Des membres des forces de sécurité yéménites montent la garde tandis que des partisans des houthis, soutenus par l’Iran, se rassemblent à Sanaa le 2 avril 2026, Photo de Mohammed HUWAIS / AFP
Les miliciens houthis du Yémen s'en sont pris jeudi aux forces et personnes qui, au Liban, critiquent le Hezbollah depuis la reprise de la guerre contre Israël le 2 mars, estimant que « l'agressivité israélienne » envers le Liban est évidente, dans un communiqué reprenant les principaux points de leur leader Abdelmalek Badreddine al-Houthi.
« Malgré la clarté de l’agressivité israélienne envers le Liban, certains blâment le Hezbollah, le tiennent pour responsable et cherchent à le provoquer », a déclaré Abdelmalek al-Houthi, selon lequel la décision du Hezbollah de rouvrir le front face à Israël était « légitime, réfléchie et sage, tirant profit de l’effort militaire considérable de l’Iran ».
Le Hezbollah a tiré plusieurs roquettes le 2 mars sur Israël, déclenchant une violente riposte de l’État hébreu, qui a massivement bombardé le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, mettant ainsi fin à plus d’un an de cessez-le-feu, pendant lequel les attaques israéliennes n’avaient pas cessé. Le parti chiite a lancé son attaque deux jours après le déclenchement par Israël et les États-Unis d’une guerre contre l’Iran, à laquelle les Houthis se sont récemment joints.
L’État libanais avait lancé le processus de désarmement du Hezbollah et indiqué avoir pu retirer son armement lourd des zones au sud du Litani. Depuis la reprise de la guerre, Israël a lancé une vaste offensive terrestre pour occuper une partie du Liban-Sud. Les combats se poursuivent et le gouvernement, qui a durci le ton face au Hezbollah, l’accuse d’avoir entraîné le pays dans un conflit qu’il ne cherchait pas. Cette position est partagée par une grande partie de la classe politique et de la population libanaise. Plus d’un million de personnes ont été déplacées par les combats, qui ont déjà fait plus de 1 300 morts selon le décompte du ministère de la Santé.
Le chef des houthis a également reproché aux États-Unis d’intervenir dans les affaires politiques de l’Irak au point de mettre un « veto » sur le candidat au poste de Premier ministre, en référence à l’opposition de Washington à l’ancien chef du gouvernement Nouri al-Maliki. « Les Américains conspirent sous toutes les formes contre l’Irak, et lorsque les patriotes irakiens agissent, ils s’irritent et incitent les forces locales contre eux », a encore déclaré Abdelmalek al-Houthi.

