« Le Qatar, pendant les qualifications (pour le Mondial 2018), c’était la meilleure équipe. (…) Au minimum, ils devraient être 3es (de leur groupe). Le Qatar doit saisir l’opportunité », analyse Bora Milutinovic, entraîneur qui a coaché cinq nations dans cinq Mondiaux différents et observateur avisé. Oliver Hardt/AFP
Et si le Qatar y arrivait ? L'émirat, qui n'a jamais décroché une place en Coupe du monde, entame aujourd'hui ses qualifications pour le Mondial 2018 face à l'Iran, avec cette ambition désormais réaliste, tout en se préparant à accueillir un Mondial 2022 plombé depuis longtemps par les polémiques.
Après avoir atteint le 3e et dernier tour de qualification de la zone Asie, le Qatar va désormais se mesurer aux cadors de la Confédération asiatique de football (AFC). Ses adversaires sont la Chine, l'Ouzbékistan, la Syrie, et, surtout, les deux poids lourds que sont l'Iran et la Corée du Sud. Seuls les deux premiers du groupe se qualifient directement, tandis que le 3e devra d'abord passer un barrage face à une autre nation du continent asiatique. Avant un autre duel face à un pays d'Amérique du Nord ou centrale, dont le vainqueur ira lui aussi en Russie.
La tâche s'annonce donc ardue, mais pas impossible, d'après un fin connaisseur du foot international désormais établi dans l'émirat. « Le Qatar, pendant les qualifications, c'était la meilleure équipe. Ils n'ont perdu qu'une seule fois. Le Qatar a un nouvel entraîneur, une nouvelle équipe et des joueurs qui savent s'adapter », analyse Bora Milutinovic, entraîneur qui a coaché cinq nations dans cinq Mondiaux différents. « Au minimum, ils devraient être 3es. Le Qatar doit saisir l'opportunité », ajoute l'observateur avisé.
Pendant ce temps-là, sur le plan de l'organisation, les travaux se poursuivent pour l'échéance suivante, celle de 2022. Avant la fin de l'année, la Fifa doit prendre une décision sur le nombre de stades nécessaires. Il devrait y en avoir huit. Depuis plusieurs années, le Qatar fait face à une polémique sur les conditions de travail dans ces gigantesques chantiers. Aux accusations répétées de non-respect des travailleurs, de la part de syndicats ou d'associations de défense des droits de l'homme, s'est rajoutée une enquête concernant des soupçons de corruption dans l'attribution de ce Mondial.
Et, pour ne rien arranger, la chute des prix du pétrole a plombé récemment le budget de l'émirat. Mais, malgré cela, le Qatar reste dans les temps pour accueillir le plus grand événement footballistique de la planète. Sur les huit stades (dont sept se situent à Doha, la capitale, ou dans sa banlieue), six sont en cours de construction. Le Khalifa Stadium devrait être terminé avant la fin de l'année, soit six ans avant le début de la Coupe du monde. Ce même stade doit également accueillir les championnats du monde d'athlétisme de 2019.
Les travaux de construction des stades devraient tous être terminés d'ici à 2020, ont assuré les organisateurs. Hassan al-Thawadi, le secrétaire général du Comité d'organisation du Mondial, a estimé le coût de la construction des stades à 10 milliards de dollars. L'émirat prévoit également de dépenser 200 millions de dollars en infrastructures : un métro pour transporter les supporteurs aux stades, des travaux sur les routes et un nouveau port.
(Source : AFP)

