Spécial législatives libanaises 2018

X

Liban

Jbeil-Kesrouan : le flou entoure la liste aouniste

Législatives 2018 - Circonscriptions

La querelle entre Mansour el-Bone et Neemat Frem serait en voie de résolution. 

19/03/2018

À une semaine du 26 mars, date limite du dépôt des listes électorales pour les législatives du 6 mai prochain, le flou entoure toujours la liste du Courant patriotique libre (CPL) dans la circonscription de Kesrouan-Jbeil (huit sièges à pourvoir : cinq maronites au Kesrouan, et deux maronites et un chiite pour le caza de Jbeil).  

Il va sans dire que la compétition électorale dans cette circonscription, et en particulier au Kesrouan, revêt une dimension symbolique pour le CPL. Et pour cause : c’est là que le président de la République Michel Aoun a réussi à remporter les législatives de 2005 et de 2009. Cela avait fait de ce caza un grand fief aouniste auquel tient le parti.

Sauf que la liste parrainée par le parti de Gebran Bassil, et conduite par le général à la retraite Chamel Roukoz (gendre du chef de l’État), est récemment passée par de sérieuses secousses. Celles-ci ont même conduit certains à exprimer leurs craintes quant à la pérennité de cette liste.


(Lire aussi : Législatives 2018 : les « fils de » & Cie en campagne)


Ces secousses sont principalement liées à la querelle opposant le président de la Fondation maronite dans le monde Neemat Frem à Mansour el-Bone, ancien député du Kesrouan. Le conflit entre les deux hommes remonte aux municipales de Jounieh de mai 2016. M. Frem reproche à M. Bone d’avoir appuyé l’actuel président du conseil municipal de la ville, Juan Hobeiche, dans le cadre d’un package deal conclu avec le CPL. Un point de vue que les proches de l’ancien député ne partagent pas.

Ce désaccord s’est fait sentir lors de l’élaboration des listes de la circonscription de Kesrouan-Jbeil. Alors que l’on s’attendait à ce que MM. Bone et Frem soient colistiers, le président de la Fondation maronite dans le monde a déclaré dans un entretien accordé à la LBCI qu’il « n’aime pas collaborer avec Mansour el-Bone ». Une déclaration à laquelle l’ancien député n’a pas tardé à répondre, dans une interview accordée au site web Lebanon Debate. « Le sentiment est réciproque. Et je souhaite que vous gardiez vos limites », a-t-il lancé à l’adresse de M. Frem.

À cet échange verbal s’est invité un élément significatif : Mansour el-Bone s’est entretenu jeudi soir avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. À ce sujet, des sources bien informées croient savoir que le leader des FL aurait proposé à l’ancien député de joindre la liste de son parti, et que M. Bone temporise toujours avant une décision définitive. Mais dans les milieux aounistes, on souligne que la querelle entre les deux hommes semble près d’être résolue. On rappelle, dans ce cadre, que les récentes réunions tenues entre le chef du CPL, Gebran Bassil, Chamel Roukoz et Mansour el-Bone auraient servi à résoudre le problème avant le dépôt de la liste. Celle-ci sera annoncée – comme le reste des listes du CPL – le 24 mars. Elle pourrait inclure le nom de l’ancien président de l’ordre des médecins Charaf Abou Charaf, comme candidat à l’un des cinq sièges maronites du Kesrouan.

Quant aux proches de Neemat Frem, ils se contentent de faire état de « tractations avec Mansour el-Bone ». M. Frem a décidé d’être proche du régime Aoun parce qu’il faut produire pour l’intérêt du pays, note-t-on dans les mêmes milieux.


(Pour mémoire : Jbeil-Kesrouan : sans le CPL... le Hezbollah en quête de légitimité « électorale chrétienne » ?)


Bassil en campagne

En attendant, Gebran Bassil a effectué durant le week-end écoulé une tournée dans le caza du Kesrouan. Il s’est rendu à Hrajel, Kfardébian, Faraya et Yahchouche (dans le jurd du caza). Il a également visité la ville de Jounieh (où il a inauguré le siège de la machine électorale aouniste), et les localités de Tabarja et de Chnan’ ïr.

Si elle vise principalement à exhorter les habitants à voter en faveur du CPL lors du scrutin de mai, cette tournée intervient à l’heure où des informations circulent dans les médias au sujet de plusieurs démissions de Kesrouanais du CPL. Selon un observateur politique interrogé par L’Orient-Le Jour, M. Bassil aurait voulu sonder les rangs de ses partisans et sympathisants en vue de remporter la bataille dans l’un de ses plus importants fiefs.

Soucieux de vouloir affirmer sa proximité des gens et de leurs problèmes quotidiens, Gebran Bassil a tenu à axer ses déclarations sur la détermination de son parti à assurer l’électricité, à nommer des gens du Kesrouan dans les administrations publiques et à édifier un État fort. Très symboliquement, c’est précisément à partir de Zouk Mikaël qu’il a évoqué le plan de production de l’électricité élaboré par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil. « Il est vrai que le plan en question exige du temps pour être mis en application, mais si nous ne nous étions pas heurtés à une opposition, le projet aurait vu le jour, et la crise de la centrale de Zouk aurait pris fin », a déclaré M. Bassil, dans ce qui a sonné comme une réponse au ministre de la Santé, Ghassan Hasbani (Forces libanaises) qui a réitéré le veto de son parti contre le plan Abi Khalil.

 Le chef du CPL, accompagné d’une délégation de la formation et des candidats CPL du Kesrouan, s’est ensuite entretenu avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. La discussion a tout naturellement porté sur les législatives.

L’opposition

De leur côté, les forces de l’opposition poursuivent leurs contacts afin de former leur propre liste. Chaker Salamé, candidat Kataëb à l’un des sièges maronites du Kesrouan, affirme à L’OLJ que l’alliance de son parti avec les anciens députés Farid Haykal el-Khazen (Kesrouan) et Farès Souhaid (Jbeil) est définitive. « Notre liste inclut également Jean Hawat (ancien secrétaire général du Bloc national de Raymond Eddé, pour l’un des sièges maronites de Jbeil) et Moustapha Husseini (pour le siège chiite de Jbeil) », déclare M. Salamé, qui dénonce « des tentatives (du pouvoir en place) de contourner l’action des Kataëb, en appuyant certains candidats avec qui le parti voulait collaborer pour remédier aux problèmes chroniques du Kesrouan ».

Notons enfin que l’ancien ministre et député Farès Boueiz a annoncé samedi son retrait de la course « parce que la nouvelle loi électorale est pire que celle de 1960 », comme il l’a souligné lors d’une conférence de presse.


Lire aussi

Liban, maison (très) close, l'édito de Ziyad Makhoul

Békaa-Ouest-Rachaya : le courant du Futur se met à dos le PSP

Nayla Geagea, une battante « civile » qui ne veut rien avoir à faire avec la classe politique

Ghattas Khoury : C’est le compromis qui a sauvé le Liban



Retour à la page d’accueil

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Le pont

Du temps du Studio elfan dans les années 70, des danseurs folkloriques du "dabké" ont super-bien danser mais ils ont perdus car ils étaient en jeans. Si j'étais à la place du Patriarche je n'aurais pas accepté d'être photographiés avec eux dans ce style vestimentaire.

Antoine Sabbagha

En jaquette simple et jeans sans cravates est- ce ainsi que sera le nouveau visage de notre parlement ? TRISTE CHANGEMENT

Le Faucon Pèlerin

Une délégation de sept candidats du CPL emmenée par Gébran Bassile hier à Bkerké. Aucun ne porte une cravate dont trois vestes ouvertes !!!
Pourquoi cette "khochbochiyé" vestimentaire pour rencontrer le chef suprême de la communauté maronite dans son siège patriarcal ???
C'est absolument indécent et totalement condamnable.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES COUPS HAUTS ET LES COUPS BAS A L,HONNEUR !

Beauchard Jacques

Pas une seule femme: honte à tous.....

Tabet Karim

....et la farce continue....

Irene Said

Une question: Gebran Bassil, combien de fois, avant cette période pré-électorale, a-t-il visité toutes ces localités du Kesrouan, en tant que "chef du CPL" pour s'enquérir de leurs besoins ?
Et où en sont les nombreuses promesses et projets que le CPL et ses "ministres" nous font miroiter depuis...combien de temps au juste ???
Irène Saïd

Jbeil-Kesrouan : le flou entoure la liste aouniste

19/03/2018

La délégation de candidats du CPL emmenée par Gebran Bassil, hier à Bkerké. Photo Dalati et Nohra

Législatives 2018 - Circonscriptions

La querelle entre Mansour el-Bone et Neemat Frem serait en voie de résolution. 

Yara ABI AKL | OLJ

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

Retour à la page d’accueil
Commenter

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.
Merci.

Voir toutes les réactions
Le pont

Du temps du Studio elfan dans les années 70, des danseurs folkloriques du "dabké" ont super-bien danser mais ils ont perdus car ils étaient en jeans. Si j'étais à la place du Patriarche je n'aurais pas accepté d'être photographiés avec eux dans ce style vestimentaire.

Antoine Sabbagha

En jaquette simple et jeans sans cravates est- ce ainsi que sera le nouveau visage de notre parlement ? TRISTE CHANGEMENT

Le Faucon Pèlerin

Une délégation de sept candidats du CPL emmenée par Gébran Bassile hier à Bkerké. Aucun ne porte une cravate dont trois vestes ouvertes !!!
Pourquoi cette "khochbochiyé" vestimentaire pour rencontrer le chef suprême de la communauté maronite dans son siège patriarcal ???
C'est absolument indécent et totalement condamnable.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES COUPS HAUTS ET LES COUPS BAS A L,HONNEUR !

Beauchard Jacques

Pas une seule femme: honte à tous.....

Tabet Karim

....et la farce continue....

Irene Said

Une question: Gebran Bassil, combien de fois, avant cette période pré-électorale, a-t-il visité toutes ces localités du Kesrouan, en tant que "chef du CPL" pour s'enquérir de leurs besoins ?
Et où en sont les nombreuses promesses et projets que le CPL et ses "ministres" nous font miroiter depuis...combien de temps au juste ???
Irène Saïd

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué