Spécial législatives libanaises 2018

X

Liban

Henri Hélou : Le dossier économique est la porte d’entrée au dialogue sur des sujets litigieux

Interview express
04/05/2018

Candidat maronite indépendant du Rassemblement démocratique à Aley, au sein de la liste joumblattiste de « La réconciliation », Henri Hélou, député sortant, est convaincu que l’économie est la porte d’entrée au dialogue sur les sujets litigieux. Il estime que ces élections sont trop focalisées sur les enjeux politiques, sur les clivages surtout, et voit dans l’enjeu économique la possibilité de redresser le pays et d’engager des réformes de fond pour davantage de transparence dans la gouvernance, pour combattre la corruption aussi. À la condition, bien sûr, qu’il y ait une volonté politique ferme dans ce sens. Mais l’homme de dialogue et de négociation, qui se dit soucieux de changement, garde espoir. Il veut voir « le verre plein » – même s’il ne perd pas de vue les problèmes endémiques qui minent la classe politique –, avec l’arrivée probable de nouvelles têtes au Parlement, dont des jeunes.

Quels sont, selon vous, les enjeux politiques de ces législatives ?
Dès le 7 mai, c’est le dossier économique qui aura la priorité. Avec la conférence CEDRE et les 11 milliards de dollars injectés en prêts et donations, la communauté internationale a fait part de sa confiance dans le pays. Nous avons aujourd’hui la possibilité de remonter la pente, d’engager un redressement économique. En tant qu’homme politique soucieux de changement et de réformes de fond, j’estime que la CEDRE est claire : ces fonds sont disponibles sous condition de réformes, de transparence, de lutte contre la corruption. Ce qui nous permettra de financer des projets d’infrastructure liés à l’électricité, aux déchets, aux routes, notamment. Cela me donne espoir, d’autant que nous avons les armes nécessaires pour rebâtir l’économie. Mais il faut réaliser que tous les Libanais sont dans le même bateau. Que c’est bien leur dernière chance, sur le plan économique. D’où la nécessité d’un consensus clair sur l’économie, d’une volonté ferme de toutes les parties, dans l’objectif de remettre le pays sur pied. Il ne reste plus qu’à voir comment le prochain gouvernement va lancer les réformes, gérer son budget, améliorer la gouvernance.


(Lire aussi : Pierre Bou Assi : Le Hezbollah a un potentiel de conduite qui le rend dangereux


Durant votre mandat, quelles ont été vos priorités et quelles seront vos priorités si vous êtes réélu ?
Depuis ma plus tendre enfance, je suis une personne de dialogue, et je le resterai. Je suis conscient qu’on ne peut résoudre le clivage politique actuel du jour au lendemain. Mais je veux poursuivre le dialogue constructif avec toutes les personnes et parties concernées, en étant proactif, dans le sens d’une ouverture totale et complète avec toutes les parties. Au lieu de mettre sur l’agenda les désaccords, j’estime qu’il faut partir des dossiers sur lesquels toutes les parties se retrouvent, afin de relancer le dialogue, dans un esprit de modération. C’est non seulement mon propre credo, mais aussi la ligne de conduite de la Rencontre démocratique à laquelle j’appartiens. Nous avons toujours maintenu le dialogue avec toutes les parties politiques libanaises. Cela permet de renouer la confiance. Il ne faut pas oublier que le Chouf-Aley est une région qui abrite différentes communautés religieuses et qui est entourée de régions mixtes sur le plan communautaire. Nous avons donc l’obligation de dialogue entre druzes, sunnites, chiites et chrétiens… Et si les disputes ont entravé les dossiers des déchets et de l’électricité, le dossier du pétrole s’est conclu par une réussite. C’est pourquoi je reste persuadé que le dossier de l’économie peut être la porte d’entrée au dialogue constructif sur les points litigieux. Car la récession économique touche tous les Libanais sans exception. Bien entendu, à ces priorités s’ajoutera mon souci de contribuer au développement de ma région, comme je l’ai toujours fait.

Comment envisagez-vous de résoudre les grands dossiers, notamment les armes du Hezbollah, la relation des autorités avec le régime syrien, la position du Liban vis-à-vis de la crise régionale ?
Le Liban ne peut régler à lui seul le problème de l’arsenal du Hezbollah, s’il n’existe pas de solution globale. Et ce dans une région en ébullition, qui risque d’être restructurée, dont les rênes sont aujourd’hui tenues par les principales forces internationales. Il en est de même du problème du retour des réfugiés syriens, qui doit être résolu à travers les Nations unies, selon un plan global, car on ne peut renvoyer les réfugiés vivre dans des zones totalement détruites. C’est la raison pour laquelle j’insiste sur la nécessité de faire preuve de réalisme, d’aborder en premier les problèmes qui font la quasi-unanimité. Cela n’empêche pas d’engager un dialogue franc avec le Hezbollah.
Concernant le régime syrien, un régime qui assassine sciemment son peuple n’a pas droit au chapitre, indépendamment de l’usage des armes chimiques. Toute relation avec lui est donc inacceptable.
Quant à la position du Liban vis-à-vis de la crise régionale, il est nécessaire d’après moi de ne pas occulter le contexte régional, ni le fait que les pays du Golfe accueillent près d’un demi-million de travailleurs libanais. Il ne faut jamais oublier, de plus, que ces pays ont ouvert leurs portes aux Libanais durant la guerre. D’où la nécessité de respecter la distanciation positive.



Retour à la page d’accueil

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE DOSSIER ECONOMIQUE C,EST LE GATEAU DES PARTAGES ! PRIORITE A LA SECURITE ET A LA SUPPRESSION DE LA CORRUPTION POUR QUE LES DOSSIERS ECONOMIQUES PUISSENT ETRE DEBATTUS, AGREES ET APPLIQUES !

Zovighian Michel

Je suis parfaitement d’accord avec M. Hélou que notre priorité principale pour les prochaines années devrait être de relancer l’économie. Il ne suffira pas d’injecter 11 milliards de dollars pour redresser la situation économique du pays.

Il se fait que la majorité des candidats aux prochaines élections n’ont ni la vision ni le savoir-faire pour contribuer effectivement à résoudre nos gros problèmes économiques.

Il faut aller aux urnes pour rejeter les corrompus et élire les compétents. Et il ne faut surtout pas oublier de rejeter les prétentieux qui ont montrés de la compétence tout en étant corrompus.

Henri Hélou : Le dossier économique est la porte d’entrée au dialogue sur des sujets litigieux

04/05/2018

Le député sortant Henri Hélou, ici dans les locaux de « L’Orient-Le Jour », est candidat au siège maronite de Aley sur la liste joumblattiste. Photo A.-M.H.

Interview express

Anne-Marie El-HAGE | OLJ

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

Retour à la page d’accueil
Commenter

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.
Merci.

Voir toutes les réactions
L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE DOSSIER ECONOMIQUE C,EST LE GATEAU DES PARTAGES ! PRIORITE A LA SECURITE ET A LA SUPPRESSION DE LA CORRUPTION POUR QUE LES DOSSIERS ECONOMIQUES PUISSENT ETRE DEBATTUS, AGREES ET APPLIQUES !

Zovighian Michel

Je suis parfaitement d’accord avec M. Hélou que notre priorité principale pour les prochaines années devrait être de relancer l’économie. Il ne suffira pas d’injecter 11 milliards de dollars pour redresser la situation économique du pays.

Il se fait que la majorité des candidats aux prochaines élections n’ont ni la vision ni le savoir-faire pour contribuer effectivement à résoudre nos gros problèmes économiques.

Il faut aller aux urnes pour rejeter les corrompus et élire les compétents. Et il ne faut surtout pas oublier de rejeter les prétentieux qui ont montrés de la compétence tout en étant corrompus.

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué