Grande Médaille d'or, récompensant moins de 1% des vins au concours mondial de Bruxelles 2025, une première au Liban ! Photo fournie par Château Kefraya
Élégance et raffinement : deux mots qui résument la philosophie de Château Kefraya. Des qualités qui ne peuvent s’acquérir qu’avec beaucoup de maîtrise, de discernement et d’humilité – essentielles aux yeux de son directeur technique et œnologue, Fabrice Guiberteau.
Château Kefraya naît de la vision d’un homme, Michel de Bustros, qui, dès les années 1950, entreprend un chantier titanesque : implanter des vignobles sur les collines de Kefraya dans la Békaa-Ouest, avec pour ambition de créer ce qui deviendra un « grand vin ». En 1979, malgré le tumulte de la guerre civile, le domaine vinifie pour la première fois ses propres raisins dans sa propre cave – un acte fondateur qui scelle l’identité du château.
Le succès ne tarde pas. Au début des années 1980, les premières médailles d’or sont obtenues et le domaine commence alors à exporter ses vins vers la France. Aujourd’hui, Château Kefraya est distribué dans plus de quarante pays à travers les cinq continents et vient de décrocher la Grande Médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles, une récompense rare qui témoigne de la qualité du vin et d’un savoir-faire certain.
Depuis vingt ans, Fabrice Guiberteau œuvre à la destinée qualitative et à la sublimation de Château Kefraya, désormais imposé comme l’un des grands noms du vin libanais.
Un engagement profond envers la nature
Les vignes, conduites en mode palissé, bénéficient d’une exposition solaire idéale et ne sont jamais irriguées. « Nous adoptons une approche vigneronne au sens strict du terme et 100 % de nos raisins proviennent de la propriété que nous cultivons », explique Fabrice Guiberteau. Le domaine, d’un seul tenant, est certifié bio et les vins sont certifiés végans. « On a une approche très verte en matière d’énergie et de traitement des effluents. Nous disposons de notre propre station de traitement des eaux de la cave, sur bassin de roseaux, ce qui permet de remettre dans l’environnement des eaux entièrement épurées. Au-delà, nous avons un système de panneaux photovoltaïques qui nous permet de rationaliser notre recours au générateur électrique : cela fait partie de notre approche agro-environnementale. »
La vigne, jamais irriguée par souci environnemental, subit naturellement les aléas climatiques : « Le prix à payer pour la qualité », assure Fabrice Guiberteau.
Une mosaïque de terroirs unique au Liban
Le vignoble de Château Kefraya s’étend sur plus de 300 hectares de coteaux, à 1 000 mètres d’altitude. Traversé dans sa partie ouest par la faille tectonique de Yammouné – qui prend son origine dans la mer Rouge et s’étire jusqu’aux confins de l’Anatolie –, il offre une diversité géologique exceptionnelle : sols argilo-calcaires, argilo-marneux, sableux ou graveleux, dont certains datent du jurassique et du crétacé.
Cette faille a provoqué, millénaire après millénaire, des bouleversements qui ont donné naissance à quatre géologies distinctes et à 79 microterroirs intraparcellaires. « Une richesse unique. La raison pour laquelle on travaille à l’échelle du terroir, c’est-à-dire du détail. C’est le côté passionnant de cette histoire, qui permet de réfléchir, d’observer, d’accumuler toujours plus de données pour expliquer, par exemple, pourquoi une parcelle, quelles que soient les années, va être plus généreuse », confie Fabrice Guiberteau.
Au cœur de la cave, l’art de l’assemblage
La philosophie de Château Kefraya repose sur la précision. Les vendanges sont intégralement manuelles, les baies triées grâce à un système optique, et chaque micro-parcelle est vinifiée séparément. Le chai, équipé de technologies de pointe, allie savoir-faire traditionnel et modernité.
L’élevage se fait en barriques de chêne français mais aussi en amphores de terre cuite, renouant ainsi avec les méthodes phéniciennes et romaines.
La diversité ampélographique du domaine est remarquable : Cabernet Sauvignon, Syrah, Chardonnay ou Viognier côtoient des cépages plus rares comme Carménère, Marselan ou Muscat à Petits Grains. Château Kefraya cultive également les variétés autochtones Obeidi, Merwah et Mekssessé, et a même ressuscité d’anciens cépages rouges libanais – Assouad Karech et Asmi Noir – après de longues recherches menées avec des instituts internationaux.
Une histoire millénaire
L’histoire de Kefraya plonge ses racines dans un site occupé par les Romains. Le château a été construit sur une colline artificielle où ils avaient établi un camp. La présence importante de la vigne à cette époque est confirmée par la découverte de pressoirs romains datant de 2 000 ans. Les Romains étaient par ailleurs enterrés sur des parcelles attenantes, d’où la présence d’hypogées visibles aujourd’hui.
« Faire du vin à Kefraya, c’est remettre un peu les pieds dans 2 000 ans d’histoire romaine et presque 5 000 ans d’histoire phénicienne, glisse Fabrice Guiberteau. C’est un héritage qui prend tout son sens lorsqu’on souhaite présenter des cuvées qui sont à la fois élégantes et raffinées. »


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