« L'opposition a déjà pris toutes les mesures positives possibles pour faciliter la mise sur pied d'un nouveau gouvernement qui incarne un véritable partenariat », a indiqué hier le chef du Bloc de la fidélité à la Résistance, Mohammad Raad, lors d'une cérémonie organisée par le Hezbollah pour commémorer les martyrs de la Résistance. Affirmant que l'opposition n'a pas constaté l'existence d'obstacles réels sur le plan interne ni d'ailleurs chez le Premier ministre désigné, le député a ajouté que « ce sont les Américains qui obstruent et font pression pour faire avorter le processus de la mise sur pied de l'Exécutif ». Il a également pointé le doigt vers « ceux qui se trouvent dans leur orbite, que ce soit sur le plan régional ou même interne ». Car, a-t-il souligné, l'« administration américaine ne veut pas d'un gouvernement d'union nationale mais plutôt d'une équipe qui œuvre de manière unilatérale et à laquelle elle pourrait imposer des décisions aventureuses prises dans l'intérêt de l'ennemi sioniste ». Et M. Raad d'estimer que la formation d'un gouvernement national « nécessite désormais une décision courageuse » de la part de Saad Hariri.
De son côté, le député du Hezbollah Nawwar Sahili a appelé les responsables à accélérer la formation du gouvernement « afin de consolider l'immunité interne, pour faire face aux difficultés et problèmes auxquels sont confrontés les citoyens, résoudre les problèmes économiques et sociaux et mettre un terme à l'immigration ». Et de poursuivre : « L'opposition a adopté une attitude d'ouverture et elle est optimiste. Elle ne réclame pas l'impossible mais une participation effective. Elle a toutefois des interrogations sur la manière dont le Premier ministre désigné compte concrètement illustrer le principe du partenariat au niveau de la représentation et des chiffres », a-t-il dit. M. Sahili a exhorté les responsables à « tirer les leçons des expériences passées et à établir un parallèle entre le gouvernement du monopole et le gouvernement d'union nationale qui, de l'aveu de tout le monde, a été des plus réussis au niveau de la prise des décisions et de l'adoption des textes de lois ».
Pour sa part, le président du Conseil exécutif au sein du Hezbollah, Hachem Safieddine, a mis l'accent sur « le climat positif qui a prévalu au cours du mois dernier lors des multiples rencontres et à l'occasion des réconciliations qui ont eu lieu ». Il a également estimé « que ce sont des parties étrangères qui mettent des bâtons dans les roues car elles ne sont pas contentes de voir un gouvernement d'union nationale se concrétiser », a-t-il précisé. Et de conclure qu'« il est de l'intérêt de tous de parvenir à mettre sur pied un tel gouvernement afin qu'il puisse immédiatement plancher sur les questions politiques urgentes et sur la situation sociale et économique ».
Même son de cloche chez le député du Bloc du changement et de la réforme, Youssef el-Khalil, qui, dans une déclaration, a insisté sur la nécessité de consolider « le principe d'un partenariat actif au sein du gouvernement », en facilitant la mise en place d'« un gouvernement d'union nationale - fait au Liban - qui puisse assurer à toutes les parties leur droit à la participation sur base du principe de la proportionnelle ».
Pour le député Ghassan Moukheiber, membre du même bloc parlementaire, « la formule créative consiste à poursuivre le dialogue entre le Premier ministre désigné, les différents blocs parlementaires et le chef de l'État. Les concertations doivent être intensifiées et les discussions devraient aborder les craintes des uns et des autres », a-t-il ajouté, insistant sur l'importance de ne pas laisser le champ libre aux ingérences externes.
Le député Anouar el-Khalil a estimé de son côté que la formation du gouvernement ne devrait pas être otage du facteur temps de même qu'elle ne doit pas être l'otage des prises de position qui ont accentué les clivages au cours de la période précédente ». Selon lui, les échéances qui attendent le nouvel Exécutif sont nombreuses et complexes, notamment les dossiers économiques qui, a-t-il dit, « nécessitent des décisions dures que seul un gouvernement d'union nationale est à même de prendre ».
Le chef du Mouvement de l'unification, Wi'am Wahhab, a affirmé à son tour que « la question gouvernementale ne sera pas, semble-t-il, réglée de sitôt, malgré toutes les tentatives déployées pour accélérer le processus ». « Il semble que Saad Hariri ne soit pas pressé », a-t-il ajouté.
« On peut à la limite comprendre que le Premier ministre désigné prenne son temps pour former le gouvernement. Mais ce que nous ne pouvons pas comprendre, c'est le mutisme absolu qu'il observe et qu'il s'impose à lui et à nous comme si les Libanais n'étaient pas concernés », a relevé pour sa part le député Nehmetallah Abi Nasr.
Le vice-président du Conseil des ministres, le général Issam Abou Jamra, du CPL, a estimé enfin qu'au cas où Saad Hariri ne réussit pas à former le gouvernement, et quand bien même il n'y a pas de délai précis pour cela, « il devrait s'en excuser afin de permettre au chef de l'État de reprendre ses consultations parlementaires pour en désigner un autre ».


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