Les enfants atteints d’une maladie incurable en Belgique vont pouvoir, comme les adultes, choisir l’euthanasie pour abréger leurs souffrances, malgré l’opposition de certains pédiatres et de la hiérarchie catholique. François Lenoir / Reuter
Les enfants atteints d'une maladie incurable en Belgique vont pouvoir, comme les adultes, choisir l'euthanasie pour abréger leurs souffrances, malgré l'opposition de certains pédiatres et de la hiérarchie catholique.
La Belgique, pays de tradition catholique, est devenue hier le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à autoriser sous de strictes conditions l'euthanasie pour les mineurs. Mais là où le législateur néerlandais à prévu un âge minimum de 12 ans, les élus belges ont opté pour la notion, plus flexible, de « capacité de discernement ». Le sénateur socialiste Philippe Mahoux, auteur de la loi ayant autorisé en 2002 l'euthanasie pour les adultes, estime qu'il faut répondre au souhait exprimé par des pédiatres et infirmiers confrontés à la « souffrance insupportable » d'enfants, à laquelle ils ne pouvaient répondre que dans l'illégalité. Trente-quatre médecins, des spécialistes, des juristes et des associations de tous bords ont été auditionnés par les sénateurs, qui ont finalement écarté pour les mineurs les souffrances psychiques, qui sont prises en compte pour les adultes.
L'Église catholique belge, après avoir réaffirmé son opposition à l'euthanasie aux côtés des représentants des religions musulmane et juive, a organisé au début du mois des « journées de jeûne et de prière » pour « réveiller les consciences. Si un enfant est euthanasié, quel sera le message pour les autres enfants malades ? On est en train de leur dire que leur vie n'a plus de valeur, qu'ils sont un poids pour la société ou pour leur famille et qu'ils doivent mourir », a déclaré une opposante ayant pris part à l'unique manifestation des « anti », qui a rassemblé quelque 300 personnes à Bruxelles.
Accord parental
Les partisans du texte insistent sur les « conditions strictes » prévues par la loi : le mineur devra se « trouver dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance », être confronté à une « souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ».
La capacité de l'enfant à comprendre le « côté irréversible de la mort », selon les mots d'une députée, sera estimée au cas par cas par l'équipe médicale et par un psychiatre ou un psychologue indépendant. Et si l'initiative de demander l'euthanasie devra venir de l'enfant, les parents devront donner leur consentement. « Un enfant de sept, huit ou neuf ans peut-il vraiment demander une euthanasie en toute autonomie ? » s'est inquiétée la députée chrétienne-démocrate flamande Sonja Becq. Les opposants ont aussi souligné que le monde médical belge était divisé, différents groupes de pédiatres ayant publié des appels en faveur ou contre l'extension de l'euthanasie aux mineurs.
Au final, seules les formations centristes d'inspiration chrétienne, ainsi que l'extrême droite flamande du Vlaams Belang et quelques députés libéraux ont voté contre le texte. La loi, qui ne devrait concerner qu'une poignée de mineurs par an, entrera en vigueur dans les prochaines semaines.
Acharnement thérapeutique
En France, l'euthanasie a provoqué des débats passionnés, notamment autour du cas du tétraplégique Vincent Lambert, 38 ans, en état végétatif chronique. Saisi par les médecins et l'épouse de Vincent Lambert, qui réclament – au contraire de ses parents – l'arrêt de ses soins, le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative, rendra une décision aujourd'hui à 15h00 GMT, a annoncé son vice-président, Jean-Marc Sauvé. Les 17 magistrats du Conseil avaient été appelés dans la matinée par le rapporteur public à décider d'une nouvelle expertise médicale dans un délai de « six semaines ». Si le Conseil d'État la suit, sa décision finale et non susceptible d'appel en serait d'autant repoussée.
Cloué sur son lit d'hôpital en état végétatif chronique depuis cinq ans, Vincent Lambert est devenu l'otage inconscient d'un débat national. Selon le docteur Éric Kariger qui dirige le service de soins palliatifs de l'hôpital de Reims, Vincent Lambert « souffre de lésions cérébrales irréversibles ». « Il peut avoir des manifestations sensorielles comme des larmes ou des sourires, mais c'est de l'ordre de la mémoire émotive », précise le médecin. Pour ses parents au contraire, leur fils « est présent » et veut vivre. À Noël, « on lui a demandé s'il était content, il a fermé intensément les yeux », a raconté sa mère.
Pour mémoire
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Ce qui est sûr,c'est que la société est en tarin d'évoluer vers une pensée eugéniste,jour après jour..;.les oripeaux de "droits"....c'est aujourd'hui le "droit" à l'euthanasie...ce sera peut-être la pression vers l'euthanasie,sous des formes diverses...et après demain??? c'est le grand retour de Gobineau et de Carrel sous un camouflage "humain"...prenons garde!
14 h 53, le 14 février 2014