Législatives Libanaises 2018

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Liban

Rania Bassil, cardio-pédiatre, veut faire de la santé publique une priorité

Législatives 2018 - Portrait

La candidate à Jbeil, au sein de la liste Koullouna watani, fait part à « L’Orient-Le Jour » de son programme électoral.

25/04/2018

Rien ne présageait l’entrée en politique de Rania Bassil, cardio-pédiatre de 41 ans, passionnée de médecine, qui sillonne le pays pour soigner les enfants malades du cœur. Mise à part son obsession pour la santé publique... Et sa colère contre les autorités, municipalités comprises, qui continuent de brûler les déchets de manière anarchique, sans le moindre respect pour les personnes. Cette enfant de Fidar, nièce du banquier François Bassil, a grandi au bord de la mer. Son attachement fusionnel pour la grande bleue, pour le littoral libanais et ses belles plages, ne date pas d’hier. « Mais depuis la crise des déchets de 2015, tout a basculé dans ma vie », avoue-t-elle à L’Orient-Le Jour. Je ne pouvais rester passive face à cette catastrophe écologique que subit le pays. J’étais révoltée par l’humiliation infligée au citoyen. »

Il faut dire que Mme Bassil, épouse Eter, n’est rentrée au pays qu’en 2010, en famille, après des années de spécialisations à l’étranger, en cardio-pédiatrie, en réanimation postchirurgie cardiaque, à Toulouse, Paris et Miami, et suite à des études de médecine, couronnées d’une spécialisation en pédiatrie à l’Université Saint-Joseph. C’est alors qu’elle prend conscience des nombreux défis écologiques auxquels fait face le Liban. Son caractère altruiste, son attachement pour le pays et son désir de servir la société feront le reste. Elle est aujourd’hui candidate du parti Sabaa à l’un des sièges maronites de Jbeil, au sein de la liste Koullouna watani.


(Lire aussi : Lina Moukheiber, sur les pas du « Vieux Lion de la Montagne ») 



Les hôpitaux publics
Parallèlement à l’exercice de son métier, le Dr Bassil se lance donc dans le bénévolat. Sa mobilisation pour différentes causes médicales va de soi. Elle met ses compétences au service de l’association Heartbeat qui prend en charge et soigne les enfants souffrant de maladies cardiaques congénitales pour sensibiliser à la cause les élèves dans les écoles. Elle s’implique à Bourj Hammoud auprès du dispensaire Howard Karagozian au service de l’enfance démunie, réfugiée ou locale. Elle est membre active de la Rémy Rebeiz Young Heart Foundation dans le cadre d’une campagne de prévention contre l’arrêt cardiaque soudain chez les jeunes. Elle s’implique même dans la rédaction d’une proposition de loi pour que les lieux publics soient équipés de défibrillateurs. 

Pour la santé publique, Rania Bassil mijote des projets à profusion. Avec en priorité la réforme de l’hôpital public, afin d’améliorer la qualité des soins, et le développement de dispensaires dans tout le pays, susceptibles de délivrer les premiers soins d’urgence, histoire de désengorger les structures hospitalières. « Pour ce faire, il faut, d’une part, augmenter le budget des hôpitaux publics et, d’autre part, lutter contre la corruption », assure-t-elle.

C’est avec autant de ferveur que la candidate à l’hémicycle s’engage dans la lutte pour un environnement plus sain. « Il s’agit d’une question de santé publique et non seulement d’esthétique », explique-t-elle. Alors, avec des associations de défense de l’environnement, parmi lesquelles Recycle Lebanon, Waste Management Coalition… elle s’attelle au nettoyage de plages, à la sensibilisation des écoliers à un environnement plus sain, à la lutte contre l’utilisation des sacs en plastique, au tri des déchets à domicile. Elle milite ferme contre les dangers des dioxines qui se dégagent lors du processus d’incinération des déchets à ciel ouvert et met en garde contre l’achat d’incinérateurs par les autorités. Sans compter que « la nature des déchets des ménages libanais n’est pas adéquate à l’incinération », avertit-elle, insistant sur l’importance du tri au préalable.


(Lire aussi : Ragy el-Saad : Si les choses suivent leur cours actuel, nous allons tout perdre)



Donner le bon exemple
Sa nature curieuse la pousse même à observer de près la décharge du Costa Brava et autres dépotoirs, à dénoncer les fumées polluantes dégagées par les centrales électriques. « C’est un massacre. Nous n’avons plus rien à léguer à nos enfants », déplore-t-elle, rappelant le taux particulièrement élevé de cancers au Liban.
Même à Fidar et Jbeil, où elle a aménagé son bureau de campagne, elle déplore l’atteinte au littoral, les égouts qui se déversent dans la mer, les conséquences néfastes de la décharge de Hbaline, la bétonisation sauvage, la privatisation des plages et l’extrême timidité de la société civile.

C’est pour toutes ces causes, mais aussi contre les lois discriminatoires envers les femmes, que Rania Bassil présente sa candidature aux législatives. « Je veux devenir l’œil qui veille au Parlement », souligne-t-elle. Parce qu’il était aussi « hors de question » pour cette proche de Beyrouth madinati de rester à l’écart du scrutin. Parce qu’elle est convaincue que les Libanais ont toutes les compétences nécessaires pour trouver une solution à leurs problèmes. Encore faut-il qu’ils en aient la volonté. « Je me suis longtemps demandée où sont les femmes. J’ai fini par réaliser que j’en fais partie », dit celle qui tient par-dessus tout à « s’impliquer » en donnant à ses filles « le bon exemple ».


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Rania Bassil, cardio-pédiatre, veut faire de la santé publique une priorité

25/04/2018

Rania Bassil, épouse Eter, est candidate au siège maronite de Jbeil, au sein de la liste Koullouna watani. Photo fournie par la candidate

Législatives 2018 - Portrait

La candidate à Jbeil, au sein de la liste Koullouna watani, fait part à « L’Orient-Le Jour » de son programme électoral.

Anne-Marie El-HAGE | OLJ

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