Tammam Salam recevant Arthur Nazarian. Photo Dalati et Nohra
Les membres de la commission ad hoc chargée de la rédaction du projet de déclaration ministérielle du nouveau gouvernement vont se réunir aujourd'hui pour la septième et probablement dernière fois ; à moins d'un impondérable. Il s'agira pour eux de finaliser le texte, avant de le soumettre à l'approbation du Conseil des ministres.
Le président de la République, Michel Sleiman, a exprimé hier son souci de voir la déclaration ministérielle adoptée au plus tôt. En effet, le temps presse. Le gouvernement tarde à se mettre au travail alors même que sa durée de vie est censée par définition être limitée ; que, par ailleurs, la situation sécuritaire et géopolitique du pays est loin de s'améliorer ; et qu'enfin, d'importantes échéances doivent être honorées dans les jours et les semaines qui viennent.
La première de ces échéances est la conférence qui doit réunir les 5 et 6 mars à Paris les membres du groupe international de soutien au Liban pour débattre des trois volets de l'aide à ce pays : le soutien à l'armée libanaise, la relance de son économie et le lourd dossier des réfugiés syriens.
Dès lors, il est facile de comprendre les raisons qui poussent le président Sleiman à souhaiter l'accélération de la prise en charge de ses fonctions par le gouvernement. On imagine mal, en effet, le nouveau cabinet libanais débarquer à Paris pour discuter de l'aide que doit lui apporter la communauté internationale à l'heure où lui-même se débattrait encore dans un vaste chantier de grammaire et de vocabulaire arabes à l'unique fin de pouvoir satisfaire verbalement toutes les parties qui le composent.
De même il paraît déplacé, aux yeux de tous, que ces joutes sémantiques se poursuivent inconsidérément à l'heure où les terroristes continuent de sévir contre les régions chiites, que le Hezbollah participe activement à une terrible bataille qui se déroule à notre frontière orientale et que, last but not least, Israël se croit dans l'obligation d'y fourrer son nez.
Il semble bien que ce soit le cas, à en croire des sources concordantes. La frappe israélienne, tard dans la soirée de lundi, aurait ainsi ciblé une position du Hezb en action à partir du territoire libanais contre le réduit de l'opposition syrienne à Yabroud.
Dans les milieux du parti de Dieu et du 8 Mars en général, on cherche naturellement à accréditer la thèse selon laquelle cette frappe serait une preuve de l'alignement de l'État hébreu aux côtés de l'opposition syrienne. Mais d'autres sources n'en croient rien. Elles attribuent la frappe uniquement au fait que des armes sophistiquées auraient été utilisées par le Hezb dans cette position, des armes qui entreraient dans la catégorie « prohibée » par Israël sur le territoire libanais.
Ces sources avancent le chiffre de quatre tués parmi les servants de cette position du parti chiite.
Pour en revenir à nos « grammairiens » de la commission ministérielle, il est donc clair que, pour toutes les raisons avancées ci-dessus, ils s'apprêtent à bâcler leur texte. Il restera néanmoins la possibilité pour chacune des parties concernées de tenter de s'en tirer en actionnant le système des « réserves », qui est d'ailleurs tout aussi fictif et inconsistant que le reste.
(L'éclairage de Scarlett Haddad : Le double message du mystérieux raid israélien)
Les dernières trente-six heures ont vu une intensification du travail d'affinement des formules proposées pour chacun des thèmes litigieux, principalement sur l'impulsion de Nabih Berry et de Walid Joumblatt, transformés pour l'occasion en alchimistes des phrases bâtardes.
Un accord semble avoir été trouvé pour ce qui est du point concernant la déclaration de Baabda. La formule adoptée consisterait à faire référence à « la mise en œuvre des résolutions du dialogue national tenu au palais de Baabda ». Le Hezbollah serait ainsi satisfait parce que cette formule ne mentionne pas expressément la déclaration de Baabda et le 14 Mars y trouverait son compte parce que l'unique résolution adoptée par le dialogue national tenu au palais de Baabda, c'est justement la déclaration de Baabda...
Quant aux ministres proches du président Sleiman, qui avait particulièrement insisté sur la nécessité d'intégrer ce texte dans la déclaration ministérielle, ils joindraient leurs « réserves » à cette formule.
Sur le point de la « résistance », les choses s'annoncent plus difficiles. Le 14 Mars a finalement accepté que le terme honni soit remis une fois de plus au goût du jour, mais à condition qu'il soit suivi de la mention « sous l'égide de l'État ». Il n'en est pas question, a rétorqué le Hezbollah, pour lequel il n'est toujours pas de mise que l'État libanais s'ingère dans ses affaires autonomes. On en était là quand MM. Berry et Joumblatt s'y sont mêlés pour tenter de dégager un certain nombre de moutures de phrases pouvant entraîner l'adhésion, du moins partielle, des uns et des autres. Il est probable qu'une de ces formules finisse par passer aujourd'hui, quitte à ce que les protagonistes expriment leurs « réserves » sur ce qui ne leur conviendrait pas.
Anticipant sur les conclusions de la réunion d'aujourd'hui, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui s'est tenu jusqu'ici à l'écart de ce jeu, a souligné hier que les discussions en cours n'auguraient « rien de bon ». M. Geagea fait ainsi un pas de plus vers l'opposition au gouvernement, sans toutefois franchir pour le moment le Rubicon.
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Le président de la République, Michel Sleiman, a exprimé hier son souci de voir la déclaration ministérielle adoptée au plus tôt. En effet, le temps presse. Le gouvernement tarde à se mettre au travail alors même que sa durée de vie est censée par définition être limitée ; que, par ailleurs, la situation sécuritaire et géopolitique du pays est loin de s'améliorer ; et qu'enfin, d'importantes échéances doivent être honorées dans les jours et les semaines qui viennent.
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"Anticipant sur les conclusions de toutes ces réunions bidon, le chef des Oüééétes libanaises le Hakîm Samir Geagea, qui s'est comme de bien entendu tenu à l'écart de ce jeu de bonneteau, a souligné, et de toutes ses Forces, que les discussions en cours n'auguraient RIEN de bon." ! Bien vu Hakîm, bravo Samîr et Salut à Toi l'Ami !
16 h 41, le 28 février 2014