Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Nadim Gemayel : La souveraineté de l’État, passage obligé pour s’attaquer aux dossiers socio-économiques

Législatives 2018 - interview express
28/04/2018

Candidat au siège maronite de la circonscription de Beyrouth I (Achrafieh – Rmeil – Medawar – Saïfi), Nadim Gemayel se présente sur la liste Beyrouth I, formée par les Kataëb, les Forces libanaises, Michel Pharaon et des candidats indépendants. Fils du président de la République assassiné, Bachir Gemayel, porte-étendard du souverainisme, il est député depuis 2009 et assure qu’il continuera à lutter à un double niveau : rétablir la souveraineté et l’autorité de l’État, car il s’agit là, pour lui, d’un passage obligé pour réaliser des objectifs socio-économiques vitaux tels que la décentralisation, l’assurance-vieillesse, les projets de développement d’Achrafieh, ou aussi la modernisation des programmes pédagogiques afin qu’ils soient en phase avec les technologies de pointe. Nadim Gemayel répond sur ce plan aux questions de L’Orient-Le Jour.

Dans quel domaine particulier avez-vous principalement axé votre activité parlementaire au cours de votre mandat ?
Tout au long des neuf années de ma vie parlementaire, je n’ai cessé de batailler pour défendre les valeurs de souveraineté, d’indépendance et de liberté, sans lesquelles un État ne peut s’édifier. J’ai âprement défendu la Constitution, m’opposant aux agissements et pratiques qui allaient à son encontre, tel le torpillage des séances électorales ayant empêché pendant près de deux ans et demi l’élection d’un président de la République. Je me suis battu aussi contre les armes illégales qui constituent une entorse à la Loi fondamentale et qui affaiblissent l’État.
Parallèlement au domaine politique proprement dit, mon action au plan législatif a été axée sur les travaux de la commission de l’Administration et de la Justice au sein de laquelle j’ai œuvré à l’élaboration de nombre de textes de loi, planchant notamment – pour ne citer rapidement que quelques exemples – sur des amendements au code du commerce, ainsi que sur la loi relative aux anciens loyers, la loi antitabac, la loi sur la censure des films, et des lois sur la formation pédagogique aux nouvelles technologies dès le stade scolaire.
Avec les autres députés Kataëb, j’ai planché sur les dossiers de corruption et je me suis opposé à la hausse des taxes ainsi qu’à la loi du budget 2018, du fait que celle-ci est susceptible d’accroître le déficit budgétaire jusqu’à hauteur de 90 milliards de dollars. Nous avons parfois réussi à entraver l’adoption de lois que nous jugions injustes, alors que pour d’autres lois nous n’y sommes pas parvenus, mais nous continuerons à lutter pour nos principes.
Et Nadim Gemayel d’ajouter : « J’ai en outre œuvré longuement à la mise en chantier de projets de développement communautaire et de plans d’aménagement de rues piétonnes et de réaménagement de la place Sassine, dans le cadre d’Achrafieh 2020.
 « Aujourd’hui, il est vital de moderniser les institutions, d’autant que l’administration étatique est confrontée à beaucoup de bureaucratie, de clientélisme, d’archaïsme et de médiocrité, qui entravent la modernisation requise. Je continuerai à œuvrer, dans le cadre du parti, afin de surmonter les obstacles qui se dressent sur ce plan. Je suis en outre déterminé à poursuivre mon action afin de faire aboutir certains dossiers à caractère socio-économique qui sont cruciaux pour les Libanais. Je pense plus particulièrement à ce propos à la décentralisation élargie qui favoriserait un meilleur développement des communautés aux quatre coins du pays, ainsi qu’à l’important régime d’assurance-vieillesse qui garantirait un niveau de vie digne aux retraités, sans compter l’adaptation des programmes scolaires et universitaires aux défis de la mondialisation à travers la formation des jeunes aux nouveaux métiers du numérique, de la biotechnologie et de la nanotechnologie. Si je suis élu, tels seront quelques-uns de mes objectifs prioritaires. »


(Lire aussi : Mahmoud Awad : L’identité de Jbeil dépend des choix des électeurs chrétiens)



Dans quelle mesure avez-vous réussi à établir une coopération avec des députés de blocs adverses ?
 J’ai coopéré avec les députés du camp adverse dans le cadre des relations parlementaires, débattant avec eux au sein des commissions lorsqu’il s’agissait d’examiner des textes de lois favorables à l’intérêt des Libanais. Mais la coordination entre nous s’est limitée à cet aspect parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs et idéaux. Je crois que la différence réside dans le fait que je suis un homme attaché à mes principes dont je ne suis pas prêt de me défaire aussi facilement que d’autres.
Au niveau constitutionnel et national, mes opposants politiques défendent la dualité de la force armée, prônant la coexistence de l’armée et de la milice du Hezbollah, tandis que pour moi le principe du monopole étatique de cette force est irréfutable dans tout pays qui se veut souverain et indépendant.
Sur le plan économique, je suis pour le libéralisme et pour une ouverture totale du marché à la privatisation, et je défends le partenariat entre les secteurs public et privé. Les partis au pouvoir et le régime actuel estiment, eux, que l’État doit prendre en charge des secteurs vitaux tels que Électricité du Liban, les télécommunications, la gestion des déchets, ou encore les transports publics. Il apparaît donc évident que la coopération avec les blocs relevant de ces partis n’a pas toujours été aisée.


(Lire aussi : Charbel Nahas : Restaurer la légitimité de l’État comme État laïc)


Dans quelle mesure votre longue expérience parlementaire a-t-elle eu pour conséquence de modifier ou de faire évoluer quelque peu votre perception de la situation dans le pays et votre position par rapport au camp adverse ?
Ma perception de la situation du pays a évolué dans le sens où elle s’est renforcée, tant du fait de la maturité politique que j’ai acquise que du fait que la situation s’est davantage détériorée. Nous nous trouvons face à une dégradation de l’autorité de l’État due à une consolidation du mini-État de fait accompli, et c’est fort de cette constatation que je suis de plus en plus convaincu que le combat doit se situer en priorité au niveau du recouvrement de la souveraineté d’un État libre et juste, en vue d’un Liban meilleur pour nous et nos enfants, car pour que l’État puisse agir de manière efficace, il est nécessaire que sa souveraineté et son autorité ne soient pas systématiquement bafouées par le mini-État.

Question du lecteur : Quels auraient été, selon vous, les conseils que votre père vous aurait prodigués s’il était encore en vie ?
 Je pense que la question ne se pose même pas, parce que si mon père était encore vivant, le pays n’aurait pas été dans cette situation, et je ne sais même pas si j’aurais eu besoin de m’investir dans la vie publique. Quoi qu’il en soit, je suis certain qu’il m’aurait conseillé de toujours foncer en vue de concrétiser tous les objectifs, projets et principes qui sont au centre de mes convictions et de mon action politique.


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Wlek Sanferlou

Des positions patriotiques et l'espoir de pouvoir foncer à la façon de Bashir, vers un avenir meilleur.
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Nadim Gemayel : La souveraineté de l’État, passage obligé pour s’attaquer aux dossiers socio-économiques

28/04/2018

Nadim Gemayel : « Souveraineté, décentralisation, développement d’Achrafieh, assurance-vieillesse, modernisation des programmes pédagogiques. »

Législatives 2018 - interview express

Claude ASSAF | OLJ

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