Dessin représentant 'ancien chirurgien Joël Le Scouarnec, lors de son passage devant la justice, le 24 février 2025 à Vannes. REUTERS
La personnalité d'un ancien chirurgien, accusé de violences sexuelles sur près de 300 patients, mineurs pour la plupart, sera au coeur de la deuxième journée de son procès mardi en France, avec notamment le témoignage attendu de son ex-épouse. Il s'agit de l'une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées dans le pays.
Au premier jour de son procès lundi devant une cour criminelle, à Vannes, dans l'ouest de la France, Joël Le Scouarnec, 74 ans, qui encourt jusqu'à 20 ans de réclusion, a reconnu "avoir commis des actes odieux" et s'est dit "parfaitement conscient aujourd'hui que ces blessures sont ineffaçables, irremplaçables". L'ancien chirurgien a souligné vouloir "assumer la responsabilité" de ses actes.
Mardi défileront à la barre un enquêteur de personnalité mais surtout les trois enfants et l'ex-femme de Joël Le Scouarnec.
Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d'images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.
"Je n'étais pas au courant de ses penchants, de ses poupées. Je n'ai eu connaissance de ses cahiers qu'après son interpellation", assurait-elle début février dans une interview au quotidien local Ouest France. "C'est docteur Jekyll et mister Hyde. Je me suis demandé comment j'avais pu ne pas m'apercevoir de quoi que ce soit. C'est une trahison terrible qu'il nous a faite à moi et à mes enfants", ajoutait-elle.
En réaction à ces déclarations, trois nièces et la fille d'un couple ami de Joël Le Scouarnec ont demandé vendredi à "rétablir la vérité dans cette affaire", dénonçant le "silence" de l'ex-épouse. En effet, l'ancien chirurgien avait déjà été condamné en 2020 à Saintes (ouest) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces.
Litanie de noms
La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a aussi déploré que "les premières violences (soient) restées dans la famille et n'(aient) pas fait l'objet de signalement: elles auraient dû être immédiatement transmises aux autorités judiciaires pour que le criminel soit arrêté".
Lundi, la présidente de la cour Aude Buresi a assuré à l'accusé: "devant cette cour, vous n'êtes ni un objet de curiosité, ni un sujet d'études, ni un débat de société. Mais un justiciable avec un certain nombre de droits".
La plupart des 299 victimes recensées --dont les noms ont été égrenés lundi par Mme Buresi-- étaient mineures au moment des faits.
Lors de cette litanie de noms, l'accusé "a été très affecté, très abattu, très digne aussi, en tout cas à la hauteur des enjeux. Il n'y a pas du tout un souhait de se défausser, de minimiser", a estimé son avocat, Me Maxime Tessier.
"J'ai trouvé que c'était très émouvant, très lourd, très long. Et en même temps ça montre aussi qu'il y a énormément de victimes et ça montre l'ampleur de toute cette affaire", a souligné l'une d'elles, Amélie Lévêque, 42 ans.
Selon Me Cécile de Oliveira, qui défend d'autres victimes, Joël Le Scouarnec réagit "d'une manière ultra adaptée, parce que (...) c'est un homme qui sait s'adapter d'une façon exceptionnelle".
L'ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et des fichiers le nom, l'âge et l'adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.
Ses journaux intimes et l'ampleur inédite de cette affaire ont été découverts lors d'une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l'a dénoncé auprès de ses parents pour viol.
Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique "pédophile" depuis des décennies dans ses carnets, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu'il abusait de sa fonction de médecin. Ces actes ont été commis entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l'ouest de la France. Verdict attendu le 6 juin.
La personnalité d'un ancien chirurgien, accusé de violences sexuelles sur près de 300 patients, mineurs pour la plupart, sera au coeur de la deuxième journée de son procès mardi en France, avec notamment le témoignage attendu de son ex-épouse. Il s'agit de l'une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées dans le pays.
Au premier jour de son procès lundi devant une cour criminelle, à Vannes, dans l'ouest de la France, Joël Le Scouarnec, 74 ans, qui encourt jusqu'à 20 ans de réclusion, a reconnu "avoir commis des actes odieux" et s'est dit "parfaitement conscient aujourd'hui que ces blessures sont ineffaçables, irremplaçables". L'ancien chirurgien a souligné vouloir "assumer la responsabilité" de ses actes.
Mardi défileront à la barre...


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