Spécial législatives libanaises 2018

X

À La Une

"Et ça recommence!" : les sœurs Keserwany refont le buzz à quelques jours des législatives

Liban

"Nous voulons tout simplement montrer qu'il y a des gens dans ce pays qui ne sont pas dupes, qu'il y a une résistance", explique Michelle Keserwany à l'OLJ.

J.A.R. | OLJ
30/04/2018

A quelques jours des élections législatives du 6 mai sur le territoire libanais, les sœurs Michelle et Noël Keserwany, qui forment depuis huit ans un duo de jeunes artistes engagées dénonçant avec malice les injustices dans le pays, ont sorti vendredi leur nouveau clip "Men3id w men3id" - 'Ça recommence!' en arabe -, une chanson-manifeste contre la classe politique et pour le réveil des citoyens.

Réalisée par Samir Syriani, Rami Lattouf et le producteur musical Karim Khneisser, ce dernier opus, finalisé en seulement trois semaines, ressemble aux précédentes chansons des sœurs Keserwany : inspiré et corrosif, esthétique et sans concession, coloré et fédérateur.

La chanson commence par les premiers mots de la formule du président Michel Aoun, 'Ô grand peuple du Liban", coupée par l'une des deux jeunes chanteuses qui lance, ironique : "Pendant un instant, j'ai cru que j'étais grand". "Je ne m'occupe pas de politique, ni de mon salaire ou des taxes que je paie, ni du prix de l'essence, ni des offres d'emploi, ni de savoir si je reste au Liban ou si je dois perdre espoir, ni de l'air que je respire, ni des embouteillages (...) Si je ne m'occupe pas de politique, la politique s'occupera de moi", disent les jeunes filles dans cette chanson qui appelle les électeurs à la mobilisation.

"Ils se réunissent pour s'accorder sur le fait qu'ils sont en désaccord et touchent leur salaire jusqu'à leur mort (...) Ils se disputent pour s'armer à nouveau. Non ! Pour se réconcilier", chantent-elles également dans ce clip dont le tournage a été supervisé par les réalisateurs Nadine Labaki, Amin Dora, Dania Bdeir et Ely Dagher.



Lundi, soit trois jours après sa publication, la vidéo comptait déjà près de 300.000 vues sur les réseaux sociaux.

"Même si notre but n'était pas forcément de porter un message politique grandiloquent, nous voulons tout simplement montrer qu'il y a des gens dans ce pays qui ne sont pas dupes, qu'il y a une résistance, notamment face aux slogans des formations politiques qui valent ce qu'elles valent, et aux dépenses pharaoniques faites dans cette campagne", explique Michelle Keserwany, contactée par L'Orient-Le Jour. "Nous disons également que les citoyens doivent aller voter. Même si, au final, le résultat de ces élections ne répond pas aux attentes, il faut bien commencer quelque part et ça passe par là", ajoute-t-elle. "Nous ne voulons pas que nos proches émigrent. Nous voulons payer des taxes et jouir de nos droits et de services en retour. Nous voulons un gouvernement démocratique qui traite équitablement ses citoyens qui doivent respecter la loi", déclare de son côté Noël Keserwany.   

Il s'agit de la 4ème chanson politique du duo après 'Jagal el USEK', sorti en 2010, qui caricaturait avec humour un frimeur étudiant ; '3al jamal bi wasat Beirut', sorti en 2012, qui montrait les deux sœurs se baladant à dos de chameau dans les rues du centre-ville de la capitale; 'Panique bel Parlement', sorti en 2013 et tournant en dérision une séance plénière de la Chambre; et 'Zaffatleh el-Tarik', sorti en 2016 avant les municipales, qui s'en prend aux élus et à leurs promesses.  


Pour mémoire

Les sœurs Keserwany récidivent

Quand la campagne municipale se fait musicale

« Zaffatleh el-Tarik », pour dénoncer la corruption et le suivisme aveugle au Liban

Michelle et Noël Keserwany, dites-le en musique !


Retour à la page d’accueil

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Le Faucon Pèlerin

La formule du beau-père de Gébran Bassil "Ô grand peuple du Liban" lui fut inspirée par la formule de Hassan Nasrallah "Ya achraf én-Nass". Ma hadan, ahsan mén hadan.

"Et ça recommence!" : les sœurs Keserwany refont le buzz à quelques jours des législatives

30/04/2018

Capture d'écran du clip de la chanson "Men3id w men3id".

Liban

"Nous voulons tout simplement montrer qu'il y a des gens dans ce pays qui ne sont pas dupes, qu'il y a une résistance", explique Michelle Keserwany à l'OLJ.

J.A.R. | OLJ

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

Retour à la page d’accueil
Commenter

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.
Merci.

Voir toutes les réactions
Le Faucon Pèlerin

La formule du beau-père de Gébran Bassil "Ô grand peuple du Liban" lui fut inspirée par la formule de Hassan Nasrallah "Ya achraf én-Nass". Ma hadan, ahsan mén hadan.

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué