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Moyen Orient et Monde - Le Point

L’imam et le sultan

« Un montage immoral », « une attaque abjecte », « une agression non point contre ma personne mais contre la République turque »... Des mots, encore des mots. Mais contre le Net, le verbe ne peut rien, ou si peu. La preuve ? Durant les premières douze heures qui ont suivi sa divulgation, 1 200 000 avaient pris connaissance de la teneur de ce qui est présenté comme étant un enregistrement mettant en cause le Premier ministre. Qu'importe désormais s'il s'agit d'un trucage grossier, si Fethullah Gülen a trempé dans le « complot », si le pouvoir affirme le plus sérieusement du monde être parti en guerre contre la corruption dont ses ennemis l'accusent ? Ce n'est plus seulement la Toile, c'est le pays tout entier qui s'enflamme, c'est l'opposition qui réclame le départ de Recep Tayyip Erdogan. À un mois des législatives, les couteaux sont tirés ; il y aura du sang et déjà des têtes sont tombées, d'autres tomberont encore sans que l'on sache quand tout cela s'arrêtera.


17 décembre 2013 : l'appareil policier se met en branle sur instruction de la justice et procède à l'arrestation de politiciens et d'hommes d'affaires ayant trempé, dit-on, dans une vaste entreprise de corruption. Trois membres du gouvernement démissionnent, dont le ministre de l'Environnement, Erdogan Bayraktar, qui – il est le premier à le faire – réclame le départ du président du Conseil, tout occupé, s'il faut en croire le contenu des écoutes téléphoniques effectuées ce soir-là, à conseiller à son fils Bilal de se débarrasser au plus vite de l'argent caché à domicile, soit 30 millions de dollars, selon certaines sources. Diffusé en début de semaine, l'enregistrement figure depuis en tête du hit-parade politico-financier turc. Hier, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Ankara et d'Istanbul et des heurts se sont produits avec la police, comme aux plus beaux jours de la fronde de juin dernier. Kemal Kiliçdaroglu, leader du Parti républicain du peuple (opposition), a fait écouter à ses collègues le dialogue Erdogan père et fils, avant de lancer à l'adresse du Premier ministre : « Ou bien vous vous embarquez à bord d'un hélicoptère pour fuir ou bien vous démissionnez. »


Il est évident que l'intéressé ne suivra pas ce perfide conseil. D'ailleurs dans l'histoire contemporaine turque, on chercherait en vain le nom d'un politicien prêt à se sacrifier, sans compter qu'il n'a pas été possible, depuis que le scandale a éclaté, d'authentifier le contenu de la conversation. Même si deux éléments permettent de se poser quelques questions. Il y a d'abord une petite phrase lâchée par Erdogan lors d'une rencontre avec des députés de sa formation, le Parti pour la justice et le développement (AKP). « Ils écoutent les conversations téléphoniques des membres du cabinet, a-t-il tonné, sachant que ces lignes sont cryptées. Vous voyez comme ils sont tombés bas. » Second indice : la réunion impromptue avec le numéro un des services de renseignements tenue peu après la divulgation de l'enregistrement.


L'arlésienne de cette saga, qui déroule ses péripéties depuis trois mois, porte un nom : Fethi Gülen, un prédicateur qui vit depuis 1999 dans la lointaine Pennsylvanie et qui a réussi à infiltrer les principaux rouages de la République au point que l'on parle maintenant d'un « État dans l'État ». Désigné à deux reprises – en 2008 par le magazine britannique Prospect et en 2013 par l'hebdomadaire américain Time – comme l'un des hommes les plus influents de la planète, partisan d'un islam « soft », l'imam semble poursuivre une ligne de conduite qui lui permet d'engranger des bénéfices appréciables, ce qui a le don de mettre hors de lui son désormais adversaire, incapable de l'accuser de vouloir s'approprier le pouvoir (il l'exerce déjà de facto mais dans l'ombre) et dont les philippiques prêtent à sourire quand il qualifie d'« assassins » les membres du mouvement Hizmet.


Erdogan a bâti sa réputation autour de deux titres majeurs : la lutte contre la corruption et une croissance économique inégalée, même dans les pays émergents. On voit ce qu'il est en train d'advenir du premier thème. Quant au second, il se porte moins bien que prévu, après avoir vu le PIB doubler en une décennie, même si l'indice devrait atteindre 3,7 pour cent cette année, après les 3,4 pour cent de l'an dernier. Que les voyants, économiques autant que politiques, passent au rouge, cela est toujours inquiétant, surtout en une année qui devrait voir des élections municipales le 30 du mois prochain et une présidentielle en août de la même année, cette dernière devant se dérouler pour la première fois au suffrage universel direct. Et ces temps-ci, rien n'est plus fluctuant que la vox populi.

 

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commentaires (1)

Si en gros on se dit que la planete terre tourne en ce moment sur 3 axes principaux , la Syrie , le Venezuela et l'Ukraine , comme etant des empecheurs de tourner en rond de l'establishment yanky sionise , on peut rajouter a cette liste la Turquie , bien que ne faisant pas partie de l'axe du mal preetabli. Pourquoi la Turquie ? que lui veut on , elle est calee dans son fauteuil d'executant otaniste alliee aux islamismes pro occidecadents a travers son alignement au Qatar , elle a une economie qui convient pour l'instant a l'europe et ne fait pas trop de vague sur une pretendue adhesion qu'elle ne souhaite plus dans le fond , alors why ? why? la reponse serait peut etre que la gouvernance mondiale n'aime pas les faux culs , elle prefere un allie aux ordres , elle n'aime pas les velleites d'independance de la pensee et veut tous les jours que fait Dieu une allegence infaillible a ss principes meme si il lui arrive de les transgresser . Ou alors carrement un ennemi , genre Coree , Iran ou Syrie , pas de demi mesure. Or erdo a voulu trop montrer qu'il pouvait faire la danse du ventre et qu'il pouvait l'avaler en meme temps . Gulen est sorti du chapeau .. maillon faible , tu degages !

FRIK-A-FRAK

18 h 45, le 27 février 2014

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Commentaires (1)

  • Si en gros on se dit que la planete terre tourne en ce moment sur 3 axes principaux , la Syrie , le Venezuela et l'Ukraine , comme etant des empecheurs de tourner en rond de l'establishment yanky sionise , on peut rajouter a cette liste la Turquie , bien que ne faisant pas partie de l'axe du mal preetabli. Pourquoi la Turquie ? que lui veut on , elle est calee dans son fauteuil d'executant otaniste alliee aux islamismes pro occidecadents a travers son alignement au Qatar , elle a une economie qui convient pour l'instant a l'europe et ne fait pas trop de vague sur une pretendue adhesion qu'elle ne souhaite plus dans le fond , alors why ? why? la reponse serait peut etre que la gouvernance mondiale n'aime pas les faux culs , elle prefere un allie aux ordres , elle n'aime pas les velleites d'independance de la pensee et veut tous les jours que fait Dieu une allegence infaillible a ss principes meme si il lui arrive de les transgresser . Ou alors carrement un ennemi , genre Coree , Iran ou Syrie , pas de demi mesure. Or erdo a voulu trop montrer qu'il pouvait faire la danse du ventre et qu'il pouvait l'avaler en meme temps . Gulen est sorti du chapeau .. maillon faible , tu degages !

    FRIK-A-FRAK

    18 h 45, le 27 février 2014

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