La commission de rédaction de la déclaration ministérielle en réunion. Photo Dalati et Nohra
La commission chargée de rédiger la déclaration ministérielle du nouveau gouvernement Tammam Salam a tenu hier sa deuxième réunion au Grand Sérail, et dans la mesure où tous ses membres, à commencer par M. Salam, sont d'accord pour que la déclaration reste succincte, il semble que des parties essentielles de ce document soient déjà presque achevées. En fait, M. Salam a su imposer à ses ministres une grande discrétion et faire en sorte que les points de divergence soient laissés pour la fin.
Selon des sources bien informées, l'accord s'est fait sur les priorités suivantes : lutte contre le terrorisme et équipement de l'armée, respect des échéances constitutionnelles, assistance aux réfugiés syriens, octroi sans délai inutile de licences de prospection des richesses sous-marines, mesures économiques et sociales, comme l'assurance-vieillesse, etc.
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Les points de désaccord portent sur le statut de la « résistance », que le Hezbollah élève au rang de l'armée, et le non-alignement sur des axes régionaux et internationaux. Les ministres du 14 Mars ne veulent plus entendre parler de la formule armée-peuple-résistance, alors que le Hezbollah, par la voix de Mohammad Fneich, a répété qu'aux yeux du Hezbollah, elle fait désormais partie des constantes de l'État.
Toutefois, pour le 14 Mars, et Boutros Harb et Nouhad Machnouk l'ont redit ouvertement hier : « Les données ont changé ; la résistance, telle que mentionnée dans les précédentes déclarations ministérielles, a fait son temps. Une autre réalité est là. Il y a un "avant" et un "après" engagement en Syrie, comme il y a eu un "avant" et un "après" 2000, et un "avant" et un "après" 2008. »
Selon des sources concordantes, il faudra attendre le retour au Liban de Nabih Berry pour que la « formule magique » soit trouvée. Ce dernier est arrivé hier en Albanie, dernière étape de la tournée à l'étranger qui l'a déjà mené au Koweït et en Iran.
Une troisième réunion de la commission est prévue à 17 heures, aujourd'hui. Toujours selon les sources précitées, M. Salam a demandé aux ministres membres de la commission de s'y rendre « avec des idées nouvelles » susceptibles d'être agréées par les deux camps.
Selon des observateurs, en dépit des apparences, le Hezbollah pourrait se montrer coulant sur la formule de compromis, car il n'est que trop content de voir placés aux premières lignes du combat contre le terrorisme sunnite au Liban, que ce soit au niveau militaire ou judiciaire, des ministres appartenant à cette même communauté.
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Par ailleurs, le Hezbollah considérerait qu'au regard de la partie géostratégique qui se joue en ce moment dans la région, la rédaction d'une déclaration ministérielle apparaît de plus en plus comme un exercice formel qui permettrait au gouvernement Tammam Salam de lui servir de paravent, sans que rien de fondamental ne change dans l'immédiat dans son combat aux côtés de l'armée syrienne, qui rejoindrait celui que mènent les responsables irakiens et saoudiens dans leurs pays respectifs.
Le caractère somme toute accessoire de la déclaration ministérielle est d'autant plus net qu'à tout moment, de nouveaux attentats-suicide pourraient endeuiller de nouvelles zones résidentielles et que les quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, à Tripoli, avec leur antagonisme sunnito-alaouite, pourrait être en ce moment au bord d'un nouvel embrasement.
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Ainsi, ce qu'ils discutent pour le moment, ce sont des points de conVergence ! Ils prennent les gens pour des idiots ou quoi ?
11 h 41, le 21 février 2014