Spécial législatives libanaises 2018

X

Liban

Akkar : le come-back politique... et électoral de Hariri ?

Législatives 2018 - Circonscriptions

En dépit du retrait de Khaled Daher, Achraf Rifi parvient à former une liste pour « affronter les proches du régime syrien ».

11/04/2018

On s’attend à une importante bataille électorale au Akkar. Et pour cause : la compétition dans cette circonscription est celle qui devrait opposer le courant du Futur aussi bien à ses partenaires qu’à ses adversaires, dans une circonscription longtemps considérée comme un de ses plus importants fiefs. 

Dans certains milieux politiques, on estimait récemment que la compétition pour les sept sièges du Akkar (trois sunnites, deux grecs-orthodoxes, un maronite et un alaouite) devrait permettre de mesurer les pertes du Premier ministre, Saad Hariri, si elles existent. Mais aujourd’hui, on se veut un peu plus optimiste. C’est à la faveur de cette logique qu’un observateur politique souligne à L’Orient-Le Jour que le chef du gouvernement a fait un « come-back » politique très important. Il en veut pour preuve l’appui saoudien dont il bénéficie de nouveau. Selon lui, les récentes conférences internationales pour le soutien au Liban sont, elles aussi, une preuve du retour en force de Saad Hariri. Et cela devrait certainement se faire sentir dans les urnes du Akkar. 

Cet optimisme est également de mise chez les Forces libanaises. En dépit des désaccords politiques observés entre la Maison du Centre et Meerab depuis la démission surprise de Saad Hariri annoncée le 4 novembre 2017 depuis Riyad, les deux partis sont parvenus à tisser une alliance électorale dans cette circonscription. À ce sujet, un cadre FL contacté par L’OLJ assure que sa formation est très réconfortée quant aux résultats des législatives prévues le 6 mai prochain. « Fortes de leur propre base populaire au Akkar, ainsi que de celle de Saad Hariri, les FL jugent garanti un des deux sièges grecs-orthodoxes de la circonscription », que brigue l’ex-général Wehbé Katicha, assure le proche de Samir Geagea. 


(Lire aussi : Harb met en garde contre la poudrière du vote des Libanais de l’étranger)


Le CPL... sans ses alliés 

Prié d’exposer les raisons de l’échec de sa formation à s’allier au CPL, le cadre FL explique d’abord que ce sont des calculs électoraux qui ont abouti à ce résultat. Il souligne toutefois que son parti entendait s’allier à son partenaire chrétien dans les circonscriptions où la présence chrétienne est relativement faible. Mais, selon lui, les aounistes ont refusé cette proposition. 

Du côté des haririens, on est plus réaliste. Joint par L’OLJ, Hadi Hobeiche, député sortant du Akkar qui brigue un nouveau mandat, souligne que son parti est conscient de l’importance de la bataille électorale au Akkar. Mais M. Hobeiche note, toutefois, que le Akkar est majoritairement favorable à Saad Hariri et ses choix politiques, soulignant que plusieurs listes en présence dans la circonscription ne parviendront pas à obtenir le coefficient électoral. Celui-ci s’élèverait à quelque 22 500 voix. « Notre liste comprend des personnalités connues et soigneusement choisies », indique le député sortant, avant d’estimer que la liste dont il fait partie pourra remporter cinq des sept sièges de la circonscription. « La liste du CPL pourrait remporter un des sièges grecs-orthodoxes, et celui des alaouites », note encore Hadi Hobeiche. 

Les aounistes, quant à eux, semblent déterminés à remporter au moins trois des sept sièges. Abandonnés par les FL et le Futur, ils n’ont pu tisser d’alliance qu’avec la Jamaa islamiya et quelques indépendants. Assaad Dergham, candidat CPL à l’un des sièges grecs-orthodoxes, met les points sur les i. « Nous avons conclu des accords politiques avec les FL et le Futur. Et nous nous présentons côte à côte avec le parti de M. Hariri dans la circonscription du Liban-Nord III (Zghorta-Bécharré-Koura-Batroun) », explique M. Dergham à L’OLJ, affirmant que son parti est sûr de remporter au moins l’un des deux sièges grecs-orthodoxes. Il précise toutefois qu’aucune des autres listes en présence, exception faite de celle parrainée par le Futur et les FL, ne parviendra à franchir le seuil électoral. 


Rifi face aux « proches du régime syrien »  

Les regards seront toutefois braqués également sur la liste parrainée par l’ancien ministre de la Justice Achraf Rifi, dans la mesure où celui-ci est un farouche opposant à Saad Hariri et ses choix politiques actuels. Dans les milieux proches de M. Rifi, on assure à L’OLJ que la liste parrainée par l’ancien ministre enregistre « de grands progrès », notant que le retrait du député Khaled Daher de la course électorale (au profit de la liste FL-Futur) a largement profité à Achraf Rifi. « La liste de nos adversaires inclut des proches du régime syrien. Nous les affronterons et les électeurs du Akkar voteront contre eux, comme ils l’on fait lors des législatives de 2005 et 2009 », note-t-on dans les mêmes milieux.


Les listes en présence au Akkar


Le Futur pour le Akkar

Mohammad Sleiman, Mohammad Merhebi et Walid Baarini (sunnites, courant du Futur) 

Hadi Hobeiche (maronite, courant du Futur) 

Khodor Habib (alaouite, courant du Futur) 

Wehbé Katicha (grec-orthodoxe, Forces libanaises) 

Jean Moussa (grec-orthodoxe, courant du Futur).


Le Akkar fort 

Jimmy Jabbour (maronite, CPL) 

Assaad Dergham (grec-orthodoxe, CPL) 

Mohammad Chédid (sunnite, Jamaa islamiya) 

Mohammad Yehya et Mohammad Hadara (sunnites, indépendants) 

Moustapha Hussein (alaouite, indépendant) 

Riad Rahal (grec-orthodoxe, député sortant du bloc du Futur). 


La décision pour le Akkar

Mikhaël Daher (maronite) 

Karim Racy (grec-orthodoxe, Marada)

Adnane Merheb, Hussein Masri et Wajih Baarini (sunnites, indépendants) 

Émile Abboud (grec-orthodoxe, PSNS) 

Hussein Salloum (alaouite, indépendant).


Le Liban souverain (parrainée par Achraf Rifi) 

Ahmad Jaouhar, Badr Ismaïl et Ibrahim Merheb (sunnites) 

Élie Saad et Joseph Wehbé (grecs-orthodoxes) 

Ziad Bitar (maronite) 

Mohammad Rustom (alaouite). 


Les femmes du Akkar 

Golay Assaad, Roula Mrad et Souad Salah (sunnites) 

Marie Khoury (maronite) 

Nidale Skaff (grecque-orthodoxe). 


La décision du Akkar (anciens généraux) 

Georges Nader (maronite) 

Kamal Khazaal, Ali Omar et Bassem Khaled (sunnites).


Pour mémoire

Akkar : entre ses alliés et ses adversaires... Hariri au pied du mur ?

Lire aussi

Rifi et Ahdab tirent à boulets rouges sur le Hezbollah

Pour la première fois au Liban, une liste 100 % féminine

Retour à la page d’accueil

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Akkar : le come-back politique... et électoral de Hariri ?

11/04/2018

Législatives 2018 - Circonscriptions

En dépit du retrait de Khaled Daher, Achraf Rifi parvient à former une liste pour « affronter les proches du régime syrien ».

Yara ABI AKL | OLJ

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

Retour à la page d’accueil
Commenter

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.
Merci.

Voir toutes les réactions
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué