Le Liban a été frappé dans la nuit de samedi à dimanche par une série de séismes, dont l'épicentre se trouve dans la zone de Saïda : une première secousse, la plus puissante, d'une magnitude de 4 degrés sur l'échelle de Richter, a été ressentie au Liban-Sud, à Beyrouth et dans d'autres régions. Selon Alexandre Sursock, directeur du Centre de géophysique du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), cette première secousse a été suivie d'une seconde de 3,4 degrés, quarante minutes plus tard, puis d'une troisième de 3,2 degrés, trente minutes après. Trois autres secousses plus faibles ont été enregistrées à un rythme plus espacé.
« Nous ne pouvons pas parler, à ce stade, d'une crise sismique, a-t-il dit à L'Orient-Le Jour. Inévitablement, en cas de séismes de magnitude quatre ou plus, nous suivons de près l'évolution de la zone qui a tremblé durant une période de 48 heures. Nous craignons soit la transformation du phénomène en crise sismique (longue série de secousses), soit l'avènement d'un séisme plus puissant, de magnitude 5 ou 6 degrés. Ce qu'on peut dire après plusieurs heures d'observation (hier en fin d'après-midi), c'est que la vague de séismes semble s'être calmée. Il se peut que la croûte terrestre ait relâché toute la tension au cours de cette première rupture. »
Alexandre Sursock nous indique que « la région de l'épicentre du tremblement de terre est une zone étroitement observée tout au long de l'année, car elle est le théâtre d'une activité continuelle de bas niveau ».
À noter que la secousse a semé la panique, notamment dans la région de Saïda où nombre d'habitants ont préféré descendre dans la rue et y demeurer une partie de la nuit. Des messages alarmistes circulant sur Internet ont ravivé les craintes, bien que non fondés sur des critères scientifiques. Le Centre de géophysique du CNRS, dès son premier communiqué, avait appelé « à ne pas s'inquiéter », même si la vigilance reste de mise en pareil cas.
Le centre pourrait « fermer ses portes »
C'est pour une autre raison, cependant, qu'Alexandre Sursock, qui a soufflé dernièrement ses quarante bougies au Centre de géophysique, considère qu'un pareil séisme « est survenu à un très mauvais moment ». « Le gouvernement fait des coupes dans le budget de notre centre chaque année, déplore-t-il. Plusieurs de nos stations régionales ne sont plus opérationnelles. Nous n'arrivons pas à financer l'entretien de notre matériel ni à le remplacer quand il est déficient. Notre activité est en déclin, nous ne sommes plus capables de faire les calculs que l'on faisait encore il y a deux ans. Nous ne pouvons pas, à titre d'exemple, préciser avec certitude sur quelle faille a eu lieu le tremblement de terre. »
Il ajoute : « Je mets en garde contre le fait que ce centre pourrait fermer ses portes cette année si aucun changement ne survenait. Si la situation demeure telle quelle, nous ne pourrons tout simplement plus assumer nos responsabilités et répondre aux questions de la population. » À n'en pas douter, les autorités considèrent le risque sismique au Liban comme une affaire secondaire...
Consolider les vieux bâtiments...
Le séisme de la nuit de samedi à dimanche a suscité une réaction pour le moins inattendue de la part du syndicat des propriétaires de terrains et de bâtiments de location. Les membres du conseil de ce syndicat, réunis hier pour discuter de la nouvelle loi sur les loyers, ont estimé que « le séisme de 4 degrés sur l'échelle de Richter qui a frappé le Liban est un avertissement qui doit pousser l'État à redonner aux propriétaires des anciens bâtiments, qui menacent de s'effondrer, la capacité de les rénover ».
Dans son communiqué qui appelle les députés à ne pas signer un recours contre la nouvelle loi, revendiqué par des rassemblements de locataires mécontents, le syndicat fait assumer « à l'État, et au Parlement plus spécifiquement, la responsabilité de l'effondrement de tout vieux bâtiment, au cas où cette loi ne serait pas appliquée prochainement ».
Pour mémoire
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11 h 35, le 07 juillet 2014