La plupart des rebelles syriens se sont retirés du camp palestinien de Yarmouk dans le sud de Damas, soumis à un siège impitoyable de l’armée depuis plus de 200 jours, a annoncé hier un responsable palestinien. Ce retrait fait suite à un accord entre les rebelles et les factions palestiniennes à Yarmouk, a expliqué Anwar Abdel Hadi, un responsable de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Mohammad Mohammad/Reuters
Quinze jours après un premier échec, une deuxième session de négociations à Genève entre l'opposition et le gouvernement syriens n'a permis aucune avancée, l'avenir de ces pourparlers étant désormais en question.
Le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, s'est dit « tout à fait désolé » et s'est excusé « auprès du peuple syrien dont les espoirs étaient si grands ». Il a mis fin samedi aux discussions, dans l'impasse depuis trois semaines, et n'a fixé aucune date pour une reprise. « Je pense qu'il est préférable que chaque partie rentre et réfléchisse à ses responsabilités, et (dise) si elle veut que ce processus continue ou non », a déclaré M. Brahimi à la presse. La dernière réunion à Genève entre l'opposition et le régime avait également échoué avec toutefois une avancée notable, puisque pour la première fois les ennemis s'étaient parlé. Cette fois aucun progrès n'a été enregistré après des discussions particulièrement difficiles. Rendant compte de l'ultime rencontre, le médiateur a expliqué que les deux parties avaient campé sur leur position. « Le gouvernement considère que la question la plus importante est le terrorisme, l'opposition considère que la question la plus importante est l'autorité gouvernementale de transition », a-t-il dit, ajoutant qu'il avait proposé d'évoquer d'abord « la violence et le terrorisme » pour passer ensuite au problème de « l'autorité gouvernementale ». « Malheureusement, le gouvernement a refusé, provoquant chez l'opposition le soupçon qu'ils ne veulent absolument pas parler de l'autorité gouvernementale de transition », a ajouté le médiateur.
L'« obstruction » du régime
Il était prévu que ce deuxième cycle de discussions, commencé lundi dernier, s'achève samedi, mais le médiateur en accord avec les deux délégations devait fixer une date pour une nouvelle réunion.
« L'impossibilité de s'entendre sur le programme des prochaines sessions de négociations (...) représente un sérieux revers » et « la responsabilité en incombe directement au régime d'Assad », a estimé le chef de la diplomatie britannique William Hague, soulignant « son plein soutien à Lakhdar Brahimi ». Même sentiment pour son homologue français Laurent Fabius qui « condamne l'attitude du régime syrien qui a bloqué toute avancée ».
Même son de cloche à Berlin et Washington. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a critiqué hier le régime syrien qui a montré qu'il n'était « pas sérieusement intéressé par des négociations ». Les autorités syriennes ne cherchent « qu'à consolider leur pouvoir », selon lui, sans aucun égard pour « les souffrances des Syriens et l'avenir du pays ». Le secrétaire d'État américain John Kerry a dénoncé pour sa part « l'obstruction » dont a fait preuve Damas qui « a rendu les progrès encore plus difficiles ». Dans une allusion à peine voilée à la Russie, il a aussi appelé les « soutiens du régime » à faire pression sur Damas pour qu'il mette fin à son « intransigeance dans les pourparlers et à ses méthodes brutales sur le terrain », à l'instar des barils d'explosifs largués sur des quartiers d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie.
La veille, le gouvernement syrien avait ajouté à une « liste terroriste » les noms des délégués de l'opposition syrienne aux pourparlers de Genève et confisqué leurs avoirs, a-t-on appris auprès des négociateurs anti-Assad et d'un diplomate. La délégation des opposants n'a appris cette décision que par l'entremise d'un site de l'opposition – www.all4syria.info – qui s'est procuré une copie de la circulaire du ministère de la Justice et l'a diffusée. La note précise que les avoirs ont été gelés en vertu d'une loi antiterroriste de 2012. Un diplomate a déclaré que les négociateurs de l'opposition avaient découvert il y a déjà quelques jours que la plupart d'entre eux figuraient sur une « liste du terrorisme » comptant quelque 1 500 militants et rebelles opposés à Bachar el-Assad.
Interrogé sur la décision de Damas de placer les membres de la Coalition nationale syrienne (CNS) sur une liste noire et de geler leurs comptes bancaires, le délégué du gouvernement syrien Bachar al-Jaafari a déclaré que cette décision avait été prise deux mois avant l'ouverture des discussions de Genève.
Un délégué de l'opposition, Ahmad Djakal, a déclaré : « Le régime veut montrer qu'il peut déstabiliser chacun d'entre nous. Dans son mode de pensée malade, quiconque s'oppose à lui est un traître et un terroriste. »
« Une perte de temps »
C'est ainsi que le porte-parole de la délégation de l'opposition, Louai Safi, a estimé qu'un troisième round de discussions avec le gouvernement syrien sans parler de transition politique serait « une perte de temps ». « Le régime n'est pas sérieux (...) nous ne sommes pas ici pour négocier le communiqué de Genève, mais pour l'appliquer », a-t-il ajouté à propos du plan de règlement politique en Syrie adopté par les grandes puissances en 2012. « Nous devons être sûrs que le régime veut une solution politique et pas des tactiques pour gagner du temps », a encore affirmé M. Safi à propos de ces négociations sous médiation de l'ONU entamées le 22 janvier sous la pression de la communauté internationale, en particulier les parrains russe et américain de la conférence.
Côté gouvernemental, le chef des négociateurs, M. al-Jaafari, s'en est tenu à accuser l'opposition « de ne pas respecter l'agenda », affirmant qu'il fallait d'abord conclure « par une vision commune » sur le premier point, la lutte contre la violence et le terrorisme avant de passer à un autre. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a quant à lui affirmé que « contrairement aux réactions des ministres des Affaires étrangères de France et de Grande-Bretagne », les négociations de Genève n'avaient pas échoué et que « le deuxième round a réalisé un point très important : la Syrie a approuvé l'ordre du jour proposé par le médiateur Lakhdar Brahimi, à commencer par le premier point, qui est la question de la violence et la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté.
M. Brahimi a indiqué qu'il allait rendre compte à New York au secrétaire général Ban Ki-moon et qu'il espérait une réunion avec lui et les deux chefs de la diplomatie russe et américaine Sergei Lavrov et John Kerry. Depuis le début des négociations en janvier à Genève entre régime et opposition sous l'égide de l'ONU, pas moins de 6 000 personnes ont été tuées, a annoncé samedi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le conflit en Syrie a fait plus de 140 000 morts depuis près de trois ans, selon l'ONG, qui affirme que le bilan est en réalité bien supérieur, mais difficile à établir en raison du black-out imposé par les deux bords.
Parallèlement, le secrétaire d'État britannique à l'Immigration et la Sécurité, James Brokenshire, a estimé hier que les combattants de retour de Syrie représentent un « gros problème de sécurité » pour le Royaume-Uni. « C'est la raison pour laquelle ils (les services de renseignements et la police) restent vigilants, ils prennent des mesures pour contrôler les allées et venues vers la Syrie afin d'assurer notre sécurité nationale et veiller à ce que les individus identifiés comme liés au terrorisme soient jugés », a-t-il encore dit, affirmant que la Syrie était devenue « la destination jihadiste numéro 1 dans le monde ».
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Qu'aurait pu dire d'autre l'occident ? ils les ont coaches , leur ont bourre le chou , les ont passé au detecteur de mensonge , ont fait un casting qui ne finit pas , baba idriss est la derniere victim des occidentaux , et vous voudrez qu'ils disent autre chose ?? c'est comme chez les arabes , quand ca ne marche pas pour eux , ils dissent Allah yil3ann el shitann , non ? Mais le regime , lui vis a vis de ses sponsors , il n'a pas de problem , zavez pas Remarque ?
21 h 48, le 17 février 2014