Spécial législatives libanaises 2018

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Législatives : taux de participation de 49,2 %, résultats définitifs dans les prochaines heures

Législatives 2018

"Je remercie les Libanais qui ont voté, et ceux qui n’ont pas voté ne devraient pas se plaindre à l’avenir", a lancé le ministre de l'Intérieur.

OLJ
06/05/2018

Les Libanais ont voté dimanche dans le cadre des premières élections législatives depuis 9 ans qui se sont déroulées dans un climat légèrement tendu, des débordements et infractions ayant été enregistrés dans plusieurs régions, malgré le déploiement d'entre 20 et 30.000 militaires pour assurer la sécurité de l'opération.

Le ministre libanais de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a annoncé à minuit que les résultats officiels et définitifs seraient connus dans les prochaines heures, lundi à l'aube, et indiqué que le taux de participation était de 49,2%. En 2009, le taux de participation s'élevait à 54%.


(Lire aussi : Législatives libanaises : les premiers noms de vainqueurs)


"Je remercie les Libanais qui ont voté, et ceux qui n’ont pas voté ne devraient pas se plaindre à l’avenir", a lancé M. Machnouk. "C’était une journée électorale blanche, malgré certaines infractions", s'est félicité le ministre de l'Intérieur.

"Nous avons accordé un délai supplémentaire pour voter car la loi électorale est nouvelle. Les électeurs mettent plus de temps à voter, et il y a eu beaucoup de retards dans certains bureaux de vote", a ensuite expliqué M. Machnouk.

Le faible taux de participation avait poussé le ministère l'Intérieur à accorder un dernier sursis aux électeurs, peu avant la fermeture des bureaux de vote. Il avait ainsi annoncé que les personnes qui se trouvaient encore à 19h "à l'intérieur ou dans le périmètre des bureaux de vote" étaient autorisées à participer aux législatives.


Cette décision est intervenue alors que le président de la République, Michel Aoun, ainsi que plusieurs dirigeants avaient exprimé leur inquiétude face au faible taux de participation, exhortant de nouveau les Libanais à voter massivement. 

"Après avoir suivi le déroulement du scrutin depuis ce matin, j'ai été surpris par le faible taux de participation. Je réitère mon appel : si vous souhaitez le changement et l'instauration d'une nouvelle manière d'exercer le pouvoir, vous devez exercer votre droit. Vous ne devez pas rater l'occasion qui se présente à vous grâce à la nouvelle loi électorale (...)", avait lancé le chef de l'Etat, dans un message télévisé diffusé vers 18h.

Le chef du Courant patriotique libre fondé par le président Aoun, Gebran Bassil, également ministre des Affaires étrangères, avait lui aussi appelé depuis le bureau du CPL à Jezzine les électeurs à se rendre aux urnes.

Le Hezbollah avait même demandé à ce que les bureaux restent ouverts deux heures supplémentaires. "La façon de voter nécessite davantage de temps et certains électeurs craignent de ne pas pouvoir voter" avant la fermeture des bureaux, avait expliqué le numéro deux du parti, le cheikh Naïm Kassem


"Argent électoral"
Peu après la fermeture des bureaux de vote, Gebran Bassil a accusé ses opposants d'avoir eu recours à "l'argent électoral" et mis en garde contre "des intimidations lors du dépouillement des voix". "Une nouvelle tendance est apparue lors de ces législatives : il s'agit de l'argent électoral. Mais le CPL n'était pas impliqué dans cela", a assuré M. Bassil, sans spécifier quels candidats auraient versé des sommes d'argents à des électeurs afin d'obtenir leur voix.

Le chef du CPL, qui a tenu un point de presse depuis les locaux de la machine électorale de son parti, a également fait état de "nombreux incidents prémédités", et a mis en garde contre "des intimidations lors du dépouillement des voix", appelant les délégués de sa formation à ne pas céder aux provocations.

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a lui aussi tenu un point de presse après la fermeture des bureaux de vote, et a évoqué le recours à "l'argent électoral", notamment à Zahlé. Il s'est en outre dit "optimiste" quant aux résultats attendus du scrutin.


(Témoignages : Paroles d'électeurs libanais : "Nous sommes heureux de pouvoir exercer enfin notre droit de vote")


Le vote des responsables
Dans la journée, les principaux responsables politiques ont voté dans la circonscription à laquelle ils sont rattachés.

Ainsi, le président Aoun, et son épouse Nadia se sont rendus à Haret Hreik, dans le caza de Baabda, pour voter. "Aujourd'hui, les Libanais participent à la plus importante opération nationale et politique", a déclaré le chef de l’Etat dans une courte allocution après avoir déposé son bulletin dans l'urne. "Les Libanais choisissent aujourd'hui les personnes qui les représenteront pendant quatre ans. Le Parlement est l'institution-mère de notre pays", a-t-il ajouté, appelant les citoyens à ne pas se départir de leur droit de vote. "Plus la participation sera importante, plus les députés seront comptables de leurs actions", a-t-il jugé. Interrogé sur son vote, le président Aoun a répondu : "Comment pouvez-vous me poser la question ? J'ai bien sûr voté pour le régime". Le chef de l'Etat s'est ensuite rendu au siège du ministère de l'Intérieur afin de suivre le déroulement du scrutin. Une réunion sécuritaire s'est par la suite tenue au sein du ministère, présidée par M. Aoun et en présence notamment du ministre Machnouk et du directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim. "Nous félicitons le ministère de l'Intérieur pour ses efforts", a-t-il déclaré dans une courte allocution, qualifiant de "très réussie" l'opération de vote. 


(Diaporama : Législatives libanaises : la journée de vote, en images)


Le Premier ministre Saad Hariri, qui conduit la liste de son parti, le Courant du Futur, dans la circonscription de Beyrouth II, a de son côté voté dans les locaux de l'école Chakib Arslane, dans le quartier de Verdun, dans la capitale. Avant d'entrer dans le bureau de vote, il a été interpellé par un groupe de personnes âgées et à mobilité réduite qui se plaignait des difficultés à voter. "Pour les prochaines élections, nous mettrons en place toutes les dispositions nécessaires pour que vous puissiez le faire", a répondu M. Hariri, protégé par plusieurs agents de sécurité puis chaleureusement applaudi par des partisans. Après avoir déposé son bulletin de vote, le Premier ministre a remercié les organisateurs du scrutin, soulignant que le gouvernement a déployé beaucoup d'efforts pour sa réussite. Il a affirmé que ces élections sont démocratiques, servent les intérêts des Libanais, et qu'il ne craignait pas une tension sécuritaire.

Le président de la Chambre, Nabih Berry, lui-même candidat aux élections législatives dans la circonscription du Liban-Sud II (Tyr-Zahrani), et son épouse Randa, ont voté à Tebnine, dans le caza de Bint Jbeil.


(Lire aussi : Législatives : des centaines de violations de la loi électorale relevées)


Taymour Joumblatt, fils du leader druze Walid Joumblatt et candidat à l'un des deux sièges druzes dans le Chouf, a voté dans les locaux de l'école Kamal Joumblatt à Moukhtara, en compagnie de son colistier, le candidat grec-catholique Nehmé Tohmé. Le chef chrétien du Liban-Nord, Sleimane Frangié, qui ne se présente pas, a voté à Zghorta. Il a laissé sa place à son fils, Tony Frangié, qui conduit la liste du courant Marada dans la circonscription du Liban-Nord III. Le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a voté à Batroun, où il est candidat à l'un des deux sièges maronites du caza. Et le chef des Kataëb Samy Gemayel a voté à Bickfaya, dans le Metn. Le chef du Parti démocratique libanais, Talal Arslane, candidat dans le caza de Aley, dans la circonscription du Mont-Liban IV (Chouf-Aley), a également voté.  Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui n'est pas candidat, a pour sa part voté en début d'après-midi, à Bécharré (circonscription du Liban-Nord III).





Les principaux dignitaires religieux du pays se sont également exprimés. Ainsi, le patriarche maronite, Mgr Bechara Raï, a appelé les citoyens libanais à aller voter, affirmant "se rendre compte que la loi électorale comporte de nombreux aspects négatifs dont se plaignent les candidats et les électeurs". Le prélat maronite a par ailleurs souligné que "les Libanais se plaignent du fait que les ministères soutiennent les candidats de leur formation politique". Il a dans ce contexte invité à "empêcher le cumul des fonctions de député et de ministre". 

De son côté, le mufti de la République libanaise, cheikh Abdel Latif Deriane, a invité les électeurs à voter "pour l'intérêt du Liban". "Il s'agit d'une échéance nationale et démocratique par excellence", a déclaré le mufti Deriane à partir d'un bureau de vote à Beyrouth, appelant les citoyens libanais à participer massivement à ce scrutin et "voter en fonction de l'intérêt du Liban".

Pour la première fois depuis l'indépendance du Liban, ces élections se sont déroulées selon le mode de scrutin proportionnel. Les électeurs avaient le choix entre plusieurs listes fermées. Ils ne peuvaient voter que pour une seule liste, au sein de laquelle ils pouvaient accorder un seul vote préférentiel à un candidat se présentant au sein de leur caza.

Les électeurs étaient appelés à désigner les 128 nouveaux députés du Parlement. Ils doivent choisir entre 597 candidats, répartis sur les 77 listes en lice dans 15 circonscriptions comprenant 23 cazas. Depuis 2009, les parlementaires ont prorogé leur propre mandat à trois reprises, en 2013, 2014 et 2017, en invoquant notamment des risques sécuritaires. Les résultats officiels doivent être annoncés lundi.


(Tous nos articles concernant les législatives sont dans cet espace dédié)


Deux retraits à la veille du scrutin
Dans la nuit de samedi à dimanche, deux candidats avaient annoncé le retrait de leur candidature. Il s'agit de Jihad Youssef, candidat sunnite à Denniyé sur la liste "Al-Azm" conduite par l'ancien Premier ministre Najib Mikati dans la circonscription du Liban-Nord II (Tripoli, Minié, Denniyé), qui a annoncé son retrait "en concertation avec le Premier ministre Saad Hariri". Et de Rami Ollaik, candidat chiite à Nabatiyé sur la liste "Ras-le bol des paroles", soutenue par les Forces libanaises, dans la circonscription du Liban-Sud III (Bint Jbeil, Nabatiyé et Marjeyoun-Hasbaya).  

Jeudi, les fonctionnaires libanais, dont ceux qui sont mobilisés en ce jour de scrutin, avaient voté. Et la semaine dernière, 82.970 Libanais de la diaspora ont pu voter pour la première fois vendredi dans six pays arabes, et dimanche, dans le reste du monde. Environ 59% des Libanais résidant à l'étranger se sont déplacés. Les urnes scellées contenant les bulletins de vote des fonctionnaires et de la diaspora, entreposées dans les locaux du siège de la Banque du Liban, seront transportées dans les circonscriptions correspondantes et dépouillées en même temps que les suffrages du reste des votants.





Reportages
À Zahlé, un scrutin d’une grande lenteur et des échauffourées interchrétiennes

Raz-de-marée bleu à Tarik Jdidé


Repère
Retour sur les scrutins de 2005 et 2009


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tout cela pour çà ?
tout le monde s'est plein de n'avoir pas eut d'élection, et voilà le résultant !!!

Wlek Sanferlou

Inchallah que le Liban en sortira vainqueur!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA FAIBLE PARTICIPATION DES ELECTEURS... EXCEPTION FAITE DE CEUX AFFILES AUX DEUX MILICES... AVANTAGERA ENORMEMENT CES DEUX DERNIERES ET OUVRIRA GRANDE LA PORTE DE LA MAINMISE ! LE REVEIL DES ELECTEURS NATIONAUX EST DE RIGUEUR ET NECESSAIRE... NE LIVREZ PAS LE PAYS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARTICIPATION FAIBLE !

Le Herisson

"renouvellent" c'est trop dire..... attendons les resultats!

RE-MARK-ABLE

Que le meilleur gagne et nous protège des dangers extérieurs.

ON sait qui est il .

Bustros Mitri

La loi électorale la plus bancale de l’histoire du pays depuis l’independance. Un sytème qui n’existe nulle part. Tout comme la règle du consensus dans la gestion des affaires du pays. Ni gouvernement , ni opposition. Une camisole forcée, mettant ensemble des partis qui n’ont rien en commun.

Législatives : taux de participation de 49,2 %, résultats définitifs dans les prochaines heures

06/05/2018

Les Libanais ont voté dimanche dans le cadre des premières élections législatives depuis 9 ans qui se sont déroulées dans un climat légèrement tendu, des débordements et infractions ayant été enregistrés dans plusieurs régions. AFP / ANWAR AMRO

Le président libanais Michel Aoun suivant du palais de Baabda le taux de participation aux législatives, peu avant de s'adresser aux Libanais dans un message enregistré, le dimanche 6 mai 2018. Photo Dalati et Nohra

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, dimanche 6 mai 2018, à Batroun, au Liban-Nord. AFP / IBRAHIM CHALHOUB

Le président libanais Michel Aoun déposant son bulletin de vote à Haret Hreik, dans le caza de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre libanais Saad Hariri après avoir voté dans les locaux de l'école Chakib Arslane, dans le quartier de Verdun, dans la capitale, dans le cadre des élections législatives sur l'ensemble du territoire libanais, dimanche 6 mai 2018. REUTERS/Jamal SaidiREUTERS/Jamal Saidi

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, attendant son tour pour voter dans les locaux de l'école Chakib Arslane, dans le quartier de Verdun, dans la capitale, dans le cadre des élections législatives sur l'ensemble du territoire libanais, dimanche 6 mai 2018. REUTERS/Jamal Saidi

Un Libanais votant, dimanche 6 mai 2018, à Byblos, dans le nord de la capitale. AFP / Joseph EID

Plus de 3,6 millions de Libanais habitant sur le territoire national sont appelés aujourd'hui dimanche 6 mai 2018 aux urnes pour les premières élections législatives depuis 9 ans. REUTERS/Aziz Taher

Législatives 2018

"Je remercie les Libanais qui ont voté, et ceux qui n’ont pas voté ne devraient pas se plaindre à l’avenir", a lancé le ministre de l'Intérieur.

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Wlek Sanferlou

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LA FAIBLE PARTICIPATION DES ELECTEURS... EXCEPTION FAITE DE CEUX AFFILES AUX DEUX MILICES... AVANTAGERA ENORMEMENT CES DEUX DERNIERES ET OUVRIRA GRANDE LA PORTE DE LA MAINMISE ! LE REVEIL DES ELECTEURS NATIONAUX EST DE RIGUEUR ET NECESSAIRE... NE LIVREZ PAS LE PAYS !

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"renouvellent" c'est trop dire..... attendons les resultats!

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Bustros Mitri

La loi électorale la plus bancale de l’histoire du pays depuis l’independance. Un sytème qui n’existe nulle part. Tout comme la règle du consensus dans la gestion des affaires du pays. Ni gouvernement , ni opposition. Une camisole forcée, mettant ensemble des partis qui n’ont rien en commun.

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