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« Trou financier » : sit-in de déposants devant l'ambassade de France contre des « pressions »


« Trou financier » : sit-in de déposants devant l'ambassade de France contre des « pressions »

Des déposants manifestant contre une supposée « intervention française dans l’adoption de la loi sur le trou financier » devant l’ambassade de France le 30 janvier 2026. Capture d’écran d’une vidéo publiée par le groupe Le Cri des Déposants sur Facebook

Les activistes du « Cri des déposants », avec la participation d'autres groupes, ont organisé vendredi un sit-in devant l’ambassade de France à Beyrouth, « pour rejeter l’ingérence et les pressions françaises » sur le Liban afin « d’imposer » la loi sur le « trou financier » approuvée fin décembre par le gouvernement.

Selon un communiqué publié par le groupe, les manifestants ont dénoncé une « pression » supposément exercée par Paris sur « les députés, les responsables et le gouvernement libanais pour imposer l’adoption de la soi-disant loi sur le trou financier, qui constitue une légalisation flagrante du vol des fonds des déposants et l’effacement de leurs dépôts ».

Des dizaines de manifestants étaient présents, brandissant des pancartes contre le projet de loi qui entend trouver des solutions au déficit bancaire de plus de 80 milliards de dollars né de l’effondrement financier de 2019. Le texte prévoit de restituer les fonds aux déposants par le biais de versements mensuels pour les comptes inférieurs à 100 000 dollars, tandis que les montants supérieurs seraient convertis en instruments financiers de long terme. La loi vise à restructurer le secteur bancaire pour répondre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI), mais elle est critiquée parce qu’elle reporte les pertes sur les déposants plutôt que sur les banques et l’État. Elle doit encore être adoptée par le Parlement, et le président Joseph Aoun a déjà affirmé être prêt à refuser de la promulguer si des amendements n'étaient pas apportés à la version validée par le gouvernement.

Les slogans des manifestants devant l'ambassade de France fustigeaient notamment quatre des principaux responsables du projet : le chef du gouvernement, Nawaf Salam, le ministre des Finances, Yassine Jaber, celui de l’Économie Amer Bsat, ainsi que le Fonds monétaire international.

Au fil des prises de parole, les participants ont insisté sur le fait que « la souveraineté nationale est une ligne rouge et qu’aucun pays, quel qu’il soit, ne sera autorisé à s’immiscer dans les affaires intérieures du Liban, en particulier sur un dossier financier et vital qui touche à la vie et à la dignité de plus d’un million de déposants libanais ».

Le jour même de l’adoption du projet en Conseil des ministres, la France avait qualifié ce vote de première étape nécessaire pour restaurer la confiance dans le système bancaire et remettre le Liban sur un chemin de stabilité. L'Égypte et les États-Unis lui avaient ensuite emboîté le pas. Paris continue depuis des mois de tenter de lever les différents obstacles au soutien au Liban en tentant de faire adopter un socle législatif pour rouvrir la voie à une négociation crédible avec le FMI, puis la tenue des conférences de soutien promises. Pour y parvenir, ses diplomates et l’envoyé spécial du président Macron, Jacques de Lajugie, ne ménagent pas leurs efforts pour tenter de rapprocher les positions des différentes parties sur certains sujets encore critiques.

Les activistes du « Cri des déposants », avec la participation d'autres groupes, ont organisé vendredi un sit-in devant l’ambassade de France à Beyrouth, « pour rejeter l’ingérence et les pressions françaises » sur le Liban afin « d’imposer » la loi sur le « trou financier » approuvée fin décembre par le gouvernement.Selon un communiqué publié par le groupe, les manifestants ont dénoncé une « pression » supposément exercée par Paris sur « les députés, les responsables et le gouvernement libanais pour imposer l’adoption de la soi-disant loi sur le trou financier, qui constitue une légalisation flagrante du vol des fonds des déposants et l’effacement de leurs dépôts ».Des dizaines de manifestants étaient présents, brandissant des pancartes contre le projet de loi qui entend trouver des...