À l’âge de 15 ans, j’ai entendu pour la première fois le nom de Jacques Liger-Belair prononcé par ma marraine Simone Catoni. L’interrogeant, elle me répondit en me tendant un livre de Jacques
Liger-Belair, L’habitation au
Liban, et ajouta : « Mon petit, tu apprendras de cette façon et à travers ce livre l’origine de la beauté des maisons du Liban, comment les conserver en respectant jusqu’au plus petit détail leur architecture. »
Jacques est arrivé à Beyrouth au cours d’un voyage qui devait le conduire en Inde, à bord d’une 2CV. Épaté par la beauté du pays du Cèdre et l’environnement (de l’époque), il décida de s’y installer. Il rencontra son épouse Jacqueline Saghbini, et son nom commença à être connu dans les milieux des anciens sites et demeures restaurés. Sollicité par des universités au Liban, il forma des dizaines d’étudiants cherchant à apprendre et à respecter la belle et vraie architecture libanaise sans la déformer par des « fantaisies » qui n’ont aucun lien avec la réalité.
D’origine belge, et en reconnaissance à son dévouement pour la formation « francophone » de ses élèves « pour le beau » et pour la sauvegarde « autant que possible » du patrimoine libanais, la France le récompensa en le nommant, le 13 juillet 1993, chevalier de la Légion d’honneur. Il fut décoré à la Résidence des Pins par son ami Alain Lancelot, ancien membre du Conseil constitutionnel, auteur, sophrologue et conférencier.
Merci, Jacques, de nous avoir légué, pour notre plaisir des yeux, pour notre culture et celle des générations à venir, le « plus beau » de ton savoir. Merci aussi pour l’amitié que tu nous as toujours manifestée à Gaby mon épouse et à moi-même. Repose en paix auprès de Jacqueline.


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