Toutes les parties libanaises, si l'on omet le silence observé par le Hezbollah sur la question, continuent de s'opposer à l'initiative du leader du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, que ce dernier semble toutefois déterminé à véhiculer.
Pour les députés du bloc aouniste, le débat autour de cette initiative serait incontournable. Ainsi, Ibrahim Kanaan estime que « toutes les parties sont supposées être convaincues de la nécessité de combler la faille qui subsiste depuis les accords de Taëf, dont la parité n'a été respectée ni au niveau des trois présidences ni au niveau des institutions ». Dans un entretien à la radio Saout al-Mada hier, il a déclaré que « toutes les tentatives de faire échec à l'initiative du général Michel Aoun ont échoué. Ils ont fait flèche de tout bois, mais en vain ». Il a annoncé en outre que « les débats sérieux seront entamés la semaine prochaine (la semaine en cours) à travers une mobilisation que nous comptons mener ».
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Ibrahim Kanaan avait déclaré samedi, lors du diner annuel du CPL-Metn où il représentait Michel Aoun, que son camp « propose un substitut à l'équation qui veut qu'on ait un président d'une représentativité de 1 %, sinon pas de président. Le substitut s'appelle Michel Aoun ». De plus, « nous voulons substituer aux dormants du Parlement les députés de la confrontation, de l'engagement libre, de la législation et de la lutte continue au sein du gouvernement », a-t-il ajouté. « Nous avons enfin un substitut au Daechistan, au printemps sanguinaire et à la destruction des églises, des croix et des mosquées, et ce substitut est notre foi dans le vrai partenariat libanais libéré des chantages et des intimidations », a-t-il conclu.
« S'opposer à l'initiative relève du takfirisme »
En outre, le député Farid el-Khazen a situé l'initiative du chef de son bloc dans « un cadre pacifique et démocratique, dans l'esprit de s'en remettre à l'opinion du peuple, et de sortir du blocage programmé de la présidentielle ». « C'est une initiative qui requiert une grande audace », a-t-il ajouté, critiquant ceux « qui y ont porté un jugement négatif sans prendre la peine d'en débattre ni de l'étudier ». Il est allé jusqu'à qualifier de « daechistes et takfiristes » les réactions à cette initiative. Il a en effet indiqué que « l'intention du général Aoun n'est pas de changer le système, mais de combler une faille », et a appelé enfin toutes les parties politiques à en débattre.
Le député Alain Aoun a repris pour sa part l'un des principaux arguments avancés par Michel Aoun lors de l'annonce de son initiative. « C'est la quasi-impossibilité d'assurer le quorum des deux tiers au Parlement qui rend nécessaire le changement du mécanisme d'élection d'un nouveau chef de l'État », a-t-il affirmé, se demandant, dans une interview à la Voix du Liban 93.3 : « Pourquoi les sunnites élisent le Premier ministre et les chiites le président de la Chambre, alors que les chrétiens n'ont pas le droit d'élire un chef de l'État ? » Il avait révélé par ailleurs samedi, à la Voix du Liban 100.5, qu'il « n'y a pas de présidentielle en vue ».
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Nouvelle initiative de Berry...
Pourtant, « l'initiative du général Michel Aoun est maintenue », réaffirme une source du Courant patriotique libre, citée par le quotidien al-Hayat dans son édition d'hier, qui ajoute par ailleurs que « le Hezbollah n'a pas donné de réponse claire jusque-là sur la question ».
Le 14 Mars, notamment les chrétiens de la coalition, continue pour sa part de condamner avec virulence l'initiative. Les autres blocs, à l'exception du Hezbollah, la rejettent ouvertement, tout en veillant à en minimiser l'importance.
Se contentant ainsi d'une réaction de principe, le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a veillé à rappeler que « le Front de lutte nationale est attaché à Taëf. Toute atteinte à ces accords porterait une atteinte à la stabilité et mènerait le pays vers l'inconnu ». « L'heure n'est pas aux propositions d'amender la Constitution, surtout pas à l'ombre de la vacance présidentielle », a-t-il affirmé.
Le bloc berryste continue de s'opposer à toute possibilité d'amender la Constitution en l'absence d'un chef de l'État. « Comment peut-on préconiser un amendement constitutionnel alors que nul candidat ne détient les deux tiers ? » s'est demandé le député Ali Osseirane, tout en réaffirmant « notre appui à Michel Aoun à la présidence, au sein du 8 Mars ».
Mettant un terme indirectement au débat sur l'initiative aouniste, le député du même bloc, Yassine Jaber, a révélé que le président Nabih Berry « étudierait sérieusement une initiative unificatrice pour mettre un terme à la vacance présidentielle ».
(Pour mémoire : L'initiative de Aoun ferait de lui « le Daech maronite »)
« Le coup de grâce à la candidature consensuelle de Aoun »
Du côté du 14 Mars, le député Ahmad Fatfat a estimé que l'initiative de Michel Aoun « a porté le coup de grâce à la candidature consensuelle puisque son initiative n'est pas consensuelle ».
Le député Marwan Hamadé a critiqué la proposition du général Aoun d'amender la Constitution en dénonçant, dans un entretien au quotidien koweïtien as-Siassa, « les intentions réelles de cet homme qui n'ont pas changé depuis près de trois décennies ». Selon lui en effet, Michel Aoun « continue d'attaquer le document du pacte national et œuvre, comme il l'avait fait à la fin des années 80, à neutraliser les textes constitutionnels qui font pourtant l'objet d'un consensus entre les Libanais ».
Le député Nidal Tohmé, du bloc du Futur, a appelé enfin à éviter les « pertes de temps » et à « sortir d'une vision unilatérale de l'échéance de la présidence ».
Par ailleurs, le Conseil islamique chérié a estimé à l'issue de sa réunion régulière samedi, sous la présidence du vice-président du Conseil, l'ancien ministre Omar Meskaoui, que « les thèses de certains sur la remise en question du pacte national et l'appel à élire un président de la République au suffrage universel, sur la base d'un mécanisme qui contredit la Constitution, et en ce timing précis, ne sont qu'un moyen d'entraver l'élection d'un nouveau chef de l'État après cette période de vide ». L'élection présidentielle reste « la priorité », a encore souligné le communiqué.
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Bahreïn soutient Joseph Aoun et rejette toute ingérence étrangère au Liban
Je ne vois pas l'intérêt de parler de cet homme de 81 ans incapable d'assumer la fonction présidentielle. Les médias lui font une belle publicité nocive. Laissez le parler et gesticuler dans son coin et son parti inféodé au Hezbollah. Le Liban n'a pas besoin de Michel Aoun. Nous trouverons bien un homme qui incarne notre pays et pas les ayatollah iraniens via le Hezbollah et le CPL. Des hommes de qualité il n'en manque pas au Liban, à condition que les vieux politiques prennent leur retraite. Il n'y a pas de dialogues possible avec Aoun et le Hezbollah. Ils veulent le pouvoir, sans conditions Ils n'ont que faire des chrétiens, on le sait depuis longtemps et le fossoyeur de la chrétienté au Liban s'appelle Michel Aoun Il faut arrêter de lui donner de l'importance. Tout ce qu'il dit est complètement incohérent.
11 h 58, le 07 juillet 2014