Une centaine de lofts vont se nicher à Mar Mikhael Village.
Bernard Khoury est le visionnaire derrière le nouveau projet « Mar Mikhael Village », qui se dressera à l'emplacement de la première fabrique de bière du Liban, la Grande Brasserie du Levant.
Que les démagogues et les conservateurs ne poussent pas les hauts cris et n'aillent pas hurler : « Khoury va détruire la vieille brasserie Laziza. » Au départ, l'intention de l'architecte et de Joseph Khawam, propriétaire du projet, était de la conserver. « Nous avons essayé toutes les combinaisons possibles et imaginables ; nous avons tout fait pour voir dans quelle mesure on peut récupérer une partie de cet îlot composé de quelques bâtiments. Après un travail très complexe de plusieurs mois, on s'est rendu compte que convertir la brasserie en complexe résidentiel était irréalisable. Il va donc falloir démolir », dit Bernard Khoury.
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En effet, il a été impossible de créer du neuf avec du vieux. Outre le bâtiment principal qui offre un hall central à double hauteur, mais qui ne représente que 4 à 5 % de la surface totale, le reste des constructions, composées d'un laboratoire de dioxyde de carbone où venaient autrefois s'approvisionner les pompiers, une fabrique d'alcool et surtout des frigos loués jadis aux commerçants de fruits, ne peuvent pas être exploitées. Ne disposant pas de fenêtres, les espaces sont obscurs et ne sont pas aérés. Les hauteurs sous plafond sont de 2,60 m, très basses pour être légalement habitables. Les dalles qui vont de 17 à 50 mètres de profondeur ne peuvent pas être exploitées. « Pour construire un appartement, vous ne pouvez pas aller au-delà d'une dalle de sept ou huit mètres, un maximum de dix mètres », fait observer Bernard Khoury. En plus, ces bâtiments n'ont aucun intérêt architectural et le site n'est pas classé monument historique.
D'autre part, il y a une réalité foncière à laquelle il faut faire face. Sur le terrain, la structure existante est de 9 000 m² construits. Or, le coefficient d'exploitation actuel donne au promoteur 13 500 m², et donc « vous ne pouvez pas lui interdire de démolir. Sa réponse sera "Donnez moi une compensation" ». Ensuite, les 13 500 m² de résidentiel l'obligent à fournir des parkings d'une capacité de 250 voitures. Or le site existant ne dispose que de 90 places de parking. « Et pour soutenir les bâtiments et creuser au-dessous des parcs de stationnement, c'est le suicide financier », affirme l'architecte.
Vie de village
Faisant un zoom sur tout le périmètre, de la rue d'Arménie jusqu'à Bourj Hammoud, Bernard Khoury relève que « nous ne sommes pas dans un quartier historique dans le sens conventionnel du terme, c'est un tissu qui a beaucoup de charme, mais un charme bordélique. Aucun mécanisme de contrôle n'a été adopté pour réguler les constructions et sauver le tissu urbain. C'est devenu une catastrophe irréversible. C'est le résultat de la faillite des institutions. La faillite du projet national politique. Et ceci date d'avant 1975. En l'absence d'un plan directeur, la ville a évolué d'une manière très chaotique », martèle-t-il. Il explique que sa nouvelle construction s'installera « sur une île qui va répondre à une morphologie voisine de part et d'autre. C'est ma responsabilité vis-à-vis de la ville ».
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Voici quelques points sur ce futur projet : tout d'abord, « il y a une mémoire à conserver : le recul généreux de la brasserie par rapport au trottoir. Alors que partout le privé empiète sur le public et bouffe le trottoir, moi, je reprends l'ADN de l'emprise au sol et conserve le recul ». De même, l'enseigne de la Brasserie du Levant sera conservée à l'entrée du site. Gros plan également sur des espaces boisés qui occuperont la surface totale du terrain. « Un poumon sur 20 mètres de haut, hauteur initiale de la brasserie. »
Au-dessus de cette masse végétale, l'architecte va créer huit noyaux indépendants. Des constructions de 20 à 50 mètres, offrant un total de 100 lofts de 80 à 150 mètres carrés, avec un plafond de 4,4 mètres, et un jardin en terrasse pour chacun. Chaque loft est également doté d'une mezzanine ouverte sur la réception et qui peut être utilisée comme un dressing, un bureau, ou accessoirement une chambre d'invités. Sur les toits, des jardins suspendus parsemés des petites maisons aux espaces très ouverts et lumineux. Seules les salles de bain seront cloisonnées. En bref, un design minimaliste et épuré au sein de bâtiments ne présentant pas de plateaux répétitifs. « On ne peut pas parler de 6e ou 4e étage, car les niveaux sont composés de brise-soleil et de bacs à arbre à des hauteurs différentes. »
Au programme de Mar Mikhael Village, une piscine en plein air, une salle de gym et, pour renforcer la notion de « vie de village », une zone commerciale comprenant restaurant, café, blanchisserie, minimarché et autres.
Pour mémoire


ras la patate de ces écolo-bohème qui préfèrent laisser un immeuble aux rats et aux pigeons plutôt que d'embellir la ville et fournir un grand nombres d'unites d'habitations a une population qui en a bien besoin.
10 h 44, le 03 octobre 2016