Samedi 20 Décembre 2014

Moyen Orient et Monde

Le lion et la souris...

Dans la presse israélienne
22/07/2014

Pourquoi le Hamas se lance-t-il dans une nouvelle guerre qu'il ne peut pas gagner ? Comment pense-t-il pouvoir lutter avec ses quelques roquettes et ses tunnels contre l'une des armées les plus puissantes au monde ? De la pure folie, voilà comment un observateur complètement étranger à l'histoire de ce conflit répondrait certainement à ces questions. Toutefois, la folie pourrait avoir ses explications. C'est en tout cas l'avis de Moshe Arens, ancien ministre israélien de la Défense et auteur d'un article dans le journal Haaretz intitulé « The Mouse that Roared » (la souris qui a rugi).

Dans cet article, M. Arens met en exergue sa vision de la stratégie qu'il qualifie de « diabolique » du Hamas. Une stratégie extrêmement bien huilée, si l'on en croit ses dires, qu'il est possible de résumer en trois étapes. La première est celle de l'infiltration des « terroristes » qui commettent des crimes sur le territoire israélien. La deuxième consiste à se réfugier auprès de la population civile et à dénoncer la monstruosité des frappes israéliennes qui tuent des centaines de personnes. Enfin, la troisième et ultime étape correspond, selon l'auteur, au cri de victoire au moment où Israël accepte le cessez-le-feu selon les conditions du Hamas. D'après lui, le Hamas compense son asymétrie sur le plan militaire vis-à-vis d'Israël par une asymétrie sur le plan humanitaire. En d'autres termes, peu lui importe le nombre de morts palestiniens à partir du moment où il y a quelques morts israéliens.


Toutefois, cette stratégie du Hamas se heurte, selon Moshe Arens, à trois limites : le drone antimissile, la détermination d'Israël à défendre ses civils et la politique de Abdel Fattah al-Sissi très clairement hostile au mouvement islamiste. Bien entendu, M. Arens écarte dès le départ les causes de cette situation où, effectivement et malheureusement, une vie palestinienne n'est pas égale à une vie israélienne. Pire encore, il fait porter au Hamas la responsabilité de la « tragédie du monde arabe », qu'il explique sans aucune nuance par l'influence de l'islam. À ce titre, il n'hésite pas à reprendre, à son compte et avec confusion, les vieilles théories du déterminisme culturel. Il n'est donc pas étonnant de lire ensuite son éloge de Sissi, « sauveur de la nation égyptienne », et de la Turquie kémaliste, unique modèle d'une société musulmane moderne.
Mais si l'auteur s'appuie autant sur ces généralités visant à présenter Israël comme le seul « rempart contre la barbarie islamiste », c'est parce qu'il semble ne pas pouvoir avancer d'autres arguments pour justifier la politique meurtrière et assumée du gouvernement israélien. Car, quelque machiavélique que soit la souris, c'est bien le lion qui finira par la manger...

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Quelle histoire !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE TITRE DE L'ARTICLE AURAIT DÛ ÊTRE : LE LION ET LA FOURMI... QU'ELLE SOIT ISLAMISTE C'EST UNE AUTRE QUESTION. ELLE S'EST INTRODUITE DANS SON OREILLE, L'IMPORTUNE ET LE REND FOU... TOUT COMME IL SE PASSE ACTUELLEMENT SUR LE TERRAIN. ET LE LION, RUGISSANT ET NE SACHANT PLUS Où DONNER DE LA TÊTE, NE POURRA POINT MANGER LA FOURMI !

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