Jeudi 23 Octobre 2014

Moyen Orient et Monde

« Le changement climatique ? Une arme de destruction massive. Peut-être l’arme la plus terrifiante... »

Environnement

Le réchauffement arctique modifierait le climat en Amérique du Nord et en Europe : évolution naturelle ou liée aux activités humaines ?

OLJ
17/02/2014

Le réchauffement de l'Arctique pourrait affecter durablement le « jet-stream » polaire qui est déterminant pour le climat en Amérique du Nord et en Europe, selon des travaux américains.
Cette étude indique que le « jet-stream », des vents qui soufflent d'ouest en est à haute altitude, « s'affaiblissent et ce courant tend de ce fait à s'élargir et à dévier plus facilement de sa trajectoire », a expliqué Jennifer Francis, professeure de climatologie à l'Université Rutgers dans le New Jersey. Elle est la principale auteure de cette recherche présentée samedi soir à la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS) réunie ce week-end à Chicago. « Quand le jet-stream s'affaiblit, ce qui a été le cas ces deux dernières décennies, les phénomènes météorologiques ont tendance à durer plus longtemps », a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse. « Cela semble suggérer que les caractéristiques du temps changent », a ajouté la scientifique, selon qui « cela se produira plus fréquemment ».
Ainsi, les États-Unis connaissent un hiver particulièrement froid et enneigé dans le Middle West jusque dans le Sud où cela est inhabituel. En revanche, les régions nordiques comme l'Alaska connaissent un hiver anormalement clément cette année. Ce phénomène pourrait résulter du réchauffement ces dernières décennies dans l'Arctique où les températures ont grimpé de deux à trois fois plus vite que dans le reste du globe, a relevé James Overland, un scientifique de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) qui a participé à cette présentation. Le changement du « jet-stream » s'explique en partie par la différence de températures entre l'Arctique et les latitudes moyennes, a-t-il jugé. Si cette différence est importante, la vitesse de ce courant s'accélère, un peu comme une rivière descendant une colline. En revanche, si l'écart des températures entre les latitudes moyennes et l'Arctique, qui s'est réchauffé, est faible, le « jet-stream » s'affaiblit, ont expliqué ces scientifiques. Avec les phénomènes climatiques extrêmes observés ces dernières années aux États-Unis, tels que chaleur record, sécheresse et, ailleurs dans le monde, la canicule record actuelle en Australie, la question se pose de savoir si ces événements résultent d'une simple variation naturelle du climat ou du réchauffement de la planète lié aux activités humaines. Pour Jennifer Francis, une telle conclusion est prématurée car « nos données portant sur ce phénomène et ses effets portent sur une période très courte, ce qui rend difficile d'avoir une interprétation claire ». « Mais quand nous disposerons de plus de mesures, je pense que nous commencerons à discerner l'influence du changement climatique », a-t-elle ajouté.
Mark Serreze, le directeur du Centre national américain d'étude de la neige et de la glace (National Snow and Ice Data Center), a estimé devant la conférence de l'AAAS que les changements dans l'Arctique et l'impact sur le climat dans les moyennes latitudes « étaient un nouveau champ de recherche controversé avec des arguments pour et contre ». « Fondamentalement, le fort réchauffement qui pourrait être responsable de ce phénomène est lié à la fonte de glace sur l'océan Arctique que nous constatons depuis ces dernières années », a-t-il relevé. « La calotte glacière agit comme un couvercle séparant l'océan de l'atmosphère, et si vous enlevez ce couvercle, la chaleur contenue dans l'eau se retrouve dans l'atmosphère », expliquant ces dérèglements atmosphériques, selon le scientifique.

« Armes de destruction massive »
Toujours concernant le réchauffement climatique, le secrétaire d'État américain John Kerry, en tournée en Asie, a appelé hier à Djakarta la communauté internationale à faire plus dans la lutte contre le réchauffement climatique, qualifiant celui-ci « de plus grande arme de destruction massive ».
Dans un discours devant des étudiants indonésiens, il a averti que les pays asiatiques proches du niveau de la mer et aux riches écosystèmes étaient particulièrement menacés par la montée des eaux. Les pays d'Asie du Sud-Est sont « en première ligne du changement climatique », a-t-il plaidé. Le responsable américain a comparé le réchauffement climatique à d'autres menaces comme le terrorisme ou la prolifération nucléaire, domaines dans lesquels les nations devaient travailler ensemble pour rendre le monde plus sûr. « Dans un sens, le changement climatique peut être considéré comme une autre arme de destruction massive, peut-être l'arme la plus terrifiante », a lancé John Kerry, un défenseur passionné de longue date de la protection de l'environnement. À l'attention de son jeune auditoire, il a cité les scientifiques, avertissant que si le monde ne réagissait pas, le niveau de la mer pourrait monter d'un mètre d'ici à la fin du siècle. « Un mètre suffirait à engloutir la moitié de Djakarta. Un mètre déplacerait des centaines de millions de personnes à travers le monde et coûterait des milliards (de dollars) à l'activité économique », a expliqué M. Kerry.
(Source : AFP)

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