Au Liban-Sud, devant le nonce apostolique en visite dans la région, les habitants de Aïn Ebel ont rendu, le 16 mars dernier, un dernier hommage à Chadi, George et Élie. Les trois habitants de ce village chrétien ont été tués dans une frappe de drone israélien quatre jours plus tôt, alors qu'ils réparaient une antenne internet sur le toit d’une maison. Leur mort suscite l’incompréhension. Depuis la reprise des combats entre Israël et le Hezbollah, dans la nuit du 1er au 2 mars, ces habitants tentent de rester à l’écart d’un conflit qu’ils ne considèrent pas le leur.
Face à l’escalade militaire, ces villages chrétiens, qui se sentent « assiégés », espéraient échapper aux frappes israéliennes en tenant le Hezbollah à distance. Des volontaires, comme George, organisent chaque jour des rondes pour empêcher toute infiltration. Mais cela n’a pas empêché la mort de ses amis.
Quelques jours auparavant, trois obus d’artillerie israéliens avaient frappé une maison à Qlayaa, tuant le curé de la paroisse, le Père Pierre Raï. L’armée israélienne avait publié ce jour-là un communiqué affirmant que l’attaque visait des combattants du Hezbollah. Et le 8 mars, un habitant d’un autre village chrétien du caza de Tyr, Alma el-Chaab, Sami Ghafari, perdait la vie après une attaque de drone pendant qu’il arrosait son jardin. Les habitants de ce village ont été escortés le surlendemain par la Finul hors du Liban-Sud, en raison des menaces répétées qu’ils recevaient.



Les innocents peuvent avoir bien plus de courage que les pires criminels. Ces grands patriotes ont raison, ils ne sont pas concernés par cette guerre des autres et ont le droit d’ameuter tout le monde pour se protéger de l’injustice. Il semble avec succès, et à ce jour ils sont toujours chez eux. Que Dieu leur vienne en aide. Ils ont droit à notre plus grande admiration et à tout notre respect.
06 h 32, le 22 mars 2026