.
La délégation a également tenu une réunion avec des représentants européens issus des principaux bailleurs de fonds du Liban, puis une autre avec les exécutifs du FMI, consacrée aux moyens de soutenir le Liban dans la situation actuelle, aux conséquences de la guerre, ainsi qu’aux programmes de protection sociale. À cette occasion, le ministre a rappelé que le prêt approuvé en janvier par la Banque mondiale pour accorder une nouvelle enveloppe de 200 millions de dollars au projet de renforcement du filet de sécurité sociale (ESSN) sera signé mercredi. Le conseil d’administration de la Banque mondiale avait approuvé ce prêt mercredi.
Le ministre a ajouté que la réorientation de certaines aides vers les besoins imposés par la conjoncture actuelle a été au centre des discussions, tout comme le projet de réaliser des études spécialisées pour organiser des mécanismes de réduction des dommages économiques et sociaux, à la lumière des changements importants que le Liban a connus au cours des cinq dernières années.

