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Moyen Orient et Monde - Turquie

Gül promulgue la loi controversée sur le contrôle d’Internet

Lorgnant la présidentielle d'août, le chef de l'État évite la confrontation avec son Premier ministre.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, applaudi par ses partisans au Parlement. Umit Bektas/Reuters

Malgré de nombreuses mises en garde, le président turc Abdullah Gül s'est rangé derrière le gouvernement en promulguant une nouvelle loi très décriée qui renforce le contrôle d'Internet, en échange d'un petit remodelage loin d'apaiser les critiques. Sollicité de toutes parts pour y mettre son veto, le chef de l'État a finalement annoncé mardi soir, sur son propre compte Twitter, son feu vert aux amendements à la loi Internet de 2007 jugés liberticides par l'opposition turque, l'Union européenne, les États-Unis et de nombreuses ONG internationales. Adepte affiché des réseaux sociaux, M. Gül a justifié sa décision après avoir obtenu l'assurance du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qu'il modifierait rapidement certaines des dispositions les plus controversées du texte. « Ces préoccupations seront prises en compte dans la loi », a-t-il assuré.


Mardi après-midi, le ministre de la Communication, Lütfi Elvan, avait ainsi annoncé aux groupes parlementaires que l'autorité gouvernementale des télécommunications (TIB) serait finalement contrainte de solliciter sous quarante-huit heures la confirmation d'un juge pour bloquer un site Internet. Dans le texte initial adopté par la majorité du Parti de la justice et du développement (AKP), la TIB pouvait bloquer un site sans saisir la justice en cas d'atteinte à la vie privée ou s'il contient des informations jugées discriminatoires ou insultantes.

 

Un lifting insatisfaisant
Ce remodelage n'a pas satisfait les adversaires du texte. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de sa décision, plus de 80 000 internautes se sont symboliquement désabonnés du compte Twitter de M. Gül, qui en comptait encore 4,3 millions. « Première chose à faire aujourd'hui #sedésabonner@cbabdullahgul », a tweeté un internaute baptisé Mevan. « Bienvenue dans l'ère de la censure sur Internet », a renchéri un autre adepte du réseau de microblogging, @tanikunal. L'opposition turque, qui a immédiatement saisi la Cour constitutionnelle, ne s'est pas satisfaite de ce lifting de dernière minute. « Comment expliquer qu'un gouvernement veuille amender une loi qu'il vient tout juste de faire passer, c'est ridicule », a commenté un vice-président du Parti républicain du peuple (CHP), Emrehan Halici.


Dans la foulée des avertissements adressés à Ankara par Bruxelles, la députée européenne néerlandaise Marietje Schaake a une nouvelle fois exprimé hier son « inquiétude au sujet de la Turquie, l'État de droit et le manque de respect des droits et des libertés depuis des années ».
Comme en écho à ces craintes, le journal libéral Radikal a rapporté que la TIB avait bloqué hier le site du groupe de pirates informatiques turcs Redhack, qui avait publié les numéros de portables des « candidats voleurs » du parti au pouvoir pour les élections municipales du 30 mars à Istanbul. Depuis des semaines, l'opposition turque dénonce la législation « orwellienne » ou « liberticide » du pouvoir, affirmant qu'elle vise surtout à étouffer les accusations de corruption qui le visent. « Nous défendrons sur toutes les plates-formes internationales que le régime Erdogan fait main basse sur les libertés en Turquie », a assuré un député du CHP, Faruk Logoglu.


Outre cette loi sur Internet, M. Erdogan a également fait adopter samedi par ses députés, après un débat ponctué d'échanges de coups de poing, un autre texte tout aussi controversé qui renforce son emprise sur l'institution judiciaire. Ce texte doit être lui aussi promulgué, ou renvoyé au Parlement, par M. Gül. Longtemps compagnon de route de M. Erdogan, le chef de l'État a récemment pris ses distances avec l'image autoritaire du Premier ministre. Mais, avec sa décision mardi soir, nombre d'observateurs pensent qu'il ne prendra pas le risque d'un conflit ouvert avec lui. « Il n'a pas choisi la voie de la confrontation, comme prévu, car il lorgne sur la présidentielle » d'août, qui se déroulera pour la première fois au suffrage universel direct, a observé l'éditorialiste du journal anglophone Hürriyet Daily News, Serkan Demirtas.

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Le gouvernement turc renforce son emprise sur la justice

 

Malgré de nombreuses mises en garde, le président turc Abdullah Gül s'est rangé derrière le gouvernement en promulguant une nouvelle loi très décriée qui renforce le contrôle d'Internet, en échange d'un petit remodelage loin d'apaiser les critiques. Sollicité de toutes parts pour y mettre son veto, le chef de l'État a finalement annoncé mardi soir, sur son propre compte Twitter, son feu vert aux amendements à la loi Internet de 2007 jugés liberticides par l'opposition turque, l'Union européenne, les États-Unis et de nombreuses ONG internationales. Adepte affiché des réseaux sociaux, M. Gül a justifié sa décision après avoir obtenu l'assurance du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qu'il modifierait rapidement certaines des dispositions les plus controversées du texte. « Ces préoccupations...
commentaires (4)

Et notez la com...en photo à côté de deux (fausses) blondes,même pas voilées.Ien fait des calgüls,cet homme là.

GEDEON Christian

18 h 06, le 21 février 2014

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Commentaires (4)

  • Et notez la com...en photo à côté de deux (fausses) blondes,même pas voilées.Ien fait des calgüls,cet homme là.

    GEDEON Christian

    18 h 06, le 21 février 2014

  • Qu'un Cheïkh ou même un imâm, pour une fois "éclairés", lancent des "fatwâhs" comme quoi cet "internet" est Halâl et qu'on en finisse !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 32, le 20 février 2014

  • Qu'il "Contrôle" son parti et ses ministres plutôt !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 23, le 20 février 2014

  • ET LE RAKI ? ET LES TCHADORS ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    01 h 50, le 20 février 2014

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