En soirée, les habitants de la Crimée – ici à Simféropol – fêtaient la victoire, jouée d'avance, du rattachement de la péninsule à la Russie. Thomas Peter / Reuters
Les Ukrainiens de Crimée ont plébiscité hier le rattachement de la péninsule à la Russie au terme d'un scrutin qui a mis en lumière le divorce profond entre Russes et Occidentaux.
« 93 % des habitants de la Crimée se sont prononcés pour le rattachement à la Russie, 7 % se sont prononcés pour le statut autonome de la Crimée au sein de l'Ukraine », selon un sondage diffusé par les autorités séparatistes de la Crimée. Le taux de participation serait de 83 %, soit un chiffre élevé compte tenu des nombreux appels au boycott du scrutin.
Le Premier ministre séparatiste Serguiï Axiono
v a immédiatement salué une décision « historique ». « Merci à tous ceux qui ont participé au référendum et ont fait leur choix. Aujourd'hui, nous avons pris une décision très importante qui rentrera dans l'histoire », a déclaré M. Axionov sur son compte Twitter. « C'est un moment historique, tout le monde sera heureux », avait lancé plus tôt à la presse le Premier ministre prorusse de la Crimée, Serguiï Axionov, après avoir voté à Simféropol. « C'est une nouvelle ère qui commence », a-t-il affirmé, ajoutant que la Crimée demandera officiellement aujourd'hui son rattachement à la Russie.
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En soirée, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale de la Crimée, Simféropol, et de Sébastopol pour fêter la victoire jouée d'avance du rattachement de la péninsule à la Russie, ont constaté des journalistes de l'AFP. A Simféropol, les partisans de Moscou agitaient des drapeaux russes et ceux de la Crimée au rythme d'un concert. À Sébastopol, des milliers de personnes faisaient de même avec force alcool et en scandant « Sé-bas-to-pol » et « Ru-ssie » devant des artistes exécutant des danses traditionnelles russes.
Le référendum, présenté comme un exercice de démocratie populaire par les autorités séparatistes et par Moscou, s'est déroulé en présence de milliers de soldats russes qui contrôlent la région depuis deux semaines aux côtés de milices séparatistes. La question posée donnait aux électeurs le choix entre « la réunification avec la Russie comme membre de la Fédération de Russie » ou le retour à un statut, datant de 1992 et jamais appliqué, d'autonomie élargie vis-à-vis de Kiev. À Sébastopol, les électeurs ont afflué massivement aux urnes dès le petit matin. À Bakhtchissaraï, « capitale » de la communauté musulmane tatare de la Crimée dont les leaders ont appelé à boycotter la consultation, on ne voyait guère de Tatars dans les rues. Seuls les Ukrainiens d'origine russe votaient avec enthousiasme, ravis de se débarrasser bientôt de leur passeport ukrainien et espérant vivre mieux avec les subventions de Moscou.
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Bases ukrainiennes débloquées
Les autorités sécessionnistes sont arrivées au pouvoir à Simféropol après la destitution à Kiev, le 22 février, du président prorusse Viktor Ianoukovitch et à la faveur d'un coup de force monté par des civils prorusses en armes et des milliers de soldats russes. Venus de la base maritime de Sébastopol, à la pointe sud de la péninsule, puis entrés en Crimée en colonnes blindées depuis le territoire russe, ils assiégeaient dans les bases militaires et les lieux stratégiques de la péninsule les soldats ukrainiens restés fidèles aux autorités de Kiev. Cependant, le ministre ukrainien de la Défense, Igor Tenioukh, a annoncé une brève trêve sur le terrain : les commandants des forces russes et ukrainiennes se sont mis d'accord pour que les bases ukrainiennes ne soient plus bloquées jusqu'au vendredi 21 mars (date du vote par la Douma, Chambre basse russe, d'un projet de loi sur le rattachement de la Crimée). Les soldats ukrainiens ont l'ordre de ne pas quitter la Crimée, mais aussi de ne pas sortir de leurs bases.
Dans l'est de l'Ukraine, des manifestants prorusses, encouragés par le référendum séparatiste, ont procédé à une démonstration de force dans les grandes villes industrielles en passe de devenir de nouveaux « points chauds ». À Donetsk, ancien fief du président Viktor Ianoukovitch destitué fin février, des manifestants prorusses ont ainsi pénétré dans les sièges du parquet et des services spéciaux (SBU). À Kharkiv, l'ancienne capitale de l'Ukraine, 6 000 partisans de Moscou ont organisé malgré l'interdiction de la justice un meeting-référendum pour plus d'autonomie et pour la « souveraineté » de la langue russe. Les organisateurs ont distribué des « bulletins » en faveur de la « fédéralisation économique » et « la souveraineté linguistique », qu'il fallait remplir et glisser dans un sac en plastique. Des milliers de prorusses ont ensuite marché vers les bureaux d'organisations nationalistes où ils ont brûlé drapeaux, livres et tracts devant l'entrée.
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Dans ce contexte, le président russe Vladimir Poutine a, dans un entretien avec son homologue américain Barack Obama, réaffirmé la légitimité du vote et exprimé sa préoccupation concernant les violences à l'encontre des russophones en Ukraine. Le président russe a suggéré à son homologue américain que des observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) soient envoyés dans toutes les régions de l'Ukraine en raison des violences, que les autorités ukrainiennes mettent pour leur part sur le compte de groupes prorusses.
De même, le président russe a assuré à la chancelière allemande Angela Merkel que « la Russie respectera le choix des habitants de la Crimée », tout en réaffirmant que le référendum respectait totalement le droit international. La chancelière allemande a de son côté condamné l'intervention de troupes russes samedi dans la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, au-delà des limites de la Crimée, dans un entretien téléphonique avec le président russe hier.
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Bahreïn soutient Joseph Aoun et rejette toute ingérence étrangère au Liban
les supporters inconditionnels de Poutine...s’insupportent. Ses détracteurs systématiques s’insupportent aussi.mais ce qui m'insupporte le plus est l’incroyable vanité "occidentale".On sait maintenant,sans l'ombre d'un doute,que les évènements de Maïdan ont été manipulés,archi-manipulés. Et on s'attendait à quoi? A ce que Poutine se fasse baiser (oh pardon!) en disant merci?! Que ses bases aéronavales de Crimée soient menacées,et qu'il dise allez y?!Hallucinante illusion!Juste invraisemblable! Poutine a fait ce qu'il devait faire,de SON point de vue.Et,mind you,les affrontements certainement espérés par les manipulateurs entre armée ukrainienne et russe n'ont pas eu lieu.C'est ballot,hein?Kosovo,Lybie,tentative en Syrie...l'ours s'est réveillé,puis il s'est ébroué...vaut mieux pour tout le monde qu'on en reste là.Non? Suivez bien les déclarations d'Ashton...cette chose là est dangereuse,menteuse comme un arracheur de dents,manipulatrice pire que çà,c'est pas possible.Une saloperie,quoi.
18 h 46, le 17 mars 2014