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Liban - Liban

L’UE et la Norvège reconstruisent tout un quartier détruit de Nahr el-Bared

Sept ans après les combats de Nahr el-Bared, le camp palestinien est toujours à moitié détruit. L'Union européenne figure parmi les plus importants donateurs pour sa reconstruction.

Plusieurs ambassadeurs étaient présents à l'inauguration des 111 logements : à Nahr el-Bared, hier.

L'Union européenne a inauguré, hier, 111 logements construits à Nahr el-Bared ; il s'agit d'un projet qui a pris plusieurs années à se concrétiser. Il a été financé conjointement par l'Union européenne et la Norvège et exécuté par le Norwegian Refugee Council (NRC), avec l'aval, bien sûr, du gouvernement libanais. « L'Union européenne versera prochainement 12 millions d'euros pour un nouveau projet de reconstruction à Nahr el-Bared. Il s'agit de la construction de 382 unités de logement et 68 unités commerciales », a indiqué à L'Orient Le Jour l'ambassadrice de l'UE à Beyrouth, Angelina Eichhorst.


L'inauguration s'est faite en grande pompe hier en présence de plusieurs ambassadeurs européens et d'anciens habitants du quartier reconstruit, qui logent depuis la destruction du camp durant l'été 2007 dans des appartements de location à Beddaoui et ses alentours.
Étaient notamment présents la chef de la Délégation de la Commission européenne au Liban, Angelina Eichhorst, les ambassadeurs de Norvège, d'Allemagne, du Danemark, de Roumanie, de Slovaquie, et des Pays-Bas, respectivement Avas Svein, Ralf Christian Clages, Rolf Michael Hay Pereira Holmboe, Ivan Surkos, Victor Mircea et Hester Somsen, et le chargé d'affaires de Bulgarie Plamen Tzolov. Il y avait également l'ambassadeur de l'OLP au Liban Achraf Dabbour et la directrice du NRC, Niamh Murnaghan.


Trente-cinq mille réfugiés palestiniens ont été obligés de fuir Nahr el-Bared, suite aux affrontements durant l'été 2007 entre l'armée libanaise et le groupe fondamentaliste Fateh el-Islam. Le camp avait été entièrement détruit et le gouvernement libanais avait tenté de mobiliser des ressources pour sa reconstruction lors de la conférence de Vienne, en juin 2008.


Nahr el-Bared comporte le vieux camp de 1949 et le nouveau camp construit sur des terrains appartenant à des municipalités voisines, la population ayant augmenté avec les années qui passent. Avant sa destruction, il était le deuxième camp le plus important du Liban après celui de Aïn el-Héloué. La conférence de Vienne n'a pu rassembler qu'un peu moins de la moitié des fonds nécessaires à la reconstruction. Aujourd'hui sept ans après les combats de Nahr el-Bared, le camp demeure à moitié détruit et un nombre important de ses habitants déplacés.
Un plan a été cependant mis en place : le camp a été divisé en huit parcelles et la construction des nouveaux bâtiments a été entamée selon un plan sécuritaire permettant aux autorités libanaises de mieux contrôler les quartiers de sorte à éviter qu'une bataille semblable à celle de 2007 ne se répète.
Ainsi, les rues sont étroites afin qu'elles empêchent le passage de chars, les maisons n'ont pas de balcon qui pourraient éventuellement accueillir des snipers et les immeubles ne devraient pas excéder une hauteur de quatre étages.

 

Un exemple de solidarité
Ces nouvelles réglementations ont fait perdre 25 à 30 % de la superficie des habitations initiales, une anomalie contestée par les habitants dont les familles se sont également élargies lors de leur exil forcé de sept ans, certains s'étant mariés et d'autres ayant eu davantage d'enfants. L'Union européenne et la Norvège ont financé la construction d'un quartier entier, baptisé al-Mouhajjarine (en français les déplacés), faisant partie du nouveau camp, car il abrite des réfugiés palestiniens déplacés d'autres camps du Liban, notamment ceux de Tell Zaatar et de Jisr el-Bacha (dans le Metn, déplacés en 1976) et de Sabra et Chatila (déplacés en 1982).


Bruno Montariol, chargé de programme à la Commission européenne, a indiqué dans un entretien avec L'Orient-Le Jour que « les terrains de Mouhajjarine avaient été achetés en 1982 par l'OLP, mais comme les chefs de l'organisation palestinienne ont quitté le Liban peu après, le terrain n'avait jamais été enregistré. C'était bien avant la loi empêchant les réfugiés palestiniens de posséder des biens immobiliers au Liban. Pour reconstruire il fallait donc trouver une solution ; le terrain de Mouhajjarine a été mis au nom des waqfs musulmans qui ont signé avec les parties palestiniennes un contrat de bail s'étalant sur 99 ans ».
L'UE a versé 3,735 millions d'euros et la Norvège 250 000 euros pour la reconstruction du quartier qui présente des appartements certes mais aussi des espaces communs, notamment une mosquée et un terrain de jeu.


Le projet a pris environ cinq ans pour être achevé. La construction a duré un an et deux mois mais il a fallu attendre notamment l'adoption d'un plan directeur en Conseil des ministres et l'accord du gouvernement pour entamer les travaux. Hier donc, les habitants du quartier se sont regroupés pour accueillir la délégation d'ambassadeurs. Des anciens voisins étaient là; ils ne s'étaient pas vus depuis plusieurs années, ayant été séparés par leur déplacement forcé en 2007. Beaucoup se plaignaient de l'étroitesse des appartements, du manque de fonds pour l'achat de nouveaux meubles et des sommes insuffisantes versées par l'Unrwa pour payer les loyers hors de Nahr el-Bared.


Lors de la cérémonie, Mme Eichhorst a indiqué que « rarement un projet de développement a impliqué un aussi grand nombre d'acteurs libanais, palestiniens ou internationaux : des politiques, des décideurs, des techniciens, des consultants, des opérateurs, des financeurs... et bien sûr les familles de réfugiés. C'est l'unique projet de reconstruction de cette envergure, au-delà des frontières de l'ancien camp de Nahr el-Bared, soutenu par la communauté internationale ».
L'ambassadeur de Norvège, Avas Svein, a mis l'accent sur l'implication de son pays auprès des réfugiés palestiniens et des projets de reconstruction au Liban. Pour sa part, M. Dabbour a indiqué que l'Autorité palestinienne versera 1 500 dollars à chaque famille qui déménagera dans son nouvel appartement de Mouhajjarine afin de l'aider à le meubler.
De son côté, Mme Murnaghan a noté que le « Norwegian Refugee Council est très fier d'avoir contribué à ce projet qui a une importante signification et un grand impact, non seulement pour les habitants de Mouhajjarine, mais aussi pour d'autres communautés palestiniennes ».

 

Pour mémoire
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L'inauguration s'est faite en grande pompe hier en présence de plusieurs ambassadeurs européens et d'anciens habitants du quartier reconstruit, qui logent depuis la destruction du camp durant l'été 2007 dans des...
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