Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Où se placent les listes issues de la société civile libanaise sur l’échiquier électoral ?

Législatives 2018 - Panorama

Les retraits de candidatures et la dispersion des listes dans certaines régions ont suscité des interrogations sur le sort des « outsiders » dans le scrutin de 2018. Sont-elles justifiées ?

28/03/2018

Une fois le délai d’enregistrement des listes expiré pour les législatives de mai, on peut y voir plus clair dans les listes dites issues de la société civile, qui font face aux listes des partis traditionnels un peu partout… ou pas. En effet, dans plusieurs circonscriptions, on note la présence de plus d’une liste d’indépendants « outsiders ». Mais était-il réaliste – et indispensable – de voir des groupes différents se fondre dans des listes communes ? Comment se présentent les batailles électorales pour ces listes qui peinent pour accéder à la visibilité médiatique ? L’appellation « société civile » qui leur colle à la peau reste-t-elle adéquate ?

Parmi les groupes issus de la société civile, le grand rassemblement Koullouna Watani se démarque par l’ampleur de sa présence sur le terrain. « Nous présentons neuf listes avec 66 candidats, dont 17 femmes, ce qui représente 26 % du total », affirme Wadih el-Asmar, membre de ce rassemblement. Koullouna Watani regroupe des formations comme Li Baladi, Citoyens et citoyennes dans un État, les collectifs Vous puez! et Nous réclamons des comptes, le parti Sabaa…

Et les retraits ? Pour Wadih el-Asmar, la majorité des retraits fait écho à des circonstances propres à chaque candidat, ou en raison de l’impossibilité de former une liste dans une circonscription donnée, comme à Beyrouth II où les candidats Nayla Geagea et Assaad Zebiane se sont retirés de la course. Les neuf listes à la couleur turquoise, plus ou moins complètes « pour des raisons qui ont souvent trait à la difficulté des négociations », selon lui, se trouvent dans les circonscriptions suivantes : Tripoli-Minié-Denniyé, Liban-Nord III, Jbeil-Kesrouan, Metn, Beyrouth I (complète), Chouf-Aley, Liban-Sud III, Baabda et Zahlé. 

« Ce sont des listes qui se répartissent sur tout le territoire, qui rassemblent des candidats à tous les sièges et de toutes les catégories sociales, insiste Wadih el-Asmar. Quel parti peut se targuer d’avoir fait cela? Nous proposons aux électeurs une véritable alternative. » Il confirme d’ailleurs que le point commun de toutes ces listes est le refus de s’allier à tout parti au pouvoir, ou qui a été au pouvoir, quel qu’il soit, « malgré les multiples propositions que nous avons reçues ».


(Lire aussi : Levon Telvizian, un candidat qui s’engage pour le droit à la ville du citoyen)


Accès aux médias
Mais alors que s’est-il passé dans les régions où l’unification des listes a été un échec, comme à Chouf-Aley par exemple, où une autre liste baptisée Madaniya se présente en face de la liste de Koullouna Watani ? Hayat Arslane, militante pour les droits des femmes qui a renoncé à sa candidature, porte un regard sévère sur les négociations qui ont eu lieu dans cette circonscription. Elle dénonce « une bataille des ego qui a empêché la formation d’une seule grande liste ». « Si les désaccords portaient sur le programme, j’aurais respecté les choix des uns et des autres, dit-elle. Mais nous sommes tous dans la même mouvance, il fallait privilégier les candidatures des personnes qui peuvent rassembler les électeurs. » Elle doute donc que les listes issues de la société civile représentent désormais une réelle alternative et estime qu’une véritable lutte pour le changement commencera le 7 mai.

Mark Daou, candidat sur la liste Madaniya dans la même circonscription, donne un point de vue différent, estimant que les désaccords sont plus profonds. « Être issu de la société civile et adopter un discours contre les corrompus ne suffit pas, fait-il remarquer. Nous avons décidé d’afficher des positions claires sur des sujets d’ampleur nationale comme les armes du Hezbollah, la relation avec le régime syrien ou encore les problématiques économiques. Une vision globale en somme, contrairement à d’autres qui préfèrent éluder les questions polémiques pour éviter les divisions. Je crois qu’il faut pouvoir répondre à l’unisson, entre candidats d’une même liste, à des interrogations comme celles-ci, sinon nous ne pourrions pas convaincre l'électeur de voter pour nous. »

Les idées exprimées par Mark Daou posent la question de savoir si cette étiquette de « société civile » sied toujours aux listes anti- establishment en question. Autant lui que Wadih el-Asmar pensent qu’elle nuit à ces formations et ne reflète pas la réalité. « On doit se référer à nous comme des forces de changement, estime Wadih el-Asmar. Cette confusion peut donner l’impression que nous ne sommes pas vraiment dans l’arène politique, ce qui n’est pas le cas puisque nous nous présentons aux élections avec un programme politique. Les médias, surtout, devraient arrêter d’utiliser cette appellation. » L’accès aux médias pour les listes aux moyens plus modestes est lui aussi jugé comme un problème par les deux hommes.



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JE LEUR PREVOIS UN PIETRE RESULTAT A MOINS D,UN SURSAUT DE REVEIL GENERAL TRES IMPROBABLE !

Où se placent les listes issues de la société civile libanaise sur l’échiquier électoral ?

28/03/2018

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Législatives 2018 - Panorama

Les retraits de candidatures et la dispersion des listes dans certaines régions ont suscité des interrogations sur le sort des « outsiders » dans le scrutin de 2018. Sont-elles justifiées ?

Suzanne BAAKLINI | OLJ

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