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Économie - Éclairage

Ce qui pousse le bitcoin vers de nouveaux sommets

L’anticipation d’un nouveau produit d’investissement suivant le cours du bitcoin a grandement poussé la reine des cryptomonnaies à battre un nouveau record.

Ce qui pousse le bitcoin vers de nouveaux sommets

Photo d’illustration AFP

Le cours du bitcoin a frôlé dans la nuit de mardi à mercredi son pic historique de novembre 2021, qui l’avait propulsé à près de 69 000 dollars. Un seuil qu’il a finalement dépassé mardi après-midi, après avoir battu son ancien record de 68 790 dollars peu avant 17h, heure locale, sur la plateforme Coinmarketcap.

Sur les plateformes où elle se négocie, la reine des cryptomonnaies créée en 2008 évolue actuellement à des niveaux qui n’ont plus rien à voir avec ses précédents records, qu’il s’agisse de celui à 300 dollars atteint en mars 2013 ou des presque 20 000 effleurés pour la première fois en décembre 2017. Des ascensions presque à chaque fois suivies d’une correction majeure de plus ou moins longue durée (entre 1 et 7 mois pour des décrochages allant de 70 % à plus de 95 %), avant que le bitcoin ne reprenne sa marche en avant.

« C’est un cycle fait de pics et d’ajustements », confirme l’expert libanais Rudi Farès. Consultant financier et gestionnaire d’actifs investi dans le domaine des cryptomonnaies depuis plus de dix ans, il n’écarte pas la possibilité que le cours du bitcoin grimpe jusqu’à un niveau situé entre 80 000 et 100 000 dollars d’ici à avril avant la prochaine correction. « Mais cela reste un simple pari, les cryptomonnaies étant généralement très sensibles aux changements dans le jeu de l’offre et de la demande, surtout qu’il n’y a dans ce domaine aucune autorité régulatrice qui peut contrôler le marché », prévient-il.

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L’effet ETF

La première et sans doute principale raison de ce nouveau pic est purement américaine. Il s’agit de l’anticipation d’un nouveau produit d’investissement accompagnant le cours du bitcoin qui a contribué ces derniers mois à la remontée des cours, comme l’a notamment souligné l’AFP.

Le 10 janvier dernier, le gendarme des marchés américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), a donné son aval à un fonds indiciel, désigné en anglais sous les termes de tracker ou d’Exchange Traded Funds (ETF), basé sur le bitcoin. Pour faire simple, les ETF sont des fonds auxquels des personnes ou des entités peuvent confier de l’argent qui va ensuite être investi dans des valeurs qui reproduisent les performances d’un indice, notamment boursier. C’est un moyen d’investir en Bourse sans pour autant s’exposer aux risques d’un nombre limité de sociétés cotées.

Ce placement financier permet ainsi de profiter de la performance des indices en période de hausse et expose aussi les fonds investis à la baisse lorsque les indices reculent. C’est un produit financier très répandu, mais c’est la première fois que les autorités américaines acceptent qu’il soit adossé à une cryptomonnaie, ces dernières étant généralement perçues avec une certaine méfiance par les régulateurs, compte tenu des défis qu’elles posent en termes de volatilité et de traçabilité.

Depuis la décision de la SEC, certains investisseurs désireux de récupérer leurs mises avaient initialement déclenché une vague de retraits massifs du fonds GBTC (Grayscale Bitcoin Trust), une fois celui-ci converti en ETF. Mais une fois la fièvre vendeuse retombée, les flux vers les ETF en bitcoins américains ont augmenté, comme celui du géant de la gestion d’actifs BlackRock.

« Le fait que la SEC autorise un ETF sur le bitcoin, alors que les régulateurs sont généralement assez frileux face aux cryptomonnaies, a complètement débridé le marché », analyse Rudy Farès. « Le début de la commercialisation de ce produit a généré une nouvelle vague d’optimisme, faisant s’envoler les volumes de transactions », remarquait de son côté il y a une semaine Mikkel Morch, du fonds spécialisé ARK36, cité par l’AFP. Le bitcoin venait alors de passer la barre des 60 000 dollars.

L’effet ETF ne profite pas qu’au bitcoin : l’ether, l’un de ses rivaux, a d’ailleurs bénéficié de la spéculation selon laquelle il pourrait lui aussi bientôt faire l’objet d’ETF et il a progressé de 50 % depuis le début de l’année, selon les données de marché.

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Les autres facteurs

S’il pèse clairement de tout son poids dans la balance, l’enthousiasme lié à l’autorisation des ETF sur le bitcoin n’est pas le seul facteur qui explique la fièvre actuelle.

Le premier, explique encore Rudy Farès, est un facteur purement structurel : le « halving du bitcoin » qui est un processus par lequel la récompense issue du minage (ou « mining ») est divisée par deux. Le mining est le fait fournir de la puissance de calcul – via un ordinateur – pour valider les transactions de la chaîne de blocs qui constitue la cryptomonnaie.

Comme le bitcoin est créé – ou « extrait » – en guise de récompense à chaque opération résolue par les mineurs, l’objectif du « halving » est donc de limiter l’offre totale de bitcoins sur le marché pour la maintenir en dessous de 21 millions de pièces, selon des calculs détaillés dans le livre blanc de cette cryptomonnaie, et de diviser par deux les récompenses obtenues par les mineurs.

Ce prochain « halving », prévu le 14 avril, devrait ralentir la vitesse à laquelle les nouveaux bitcoins entrent sur le marché, renforçant donc sa valeur. « Avant cette échéance, la spéculation sur le bitcoin va battre son plein, ce qui va très certainement continuer de pousser les cours à la hausse », commente encore Rudy Farès.

La corrélation entre les « halvings » et l’envolée des cours n’est pas forcément évidente à démontrer. Le premier « halving » a eu lieu fin novembre 2012, quelques mois avant le pic de mars 2013. Le deuxième a été programmé le 9 juillet 2016, soit près d’un an et demi avant le pic de 2017. Le 3e « halving » a eu lieu en mai 2020, soit plus d’un an et demi avant le pic de 2021. Dans un rapport publié il y a une semaine, la banque d’investissement JP Morgan s’attend à ce que le bitcoin retombe à 42 000 dollars après le « halving ».

Enfin, un autre facteur plus subjectif vient renforcer l’engouement pour le bitcoin. « Depuis quelques mois, plusieurs candidats à la présidentielle américaine ont adopté des positions beaucoup plus favorables au développement des cryptomonnaies. L’ancien président Donald Trump, candidat favori chez les Républicains, a lui-même assoupli sa position sur cette cryptomonnaie qu’il qualifiait d’arnaque en 2021 », souligne l’expert libanais. Il a en effet déclaré fin février qu’il « pouvait vivre avec le bitcoin ».

Bien avant lui, le démocrate Robert Francis Kennedy Jr. avait promis, s’il était élu, d’adosser en partie le dollar américain au bitcoin. Trois autres candidats déjà hors course – les républicains Vivek Ramaswamy et Asa Hutchinson et le démocrate Dean Phillips – s’étaient prononcés en faveur d’un allégement des pressions réglementaires sur les entreprises de cryptomonnaie lors d’un événement organisé en janvier aux États-Unis par la Stand With Crypto Alliance, soutenue par Coinbase, une plate-forme d’échange de cryptomonnaies.

Le cours du bitcoin a frôlé dans la nuit de mardi à mercredi son pic historique de novembre 2021, qui l’avait propulsé à près de 69 000 dollars. Un seuil qu’il a finalement dépassé mardi après-midi, après avoir battu son ancien record de 68 790 dollars peu avant 17h, heure locale, sur la plateforme Coinmarketcap.Sur les plateformes où elle se négocie, la reine des cryptomonnaies...
commentaires (3)

Si j’ai bien compris, lorsqu’on achète un bitcoin, on n’achète rien d’autre que l’espoir qu’un autre pigeon voudra bien nous le racheter plus cher, plus tard…

Gros Gnon

17 h 24, le 06 mars 2024

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Commentaires (3)

  • Si j’ai bien compris, lorsqu’on achète un bitcoin, on n’achète rien d’autre que l’espoir qu’un autre pigeon voudra bien nous le racheter plus cher, plus tard…

    Gros Gnon

    17 h 24, le 06 mars 2024

  • La création de monnaies numériques s'accélère au rythme où progresse et le totalitarisme mondialiste, et la fausse monnaie dollar par la FED, détenue par une douzaine de banques elles-mêmes contrôlées par une poignée de fonds spéculatifs, représentant plus d'un tiers de la capitalisation boursière mondiale (grâce à la création encore de fausse monnaie basée sur des instruments financiers sophistiqués), contrôlés eux-mêmes par moins d'une dizaine de famille dont les Rothschild, la famille royale britannique, Gates, Soros, Buffet,...Aussi investis dans le complexe militaro-industriel américain

    Nicolas ZAHAR

    10 h 10, le 06 mars 2024

  • Le Liban devrais passer au BTC. Plus besoin des banques ni de banque centrale, et les voleurs n'auront plus aucune mise sur nos épargnes

    Aboumatta

    23 h 01, le 05 mars 2024

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