Le dîner de l’USJ à Bakiche a réuni un grand nombre de personnalités. Photo Sylviane Zehil
Sous le ciel étoilé du plateau de Bakiche, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) a célébré ses 150 ans par un grand dîner placé sous le signe de l’espérance. Intitulée « Un soir d’espoir », la soirée s’est tenue en présence de la Première Dame du Liban Neemat Aoun, entourée de ministres, d’anciens ministres, d’ambassadeurs et de personnalités diplomatiques, aux côtés de plus de 600 invités – amis, partenaires, donateurs et anciens de l’USJ.
Dans une atmosphère de solidarité, la rencontre s’est achevée par une vente aux enchères qui a permis de récolter 250 000 dollars, destinés au fonds de bourses éducatives. Une somme qui permettra à des centaines d’étudiants, quelles que soient leurs origines, de poursuivre une formation d’excellence. Plus qu’une fête, cette soirée fut une promesse : celle de continuer à croire que l’éducation reste le plus sûr chemin vers l’avenir du Liban.
Dans son mot d’accueil, le recteur père Salim Daccache s.j. a salué « un soir d’espoir » où l’éducation demeure « notre meilleure promesse » pour le Liban. Il a rappelé l’engagement fondateur de l’institution : « Personne n’a jamais été mis à la porte pour un souci de paiement de sa scolarité », l’université consacrant un tiers de son budget aux bourses. Et d’ajouter : « Depuis 1875, l’USJ est un fleuron sans pareil au service de la citoyenneté, de la justice et du vivre ensemble. »
Invité d’honneur, Raymond (Ray) François Debbané a, dans son intervention, affirmé que l’USJ incarne les valeurs qui permettront de reconstruire le pays : « Intégrité, compétence, service du bien commun. » « Je ne suis pas un ancien de l’USJ… mais j’ai grandi dans son ombre », a-t-il rappelé, évoquant son père, professeur de finances publiques à l’université, « intellectuel redoutable et homme de principes ».
Par la suite, le père Daccache, en soulignant que « ses étudiants, ses collègues et ses contemporains se souviennent de lui comme d’un modèle d’honnêteté, de compétence et de service à la nation », a annoncé « avec une grande émotion et une immense fierté que notre campus historique de la rue Huvelin, qui abrite notamment la faculté de droit où il a enseigné, portera désormais le nom de Campus François Debbané ».
Quant au président du conseil d’administration de la Fondation USJ, Samir Assaf, il a rappelé qu’« investir dans l’éducation, c’est croire en l’avenir », plaidant pour la création d’un fonds de dotation afin d’assurer la pérennité et l’indépendance académique de l’université : « Ce que nous faisons aujourd’hui détermine ce que l’université pourra offrir demain. »
La directrice de la fondation,
Cynthia-Maria Ghobril Andréa, a, pour sa part, présenté la campagne « USJ, Toujours plus ! », ambitieuse levée de fonds de dix ans visant à mobiliser 150 millions de dollars. « Ce soir, c’est vous qui écrivez la suite de cette histoire », a-t-elle lancé, rappelant que « plus de 64 % de nos étudiants ont besoin d’un soutien financier ».
Entre mémoire et espérance, fidélité et audace, cette soirée au plateau de Bakiche a illustré la force d’une institution qui, depuis 150 ans, continue de former des générations d’esprits libres et responsables. Les 250 000 dollars récoltés aux enchères viennent prolonger cet élan collectif : une manière tangible de transformer la solidarité en avenir, et de rappeler que, face aux tempêtes, l’éducation demeure le plus sûr chemin vers un Liban de confiance, de justice et de liberté.


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