Un groupe de personnes intercepte une patrouille de la Finul à Mahrouné (caza de Tyr) le 13 août 2025. (Crédit : capture d’écran tirée d’une vidéo, avec l’aimable autorisation de Mountasser Abdallah)
Un groupe de personnes a intercepté une patrouille de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) à Mahrouné (caza de Tyr), au Liban-Sud, et l’a empêchée d’entrer dans les vergers du village parce qu’« elle n’était pas accompagnée d’une patrouille de l’armée libanaise », selon les sources locales de notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah.
Les personnes, en tenue civile, ont exigé que la patrouille quitte la localité, avant qu'une patrouille des services de renseignement de l’armée libanaise n'intervienne pour faire reculer les Casques bleus.
Contactée, la Finul n’était pas disponible pour commenter ce nouvel incident.
Coordination avec l'armée
Plus tard dans la journée de mercredi, la municipalité de Mahrouné a affirmé avoir directement contacté l'armée libanaise quand un bataillon finlandais de la Finul a mené une mission d’inspection dans le village sans être accompagné par la troupe. L’armée a alors indiqué à la municipalité qu’elle ne s’opposait pas à la mission.
Le communiqué précise par ailleurs que la patrouille disposait d’un document officiel émis par l'armée libanaise. La municipalité a ajouté que, lors de cet appel téléphonique, l’armée avait indiqué qu’elle enverrait une patrouille sur les lieux, mais l’inspection de terrain s’était achevée rapidement avant son arrivée.
La municipalité a enfin réaffirmé son « engagement à une coordination constante avec l’armée et les autorités compétentes, ainsi qu’à la surveillance de toute activité ou mouvement dans le périmètre du village afin de préserver sa sécurité et sa souveraineté ».
Les tensions entre les Casques bleus et les habitants du Sud, région où le Hezbollah exerce une forte influence, se sont accrues depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le parti-milice et Israël fin novembre 2024. Les frictions surviennent fréquemment lorsque des convois de la Finul patrouillent sans être accompagnés par l’armée libanaise. Les habitants, généralement partisans du Hezbollah, bloquent ou affrontent fréquemment ces patrouilles, accusant la force onusienne d'outrepasser son mandat en circulant seule. Selon la résolution 1701, la Finul est autorisée à se déplacer de manière autonome dans ses zones de déploiement. Toutefois, ses opérations relèvent du chapitre VI de la Charte de l’ONU, qui limite le recours à la force. Le Hezbollah remet régulièrement en cause la liberté de mouvement de la Finul.
L’armée libanaise, pour sa part, affirme ne pas disposer des effectifs nécessaires pour accompagner toutes les patrouilles de l’ONU. Parallèlement, la Finul, à l'instar des États-Unis, de la France, du Liban et d'Israël, fait partie de la commission internationale de suivi du cessez-le-feu.

