Une frappe israélienne sur l'Iklim el-Touffah, dans le sud du Liban, le 9 janvier 2026. Photo obtenue par Mountasser Abdallah
La pression continue de peser sur le Liban-Sud, principalement sur la zone située au nord du fleuve Litani, objet de la future deuxième phase du plan de désarmement du Hezbollah. Cette zone été lourdement bombardée vendredi par l'aviation israélienne, qui a affirmé avoir touché plusieurs infrastructures du parti chiite, dont un site de fabrication d'armes et des entrepôts.
Une quinzaine de raids aériens ont ainsi atteint tour à tour et en moins de 30 minutes cinq zones de la région située entre les fleuves Litani et Awali, passées au peigne fin, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Après avoir rapidement annoncé ces bombardements, l'armée israélienne a effectué ces frappes dans les cazas de Jezzine, Nabatiyé et Saïda. Elle y a touché la périphérie des villages de Soujoud et de Rihane, les hauteurs de Jabbour (Jezzine), un secteur de l'Iqlim el-Touffah (Nabatiyé) située entre Kfar Fila et Aïn Cana frappé à deux reprises, une position entre Deir el-Zahrani et Houmine el-Faouqa, ainsi que la région de Tebna/Baïssariyé, dans le sud de Saïda. Des bombardements ont été menés en parallèle sur les hauteurs de Brital et près de Wadi Qaliya dans la Békaa, selon notre correspondante dans cette région Sarah Abdallah. Aucune information n'était immédiatement disponible concernant le bilan de ces raids, qui ont majoritairement touché des zones boisées et non-résidentielles.
Des infrastructures militaires du Hezbollah
Toutes ces zones sont frappées de manière régulière par l'armée israélienne, qui a dit y avoir pris pour cible « un site de fabrication d’armes, des installations de stockage ainsi que des plateformes de lancement de missiles » du Hezbollah, selon un message sur X du porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee. Ces sites étaient utilisés par le Hezbollah pour « reconstituer ses capacités et son arsenal », selon l'armée israélienne, qui dit avoir également attaqué des « infrastructures militaires utilisées pour élaborer des opérations terroristes contre l'armée et l’État d'Israël ».
Cette série de raids a eu lieu au lendemain de l'annonce par l'armée libanaise de la fin de la première phase de son plan de désarmement des groupes armés, en tête desquels le Hezbollah. Le gouvernement avait dans la foulée chargé l'institution militaire de préparer la seconde phase de ce plan, dont les détails seront présentés au cabinet en février. Une procédure qui ne semble pas avoir calmé l’État hébreu, qui réclame un désarmement le plus rapide possible du parti chiite, estimant que les efforts de Beyrouth étaient « loin d'être suffisants. » Commentant les annonces du gouvernement libanais, le président français Emmanuel Macron a estimé en revanche qu'elles sont « encourageantes » et que « ce processus doit se poursuivre ». « La seconde phase du plan sera une étape décisive », a-t-il écrit sur son compte X. La France, rappelle-t-on, a parrainé l'accord de trêve de novembre 2024 et elle est représentée au niveau militaire au sein du « Mécanisme », le comité de surveillance du cessez-le-feu.
Les bombardements ont également eu lieu quelques heures après que le président Joseph Aoun a rencontré Simon Karam, représentant civil du Liban dans les négociations avec Israël, afin d’évoquer les préparatifs de la prochaine réunion du comité, prévue le 17 janvier, a fait savoir la présidence libanaise. Le comité s’était réuni mercredi sans la participation de représentants civils et, contrairement aux réunions précédentes, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth n’avait publié aucun communiqué officiel à l’issue de la rencontre.


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