Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Beyrouth I : les non-partisans se lâchent contre la classe politique traditionnelle

législatives 2018
OLJ
05/04/2018

Deux listes non partisanes et incomplètes ont tenu hier leur premier meeting à Achrafieh pour présenter leur programme électoral dans la circonscription de Beyrouth I (huit sièges à pourvoir, trois arméniens-orthodoxes, un arménien-catholique, un maronite, un grec-orthodoxe, un grec-catholique et un pour les minorités).
La première liste, baptisée Nous sommes Beyrouth, regroupe les candidats Serge TerSarkissian (député sortant, arménien-catholique), Sebouh Makhjian (arménien-orthodoxe), Michelle Tuéni (grecque-orthodoxe), Georges Sfeir (maronite) et Rafic Bazerji (minorités). La liste comptait auparavant un candidat pour le siège grec-catholique, l’avocat Nagib Lyan, qui s’est retiré de la course avant la date de dépôt des listes au ministère de l’Intérieur.
La liste a divisé son programme en deux parties. Au niveau micropolitique, elle vise notamment à créer un conseil municipal propre à la région de Beyrouth I, qui prône la préservation des bâtiments à caractère historique, la mise en place d’une loi sur les loyers préservant à la fois les droits des propriétaires et des locataires, l’élaboration d’un plan de transports en commun pour résoudre la crise de la circulation et d’un autre pour en finir avec la crise des déchets, la mise sur pied d’écoles publiques possédant un bon niveau éducatif et le soutien aux écoles privées. Sur le plan macropolitique, la liste plaide en faveur de la création d’un Sénat, la mise en place du e-gouvernement pour combattre la corruption, le développement du statut personnel, la protection de l’environnement, l’amendement de la loi sur les partis, l’adoption de législations équitables pour la femme, ou encore la protection des libertés publiques.
Dans son allocution, Michelle Tuéni a souligné que la liste constituait le noyau d’un mouvement politique qui allait voir le jour après les élections législatives. « Nous sommes la voix de ceux qui ne suivent pas aveuglément le zaïm confessionnel. Ce rêve peut devenir réalité le 6 mai, grâce à votre soutien », a-t-elle affirmé. « Nous rêvons de députés libres qui ne sont pas sous la tutelle des ambassades ou de l’étranger. Nous sommes pour un État fort, où seule l’armée détiendrait le monopole de défendre la patrie. La source de nos revenus est claire, modeste et respectable, sous le plafond de la loi », a-t-elle ajouté. « Nous pouvons être votre voix sans peur et sans servilité. Notre loyauté va vers vous et nos projets seulement », a-t-elle souligné, avant de dresser un réquisitoire contre la classe politique au pouvoir « qui ne mérite pas d’être réélue ». « Ils accrochent les portraits de nos martyrs et exploitent les élections. Cessez de mobiliser sur base du discours confessionnel. Recommencez plutôt à vous occuper des soucis des gens », a-t-elle conclu, à l’adresse des électeurs de Beyrouth I.
Les candidats Rafic Bazergi, Serge TerSarkissian, Georges Sfeir et Sebouh Makhjian ont ensuite pris la parole durant le meeting.

« La Fidélité à Beyrouth »
Une autre liste incomplète, baptisée La Fidélité à Beyrouth, a également annoncé son programme électoral à l’hôtel Royal Tulip à Achrafieh. Elle est formée d’Antoine Kalaydjian (arménien-catholique), Robert Abiad (grec-orthodoxe), Roger Choueiri (maronite) et Gina Chammas (minorités).
Prenant la parole au cours du meeting, Robert Abiad a mis l’accent sur « la nécessité de corriger le tir de l’action parlementaire et se focaliser sur la bonne législation et l’organisation du contrôle de l’action du pouvoir exécutif et des administrations publiques ». Il a également mis en exergue la nécessité d’assurer les droits de la femme et des mineurs et de régler la question de la violence conjugale et des mariages précoces.
Gina Chammas a évoqué pour sa part la question des dépenses relatives au courant électrique et de l’impact du blocage politique des dernières années sur l’économie nationale. Elle a ensuite critiqué la nouvelle loi électorale, taillée sur mesure pour ramener les mêmes forces politiques au pouvoir. « Cette loi donnera quand même la chance aux Libanais de changer les choses », a-t-elle cependant ajouté.
Roger Choueiri a axé son intervention sur le domaine de la santé et l’amélioration de ce secteur, tandis qu’Antoine Kalaydjian a souligné la nécessité de revigorer l’action du Parlement et la mise en place d’un État de droit protégeant un pouvoir judiciaire indépendant, intègre et actif. M. Kalaydjian a également plaidé en faveur d’une « réforme et d’une modernisation de l’administration au service des gens » et de « la décentralisation administrative élargie ».

Nadim Gemayel
De son côté, le député sortant et candidat au siège maronite de Beyrouth I sur la liste baptisée « Beyrouth N.1 », Nadim Gemayel, a pris la parole lors d’un meeting organisé à Gemmayzé : « Nous (le parti Kataëb) avons pris la bonne décision lorsque nous nous sommes opposés au choix devant lequel nous plaçait le Hezbollah, à savoir l’élection d’un président de la République ou la vacance présidentielle. Nous avons également bien fait de ne pas prendre part au gouvernement de consolation qui a été formé et de rejeter la loi électorale tordue à travers laquelle le Hezbollah tente de s’assurer une majorité parlementaire ».
 « Demain, lorsque vous irez aux urnes, vous aurez à choisir entre la Constitution et le wilayet el-Faqih, entre la souveraineté de l’armée et la jungle des milices armées, entre la 1559 et la 1701 et un nouveau 7 Mai », a-t-il lancé à l’adresse des électeurs. « Votez juste », a-t-il lancé.

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05/04/2018

Nadim Gemayel au cours de son meeting électoral. Photo Ani.

Les candidats de la liste électorale « Nous sommes Beyrouth ».

... et ceux de la liste « La Fidélité à Beyrouth ». Photo Ani

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