À Qennarit, au Liban-Sud, un habitant sur les ruines de sa maison. Photo d'archives Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Les habitants de quinze villages du Liban-Sud, dont plusieurs localités chrétiennes -Rmeich, Aïn Ebel, Debel et Qlayaa- ont adressé une lettre jeudi au Premier ministre Nawaf Salam, demandant protection ainsi que des corridors humanitaires pour l'acheminement de denrées alimentaires et de médicaments.
« Nous avons choisi de rester dans nos localités », peut-on lire dans le texte appelant le chef du gouvernement à « assurer la protection des habitants qui tiennent bon », et réclamant le déploiement de « militaires des Forces de sécurité intérieure (FSI) et de l’armée ». Ils demandent également d’assurer « des corridors humanitaires pour l’acheminement des denrées alimentaires, des médicaments, du lait pour enfants, des carburants et d’autres produits essentiels à la vie quotidienne, afin de soutenir la résilience et la continuité des habitants ».
Contacté par notre correspondant au Liban-Sud, le président de la municipalité de Rmeich explique que M. Salam « a accordé une grande attention aux demandes et fera son possible pour y pourvoir ».
« Obligation d’ouvrir des corridors humanitaires »
Cet appel a eu un écho dans le prêche jeudi du patriarche maronite, Béchara Raï. « Nous rappelons également l’obligation, en droit international, d’ouvrir des corridors humanitaires vers les populations assiégées et celles qui tiennent bon dans leurs foyers et leurs localités, afin d’acheminer denrées alimentaires, médicaments et biens de première nécessité », a-t-il exhorté.
De son côté, le ministre de l'Information, Paul Morcos, a également indiqué à la chaîne saoudienne Al-Hadath que les villages au Liban-Sud « avaient besoin d’un corridor humanitaire permanent, ainsi que d’attention, de suivi et de vigilance afin que leurs habitants puissent y rester ».
Mercredi, les évêques maronites avaient appelé la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à protéger les civils et leur assurer les approvisionnements nécessaires, alors qu'il ne reste qu'une seule route permettant de relier le sud du Liban au reste du pays, au nord de Tyr, et que les déplacements des habitants sont régulièrement ciblés, comme cela a été le cas la semaine dernière lorsqu'un père et son fils qui circulaient entre Rmeich et Debel ont été tués. L'appel des évêques a été secondé par le député Melhem Khalaf (Beyrouth - Contestation), qui a incité les responsables libanais à exhorter l'ONU et les « relations internationales du Liban » à ouvrir des corridors humanitaires vers les villages du Sud.


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