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Culture - Exposition

Photographier, tous les jours, pour survivre aux souvenirs

La Fondation Starch présente l'intimiste « Defragments »* du jeune photographe Charbel Saadé.

« J’adore ce diptyque car il représente à la fois le chaos que je ressentais alors et l’échappatoire que je trouvais dans la nature. Celle à droite a été prise dans ma chambre lors d’une séance photo et l’autre à Bkassine. Cela montre autant mon côté voyeur que ma sensibilité envers la nature », confie Charbel Saadé. Crédits : Charbel Saadé

Le matériel
« Lorsque je prends des photos avec mon smartphone, je le fais sans penser, je ressens, c'est tout. » C'est avec ces mots que Charbel Saadé explique pourquoi, dans sa série Defragments, il a troqué son appareil photo « reflex » contre celui de son téléphone intelligent. Pris grâce à cet outil, entre septembre 2014 et septembre 2015, ses 14 clichés captés sur le vif sont une plongée dans l'intimité de l'étudiant de 24 ans. Des moments inégaux de vie, d'ennui et de solitude.

La forme
Pour cette série, Charbel Saadé a fait le choix du diptyque : les photos se côtoient ou se superposent, deux par deux. Chaque diptyque n'exprime pas une idée seule ou un contraste, mais plutôt la volonté du jeune artiste de défragmenter ses souvenirs.
La nostalgie des appareils photos jetables a par ailleurs amené l'artiste à opter pour le format 15 x 20, « à peine plus grand qu'une carte postale », souligne-t-il.

Les photographies
« Je n'avais pas prévu d'en faire une série ou de les exposer en diptyque. Cela s'est imposé à moi lorsque j'ai vidé "ma mémoire" il y a quatre mois », explique joliment le photographe, pour dire qu'il a extrait les photographies de la carte mémoire de son smartphone.
De l'aquarium abandonné de Batroun au lac de Chouwen, de la plage de Tyr à un hôtel aux Cèdres, de Beyrouth à Amchit, les photographies de Charbel Saadé, prises une par une, sont autant de cartes postales du Liban actuel, avec un soupçon d'âme supplémentaire. Aussi, certains clichés sont des « photos dans la photo » : avec son smartphone, il a capturé quelques-unes de ses propres photographies affichées sur son écran d'ordinateur. « Pour la facilité du geste, mais aussi pour avoir un rendu pixelisé différent », estime-t-il.

L'individu
« Ces photographies qui se font face me permettent de survivre aux souvenirs. Mais, au final, les souvenirs s'estompent. Reste l'émotion du moment au cours duquel j'ai réalisé chaque planche », explique le photographe. « Ce n'est pas le moment qui compte, mais le sentiment. Je ne suis pas ce que j'ai vécu, mais ce que j'ai ressenti », insiste-t-il.
Une rupture sentimentale a été le déclic de ce projet. « Pour me débarrasser des photos et des souvenirs qui vont avec. » Est-ce un clin d'œil au film Eternal Sunshine of the Spotless Mind dans lequel Kate Winslet se fait effacer les souvenirs de sa dernière relation, incapable de faire face à la douleur de la rupture ? « Je ne souhaite pas complètement les faire disparaître car la plupart sont de bons souvenirs, mais j'ai envie d'aller de l'avant. » Effacer ou pas, le processus de création l'aura aidé à surmonter sa tristesse et à faire le deuil de son histoire d'amour. Mais le photographe ne montre (volontairement) pas les raisons de sa blessure, et rejette ainsi le spectateur dans sa quête d'intimité promise.

*À la fondation Starch, Saïfi, jusqu'au 31 octobre.

Le matériel« Lorsque je prends des photos avec mon smartphone, je le fais sans penser, je ressens, c'est tout. » C'est avec ces mots que Charbel Saadé explique pourquoi, dans sa série Defragments, il a troqué son appareil photo « reflex » contre celui de son téléphone intelligent. Pris grâce à cet outil, entre septembre 2014 et septembre 2015, ses 14 clichés captés sur le vif sont une plongée dans l'intimité de l'étudiant de 24 ans. Des moments inégaux de vie, d'ennui et de solitude.
La formePour cette série, Charbel Saadé a fait le choix du diptyque : les photos se côtoient ou se superposent, deux par deux. Chaque diptyque n'exprime pas une idée seule ou un contraste, mais plutôt la volonté du jeune artiste de défragmenter ses souvenirs.La nostalgie des appareils photos jetables a par ailleurs amené...
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